Un homme est derrière moi. Cela fait une heure que je marche et l'inconnu et là depuis la première minute. Je ne le vois pas mais je le sens. Je sens sa présence. Terrifiante.
J'accélère. Il se rapproche. Je me retourne. L'étranger est mince, le crâne dégarni et ses yeux son d'un bleu perçant. Il porte un costume sombre en velours. Il me fixe. J'aperçois sa main passer derrière son dos. Pétrifié, je n'ose imaginer ce qu'il peut se cacher sous sa veste. Un autre homme s'arrête derrière moi. Je me tourne vers lui. Le deuxième inconnu a le même visage que l'autre homme, les mêmes habits mais ses yeux son rouge rubis. Le premier inconnu tiens maintenant un couteau dans sa main. La lame est fine, aiguisée et brillante. À ma droite, un autre homme. Ma gauche. Un autre étranger. L'homme à ma droite ressemble aux deux autres hommes. Le même visage, la même tenue, mais ses yeux... Jaunes. L'homme à ma gauche est semblable aux trois autres. Mais des yeux violets cette fois. D'autres inconnus arrivent. Tous les mêmes. Mais leurs yeux... Noirs. Roses. Verts. Blancs. Sans pupilles. Sans iris. Chaque homme possède un couteau à la main. De minuscules diamants assortis à leurs yeux sont incrustés dans les manches. Je ne suis plus dans la rue. Les hommes ont changés le décor. Tout est rouge. Rouge sang. Du sang. Les murs de la pièce sont ensanglantés. Et le sol... Le sol n'est que charnier humain. Des corps. Des corps de femmes, d'hommes et d'enfants morts sont entassés. Une pensée court dans mon esprit : je marche sur des humains. La tête me tourne. Les hommes sont toujours là. Ils m'encerclent. Ils sont dix. Puis vingt. Puis trente. Tous avec le même visage. Seuls les yeux. Les yeux. Tous différents. Tous ont un couteau à la main. La lame est devenue rouge sang. Les humains. Les humains du sol. Tués par les étrangers. Et c'est à mon tour. Des rayons de la couleur de leurs yeux jaillissent de leurs globes. Captivé par les couleurs chatoyantes, je perds quelques instants la notion de danger. Puis je me rends compte. Seul. Je suis seul avec les assassins. Je hurle. Je griffe ce que je peux. Je frappe ce qui me touche. Ne. Pas. Les. Laisser. Me. Toucher.
Je n'ai plus de voix.
