La pierre respire dans l'ombre de mon cou. Mes poumons s'ouvrent, se noient d'air volatile. Je suffoque, mon coeur s'apaise et ma peau, dans ma chair reste glacée.
Suis-je si ?
Froide ?
Mes doigts frôlent ma joue. Un frisson. Ils sont brûlants comme une statue enneigée. Le mur s'écroule contre moi. il ne tient plus debout, ses jambes sont éparpillées dans la pièce pure. Plus d'air dans mes poumons. Le sol est comme de la roche, désespérément dur. Je m'y accroche de toutes mes forces, savoure la douleur. Je ne ressent rien. Sauf la souffrance physique. Ma coquille vide est toujours fonctionnelle, mais mon âme a lâché.
Elle gît à mes cotés, minuscule et lumineuse. Mes doigts la glissent dans ma pierre, leur union flamboie. Mon esprit divague, rien de tout ça n'est réel.
Réel.
je racle la roche. Je ne saigne pas.
Réel ?
Mes yeux se ferment, je suis fatiguée. Comme une enfant, je me laisse tomber sur le côté, prenant sol pour oreiller et la terre pour matelas.
Je dors, dors, dors, dors. Encore. A l'infini.
Jamais je ne voudrai me réveiller. Est-ce la mort ?
c'est si doux. Ce doit être la vie, celle qu'on nous a promis, la vie que tout le monde souhaite. Alors qu'est-ce que la vie ? La mort ? Sûrement. Mon corps s'éteint.
