Je suis assise. Sur un banc, dans une rue. Des gens passent devant moi. Ils ne me voient pas, je suis transparente.
Où suis-je ? Je ne reconnaît rien. Ni les maisons de pierres grises qui s'alignent le long de la rue, ni les volets bordeaux, ni les gens ou même l'ambiance...
Je suis là, assise sur un banc. Il pleut. La partie de la place qui n'est pas grossièrement pavée se transforme peu à peu en mare de boue. J'observe les gens. Ils me regardent bizarrement. A mon tour, je m'examine. De long cheveux bruns, de petite taille, un sac en bandoulière, une veste de cuir d'été et un jean troué. Pas dans l'air du temps, ça me semble clair....
La pluie continue de tomber. Fais chier. Je me lève et fait quelques pas, m'abritant tant bien que mal. Là, une auberge, de laquelle une douce chaleur émane. J'irais bien me réchauffer, avec un bon plaid et... Je ne me fais pas d'illusions, ça sert à rien et c'est mauvais pour le moral. A l'intérieur, des gens qui parlent fort, boivent au goulot des bouteilles, et font du bruit. La lueur de la grande cheminée éclaire les murs, où des ombres folles semblent danser. La lumière m'attire, je m'y réchaufferais bien quelques instants... Seulement la foule présente dans cette taverne m'en dissuade vite. Je n'entre pas et continue mon chemin.
J'arrive devant une grande fontaine, en pierre grise. La sirène à son sommet, semble me jauger, me surplombant de toute sa hauteur. Je m'assieds sur son rebord et me masse doucement les tempes.
-« Calme toi Aurel, il est 18h46, et tu es actuellement au XVIIème siècle.
Je jette un œil à mon sac. Mon téléphone, des allumettes, un carnet bleu et un bracelet de mauvaise qualité. Je n'ai pas eu le temps d'examiner ce carnet durant ma dernière « expédition». Magalie serait catastrophée de mon manque d'organisation.
J'ouvre le carnet bleu. A l'intérieur, une fine écriture indique : « Palie C. , prière de rendre ce carnet à son propriétaire en cas de perte. »
« 25 octobre. Son état ne cesse d'empirer. Maria n'est pas revenue. Peut-être dois je les en informer ?
27 octobre. Le docteur est passé, il ne lui reste que quelques jours. C'est bientôt la fin, et elle le sait. Quand elle a levé ses grands yeux fiévreux sur moi pour me demander de le faire, d'abréger ses souffrances, quelque chose s'est brisé dans mon coeur. Dieu, par pitié, aidez-moi ! Je ne sais plus quoi faire.
30 octobre. Ça y est, c'est fini. Je n'ai plus la force de sortir. Plus rien ne compte pour moi. Maria n'a pas donné signe de vie. »
Maria, ce nom ne m'évoque rien...Encore des recherches en perspective. Je soupire. C'est toujours dramatique d'apprendre ce genre de mort. Et bien souvent, ce genre de carnet obscure entraîne malheureusement la vôtre. Si ça continue, c'est moi qui vais y passer! Quand est ce que je pourrais retourner, peinard, dans mon petit lit, avec des séries plus débiles les unes que les autres ? Ahhh, mon Jon Snow, je serais bientôt de retour je te le promets !
J'observe les gens qui passent. Un vieillard vêtu de haillons, assis contre un mur, quémande la pièce. Plus loin, une femme en robe de toile de jute discute le prix d'un panier de haricot, tandis que des marmots tirent avec insistance sur sa robe, espérant ainsi un peu d'attention. A quelques pas, un forgeron tape sur une épée rougeoyante. Sur la place, des gamins se courent après.
J'en suis là de mon observation quand soudain un enfant hurle :
« - Attention, ils arrivent !!»
Là, c'est le branle-bas de combat. Les enfants s'éparpillent, la femme attrape soudainement ses gamins, le vieux se recroqueville contre son mur, le forgeron cesse toute activité.
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12 raisons de ne pas être moi
Science FictionLorsque qu'Aurel, la vingtaine, se trouve portée "disparue" (ou plutôt "perdue", merci William), peu nombreux sont ceux qui en comprennent les enjeux, et tous n'ont pas intérêt à ce qu'elle -que je- refasse surface... D'abord parce que c'est ma faut...
