Avant-propos

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I. Check-list


Écrire comme un sauvage, pour de vrai, pour de faux,

Écrire à tort et à travers

Écrire sans transmettre ce que l'on a pensé

Écrire à s'en évader, à s'en épuiser

Écrire pour chier dessus tellement c'est moche

Sans rimance ni fausses connaissances

Dire qu'il y a trop de filles qui nous passent sous l'nez

Dire que ce texte nous fait rétrogresser


Dire que les songes se déploient et s'élancent

Blancs comme des marmots malades, frêles comme des deltaplanes

Fiers de leur livrée immaculée, ils se tournent et se contournent pour s'observer sous toutes les coutures ;

Sortant par rangs de mille des lobes d'un coeur over-boosté

Qui n'a pas mis longtemps à les trouver

(Le blanc c'est pas cher coûté à penser)


II. Le deuil des autres


Dire que je n'ai plus rien à transmettre

Que personne ne m'a jamais rien dit de dire

Sauf Elle : Elle que personne n'entend mais que tous connaissent

Notre première mère à tous car mère de nos mères

Matrice récursive car matrice d'elle-même - voyez l'abîme

          So-cié-té

Désindividué j'ai erré, aimé pour m'accrocher

Spectre du normal comme spectre du normé

J'ai bourlingué dans les rues fantômes d'utopies mort-nées

          So-cié-té

J'ai été la poussière des portes condamnées

Ami des croques-morts de la pensée

Et de bien plus encore, déchiré de n'être plus personne,

D'avoir perdu la valise de mon identité

Sur la route initiatique des boues mornes

Et des tristes soirées, blanches aussi

Je ne les ai jamais vraiment choisies

Ni ces amis, d'ailleurs, avec lesquels je m'entretiens :

Tout s'est décomposé dans un souffle serein :

          So-cié-té

Et moi j'ai hurlé, angoissé, de voir que vous (les autres) n'étiez rien

[Tempérons] Sous le point de vue qui était le mien

D'un cerveau alarmé qui cavale dans le noir ses mains devant lui

Dans un bruit de fer à cheval : catastrophe, catastrophe

T'as une clope ?

C'est moi qu'ai dérapé

Mais j'ai plus rien à dire, c'est la vérité

Fidèle à des beautés qui ne m'ont rien donné.

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