J'ai appris la nouvelle hier soir, c'est Anaïs qui me l'a dis. Ton amie d'enfance. Je sais, je ne la connais pas, cependant, tu m'as souvent parlée de vos conneries. Au début, je croyais à une blague.
D'ailleurs, il est 9h08, et je voudrais vraiment que ce soit une de tes mauvaises blagues. Tu sais, ces blagues qui étaient vraiment lourdes mais qui te donnaient un certain charme... Ce charme qui m'a fait sombrer dans un amour aveugle. Je dois même remercier ces vielles blagues nulles, elles m'ont montrées une partie de toi, une partie que je fus la seule à connaitre. Une partie que je serait, à jamais, la seule à avoir connue.
Au fond de moi, je le sais. Je le sens. Mon cœur me le dit. Mon âme me le hurle. Un vide s'est formé au fond de moi. Même mon inconscient me dit que tu est morte, hier, durant l'après-midi. Mais ma raison voudrait que tu m'appelle pour me dire que tu es là. Ma raison voudrait que tu ne soit pas partis, car sans toi ma raison pourrait bien disparaître dans les tréfonds de la folie.
Hier encore on parlait de ton entrée en Fac, et on réécrivait cette lettre de motivation. Celle qu'on essayait de rendre parfaite depuis maintenant plus de 2 longues semaines. Tu te voyais infirmière. Tu sais, je ne te l'ai pas dis, mais je trouvais ce choix de carrière contradictoire avec ta vie. Bien que tu étais vraiment la générosité incarnée. Etre infirmière, c'est boulot très dur, long et physique. Bien-sur, tu aimais les autres beaucoup plus que tu ne t'aimais toi-même mais tu ne pouvais pas courir ou même faire la fête. Ton cœur était trop fragile. Il a fini par te tuer, ce traître qui aurait dût te faire vivre. J'aurais tant aimée te donner le mien....
J'écris ces mots avec Mika à mes cotés. Je me souviens quand tu disais qu'elle est énorme pour un lapin nain. Tu disais toujours ça. Mais tu l'aimais tellement, comme une mère aime son enfant, elle t'aimait aussi. Je pense d'ailleurs qu'elle ressent ma peine, ma douleur et mon manque. Après tout, c'est toi qui l'as sortie de cette animalerie et qui me l'a offerte. Notre petit bébé.
J'ai prévenue mes parents hier soir, 20 minutes après l'avoir appris. Ils m'ont simplement sortit "Ah merde", "comment?". Ils ont ensuite changés de conversation. Ils ne savent jamais comment réagir dans ces moments. Ils doivent certainement manquer d'empathie. Il y a Léa aussi, je te rappelle que c'est mon ex qui était présente pour mes 18 ans (Tu te rappelle d'elle, c'est sûre). Elle m'a dit qu'elle aurait voulu être avec moi pour me serrer dans ses bras. (Je sais qu'elle m'aime encore. Mais moi non.) Ce n'est pas de ses bras dont j'ai besoin mais des tiens.
Je me demande comment va ton père, comment vont tes frères. Tu disais toujours qu'ils se fichaient de toi, ou de ce qui pourrais t'arriver, mais je suis sûre qu'ils sont inconsolables. L'amour qu'ils avaient (et qu'ils auront toujours) était si visible dans leurs yeux.
Hier, j'ai été en état de choque. Apprendre que plus jamais nous n'aurions de discussions tardives. Plus jamais tu ne viendras te plaindre. Plus jamais tu ne me demanderas de t'aider. Apprendre que nous n'irons plus JAMAIS à une gay pride ensemble. Ou encore apprendre que JAMAIS nous ne voyagerons ensemble. J'ai été sous le choque. Puis mes larmes on commencées à couler pour ne plus s'arrêter de la nuit. Encore maintenant, je veux pleurer. Mais je crois que mes yeux sont à sec.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Il est 15h30. Je pense à toi. J'ai envie de manger. Tu m'avais fais perdre cette mauvaise habitude. Je suis désolée. Mais je veux manger, ou peut-être dormir. Tous nos moments me reviennent en tête tel un énorme feu d'artifice. J'en ai un gros mal de crâne. Je me rappelle notre rencontre, mais aussi les paroles des autres, à ton propos. Heureusement, je ne les ai pas écoutée.
Pour le moment j'ai bu 4 cafés, j'ai pris 4 dolipranes et j'ai toujours mal au crâne. Je ne dois pas craquer devant les autres. Je sais que tu n'aimais pas quand je me refermais, mais la nouvelle de ta mort me fait replonger. Je ne sais pas comment va se dérouler ma vie sans toi. Nous avions beaucoup de choses de prévus. Ces choses ne verront, malheureusement, jamais le jour.
Je suis maintenant sur YouTube, je regarde des vidéos pour essayer de t'oublier quelques minutes. Cependant, ton sourire embellit d'un bel appareil dentaire rose, ton petit nez en trompette, tes sourcils si mal dessinés, tes petites oreilles tout juste percées et tes yeux d'un vert si rieurs, ils ne veulent pas partir... Nous avions 8 ans. On s'est tout de suite entendue. Tu es venue vers moi, et tu m'a souris. Ce sourire s'est alors encré dans mon être.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Il est 20h38. Je viens de finir la vaisselle. Je n'en avais pas envie, mais je pensais qu'en la faisant, mes souvenirs me laisseraient un peu de répit. Quand je fais des taches ménagères, mon esprit se vide et je me sens plus légère. En vain. Je prends alors mon 6 ème doliprane, tu me donnes mal à la tête. Mes souvenirs me tortures. Je ne sais lequel de mes maux est le plus fort. Celui qui tambourine dans ma tête ou celui qui me lacère le cœur. Qu'en penses-tu, toi, ma chérie?
Je me demande comment se déroulera ma nuit. Alors que maintenant, tu ne me serreras plus jamais dans tes bras. Je donnerais tout pour mourir à ta place ou alors pour te rejoindre. Je me demande, dans quel état tu serais si tu étais à ma place.
Je me demande où tu es. Certainement au paradis. Tu étais si pure et innocente. Cette pureté et cette innocence, tu les détestais. Mais, moi, je les adorais, je les adore toujours.
Cependant, cette adoration est aujourd'hui différente. Avant, ces traits de caractères me faisaient sourire, aujourd'hui ils me donnent envie de pleurer. Les larmes coulent une à une, sur mon clavier.
Je frissonne.
J'ai envie de tes bras.
J'ai envie de tes lèvres.
J'ai envie de la douceur de tes cheveux.
J'ai envie de l'agilité de tes mains.
J'ai envie, j'ai besoin, que tes yeux mes regardes.
J'ai envie de dormir.
Je ne sais pas si j'y arriverais sans eux, sans toi.
YOU ARE READING
Vivre sans toi
RomanceHier encore, on parlait de ton entrée en FAC. On réécrivait cette lettre de motivation, celle que tu écrivais depuis plus de 2 semaines. Mais hier soir, j'ai apprit la nouvelle. Ce 31 mars 2019, tu es morte... Début réécriture: 21.05.2020 (soir) L...
