*C'est à la taverne du Canon Chanteur, établissement pittoresque au cœur du port de la cité-état d'Al-Tendrya, que le destin plaça sur votre route ce curieux personnage, un homme de petite taille au regard allumé et au visage ridé par le temps. Accroché à sa chope, de nouveau remplie, il débuta son histoire*
Un soir, pendant que j'buv... bref que j'étais là, j'ai entendu parler d'la Fabrique de Mots. Connaissez pas ? Bon..
Z'êtes pas sans savoir qu'mille mondes coexistent, certains discrets d'autres moins, qu'ils soient dans l'passé, l'avenir pis le présent. Bah on raconte qu'il y aurait au d'ssus des nuages, un bâtiment énorme, pas comme vot'cuiller ou l'derrière d'l'autre au fond.. là bas.. chut.. Pas trop fort.
Un dirigeable comaque qui f'rait lien entre eux, d'or et d'bois, avec un énorme trésor en d'dans. Impossible qu'la chose y soit encore m'direz vous, on raconte qu'une armée veille d'ssus jour et nuit. A son bord une déesse d'plumes capable d'mettre en veille l'cerveau du plus dur des soldats, seulement voilà, faut en passer 6 avant d'y tomber sur le lard.
Un arbre vivant comme vous et moi, avec branche feuille et racine, une allumette vous m'dites ? Elle craquerait d'effroi pour pas s'y frotter. Puis une rouquine à capuchon d'sang, on raconte qu'le fourchu la craignait tant qu'il l'éjecta, tout tramblotant d'son antre ! Puis deux sœurs bougresses en diable, dirigeants l'canon et pas moins d'800 armes qu'à peine z'en auriez trouvé une. Déjà c'pas folichon puis quand bien même dame chance s'rait d'vot bord, reste encore la beste, montagne d'chair, d'os et d'muscle capable d'vous avaler d'une traite l'cervelet, l'bidoche et tout s'qui l'accompagne. On dit qu'personne, armé d'quarante ou d'mille guerriers, tiendrait en un bout jusqu'au suivant d'leur reine, un archange.. Comme j'vous l'dis !
*Il regarda un court instant à droite puis à gauche d'un œil aviné avant de s'approcher de votre oreille, chuchotant la suite de la légende oh combien déformée*
Un être à l'aile unique qu'le bon dieu jeta d'ses terres, on raconte qu'à travers lui la pureté perds la boule, qu'son rictus pétrifie l'cœur d'nos dames et qu'son âme dévore les autres si son regard en croise un aut'.
*le pauvre homme, brutalement saisi de regret, conscient sans doute d'avoir trop parlé, se pencha encore plus en avant vers vous, soufflant son haleine d'alcool à votre nez*
Croyez moi, c'pas c't'aventure qu'vous cherchez, prenez l'autre quelle qu'elle soit, où qu'elle vous mène, non vraiment, cherchez pas noise à la Dame-Colibri, ce pourrait être vot dernier mot. Je.. Il faut vraiment que j'aille... Que j'y aille !
*boitant piteusement d'un pied sur l'autre, il descendit de son tabouret et rejoignit la porte, s'appuyant de ses mains, avant de disparaître dans la grisaille, happé par la nuit et le silence*
CITEȘTI
Confidences d'un Poivrot
FantezieAh non.. Sortez d'là.. J'vous dirai rien.. Une histoire ? C'est ça qu'vous cherchez ? Passez vot' chemin.. Non non n'insistez pas.. Faites voir vot' nez ? Bon, j'ai p'tetre quequchose pour vous..
