1.You're always too late

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Il était 8h22, et je me retrouvais déjà à courir à pieds nus dans les rues de New-York

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Il était 8h22, et je me retrouvais déjà à courir à pieds nus dans les rues de New-York. La raison n'était pas magique, horrifique ou extraordinaire, je m'étais seulement réveillé en retard pour la millionième fois. Je me retrouvais alors à courir tout en essayant de retenir mon sac à dos sur mon épaule sans lâcher la paire de chaussures qui tenait en équilibre sur mes doigts. Au bout de longues minutes de course folle au centre de la métropole, je m'engouffrais dans l'immense bâtiment qui constituait l'institut Pratt pour enfin arriver jusqu'à l'amphithéâtre où peu de gens se rendaient encore. Le professeur n'arrêtait pas son monologue en me voyant arriver, malgré le regard désespéré qu'il me lançait alors que je tentais de rejoindre ma place habituelle, ma paire de chaussures toujours à la main.

Contrairement à d'habitude, quelqu'un était installé à quelques sièges de la place que je me réservais. Je posais mes affaires sur la table et j'enfilais mes chaussures discrètement avant de sortir mon carnet de note. Je tapotais à l'aveugle dans mon sac pour trouver le moindre stylo. Ma recherche durait de longues secondes avant que l'homme près de moi ne m'en tende un, sans doute pour que je cesse d'être la source de tout ce brouhaha. Je le remerciais à voix basse avant de prendre en note attentivement la plus grande partie des choses que le professeur disait.

Il prenait cinq minutes pour nous montrer une oeuvre sur laquelle je devais poser une réflexion, mais la seule qui me venait à l'esprit était la présence de cet homme près de moi. Je n'avais pas réellement regardé son visage, je ne l'avais peut-être même pas vu du tout, mais j'étais certaine d'une chose: toutes les personnes habituellement présentes étaient ici, mais lui n'en faisaient pas partie. Nous étions encore vingt neuf à venir jusqu'ici tous les matins, à cette heure où tous les autres étudiantes récupéraient de la soirée de la veille. Je le savais puisque j'étais celle qui les servait toute la nuit la plupart du temps.

De longues minutes s'étaient passés et un petit coup de stylo sur mon avant-bras me sortait de ma réflexion. Je posais les yeux sur mon voisin avant qu'il ne fasse un léger signe de tête vers mon professeur qui semblait attendre une réponse de ma part. Je me mettais à jouer frénétiquement avec mon stylo en observant l'oeuvre qui était projeté sur l'écran blanc avant de former mon analyse sur le tas. Le professeur me remerciait de ma réponse d'un air renfrogné et reprenait le fil de son cours.

Mon voisin, de nouveau, me tapait sur l'avant bras avec son stylo et je hochais la tête comme pour l'informer que je l'écoutais, tout en gribouillant quelques mots sur ma feuille.

-Excuse moi de te déranger mais... Tu viens à ces cours depuis longtemps?

-Depuis le début du semestre, pourquoi?

-Tu penses que tu pourrais me passer tes notes? Que je rattrape mon retard...

-Oui, il y a aucun soucis. Tu as combien de temps de retard?

Dessine moi une raison de t'aimer - James Buchanan BarnesGeschichten, die süchtig machen. Entdecke jetzt