Il fait sombre dans la petite pièce. Cellule, devrais-je dire.
Je suis menottée au mur crasseux, je tire sur les liens mais rien n'y fait, les chaînes sont trop solides.
Je sens mes jambes, nues, sur le sol pourris et la fraîcheur de la pièce sur mon entre-jambes où la douleur pulse.
J'entends le son d'un verrou puis d'une porte qu'on ouvre. L'individu appui sur un interrupteur, mes yeux mettent un moment à s'habituer à la lumière.
Devant moi, un homme vêtu d'une longue blouse blanche. Il sourit d'une façon répugnante en me regardant de la tête aux pieds. Je serre les jambes, espérant cacher mon intimité. Est-ce que c'est lui qui m'a fait ça ? Sûrement. La panique cède la place à la haine, je lui lance un regard tranchant.
- Tu es enfin réveillée, petit monstre.
Je ne lui réponds pas et il s'approche de moi. Sa main glisse sur ma tampe, ma joue, mes lèvres et jusqu'à mes seins.
Je le repousse violemment avec mes jambes, il titube en arrière mais retrouve son équilibre. Dans ses yeux, je lis la colère. Il s'approche rapidement de moi et se colle à mon corps.
Soudain, un autre homme en blouse entre. Je donne un coup de boule à l'homme dégoûtant qui me touche et des coups de genoux bien placés, du moins j'essai.
Le deuxième homme cours vers nous et je hurle :
- Dégagez-le, bordel !
Je n'ai pas l'habitude d'être vulgaire mais là, il ne me vient que des mauvais mots à la bouche.
L'homme sort une seringue de la poche de sa blouse et la plante dans le cou de son camarade, qui s'évanouit ensuite. Je me colle d'avantage au mur. Que se passe-t-il à la fin ?!
Il fait glisser le "méchant" jusqu'à un coin de la pièce et reviens vers moi. Je le fixe, surveillant chacuns de ses gestes.
- Comment allez-vous ?
Un rire s'échappe de ma bouche, un genre de rire de psychopathe.
- Comment je vais ? Sérieux ?! Je suis attachée, à moitié nue, dans un endroit que je ne connais pas sans savoir ce que je fais la et vous me demandez comment je vais ?! Détachez moi !
- Oui, vous avez raison, j'aurai du commencer par ça. Désolé.
Il prend une clé sur la mini table à côté de la porte et viens ouvrir les menottes. Je parcours la pièce du regard et m'empresse de ramasser ma culotte et mon jean que j'aperçois sur le matelas dans le coin de la pièce. Je remarque qu'il se tourne pour ne pas me voir m'habiller. Il à l'air moins méchant que celui inconscient. C'est déjà ça.
- Patiente n°1034..., il murmure.
Mon coeur bah la chamade, qu'est-ce qui se passe ?!
- Mademoiselle Kalya Schepher ? Asseyez-vous s'il vous plaît.
- Non, je vais pas m'asseoir bordel ! Qu'est-ce que je fais ici ? Pourquoi j'étais attachée ? Patiente ? Je suis pas malade !
- Je vous dois quelques explications en effet.
Son calme m'énerve d'avantage. Je sers la mâchoire, je ne comprends rien.
- En grandissant, vous avez développé un caractéristique très rare, que un pourcent de la population a. Pour votre bien, nous avons du vous amener i...
- Vous m'avez kidnappé, je m'en souviens ! Je hurle.
- Vous ne nous auriez jamais suivi sinon. Nous avons du faire quelques expériences sur vous, afin de mieux comprendre le fonctionnement de l'anomalie. Mais nous ne vous voulons aucun mal.
- Aucun mal ? On m'a enlevé, attaché, violé, sûrement drogué, et vous ne me voulez aucun mal ? Laissez-moi vous croire. Maintenant, faites-moi sortir. Je ne vais rien dire à la police.
- Vous ne pouvez pas.
- Pas quoi ?
- Sortir. La société vous a acheté à vos parents, vous êtes son arme maintenant.
- Je ne suis à personne. Je veux partir d'ici ! Et puis je ne vois pas en quoi je serai une arme, je ne suis qu'une petite libraire de rien du tout.
- Vous êtes bien plus que ça, Kalya. Laissez-moi vous montrer quelque chose.
Il sort son téléphone portable de la poche arrière de son jean et me le tend. Je découvre mon visage, je suis dans un état lamentable. Mes cheveux châtain sont sales, mes joues creuses, et mes yeux sont entièrement blanc. Attends, entièrement blancs ?
Je lève les yeux vers l'homme.
- Qu'est-ce que vois m'avez fait ?! J'y crois pas, je suis devenue un... monstre.
Soudain, je me rappel comment le fou m'avait appelé, "petit monstre".
Les larmes me montent rapidement aux yeux.
Il se rapproche de moi et me caresse l'épaule. Étonnamment, ça me calme un peu.
- Nous allons faire ce que nous pouvons pour vois aidez, croyez-moi. Mais je penses qu'en ce moment il vous faudrait un vrai repas. Je vous apporte ça toute suite.
- Non, je veux sortir. Je pourrais... juste porter des lentilles de couleur, je ne veux plus que vous fassiez des expériences sur moi.
- Faites nous confiance.
Je baisse les yeux.
- D'accord...
Je m'avance vers lui et le prend dans mes bras. Il pose sa main sur ma tête et de son autre main me caresse le dos.
- Je me dépêche de vous apporter votre repas.
Je le remercie et il part en trainant son camarade sur le sol en oubliant de fermer la porte à clé.
Je regarde le butin qui est dans ma main. Son trousseau de clés.
J'entrouve la porte et vérifie qu'il a disparu et qu'il n'y a personne dans le couloir. Je sors de cette pièce macabre et pars vers le côté opposé de sa direction et avance la tête baissée.
L'établissement est grand mais je trouve facilement le hall et je parviens à m'évader de ce lieu étrange. J'espère ne plus jamais y remettre les pieds.
Là, je cours de toutes mes forces. Malgré le poids que j'ai perdu, je ne suis pas fatiguée et heureusement car ce serait bien le cadet de mes soucis.
Je reconnais le quartier, j'y suis déjà allé pour rendre visite à une amie. Mais c'est assez éloigné de chez moi. Je vais devoir prendre le bus.
Je trouve un arrêt à cent mètres et m'y précipite. Le bus arrive dans deux minutes.
Deux minutes interminables. Les deux pire minutes de ma vie.
Une fois qu'il est là, je saute dedans et attends environ une heure avant d'être chez moi.
Bien évidemment, je vais devoir quitter mon appartement. Ils vont vite me retrouver. Je vais faire rapidement ma valise et tout abandonner.
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Kalya Schepher
Teen FictionIls ont fait d'elle une arme, mais elle ne sait pas ce qu'elle est devenue. Kalya va-t-elle réussir à leur échapper ?
