Chapitre 1

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6h30: bip bip bip
J'ouvre difficilement mes yeux et éteint mon réveil. Je m'assois au bout de mon lit et je fixe le mur essayant d'éclairer mon esprit embrumé. Deux minutes plus tard je le décide à aller prendre une douche, puis une fois prête je vais préparer le petit-déjeuner. Il est 7 heures quand je me dirige vers la chambre pour réveiller mon petit ange.

~Emma, le « petit ange »~

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~Emma, le « petit ange »~

Elle dort encore et j'hésite à la réveiller en la voyant si tranquille; c'est comme si rien ne peut l'atteindre, comme si ce monde si cruel n'a laissé la place qu'au bonheur. Je lâche un soupir car je sais à quel point ces pensées sont loin de la vérité. Je jette un autre regard à Emma et je ne peux m'empêcher de sourire; depuis des années tout est contre nous mais ça fini toujours par s'arranger tant qu'on est toutes les deux. A mes 12 ans notre père est mort dans un accident de la route, après ça notre mère est retombée dans la drogue et l'alcool -car oui, elle avait déjà des antécédents avec ces produits, mais elle avait réussi à en sortir grâce à papa. Cependant, son décès la privait de la seule personne qui pouvait la tenir éloignée de tout ça. Donc à sa mort elle replongea, elle ne tenta même pas de résister, de se faire aider; il faut croire qu'avoir deux filles qui l'attendaient à la maison ne lui paraissait pas une raison suffisante pour se battre. Alors elle se contenta de sombrer chaque jour un peu plus; sans se soucier de savoir si on avait de quoi manger, si on allait bien à l'école, si deuil de notre père n'était pas trop dur à supporter; si on allait bien tout simplement. Les premiers jours je restais dans la tristesse et la confusion la plus complète : d'un côté je devais faire mes adieux à l'homme le plus important de ma vie et de l'autre je m'occupais de ma sœur tout en étant constamment dans l'incertitude. Je ne savais jamais si la mère rentrerait le soir et lorsqu'elle le faisait j'en venais à le regretter la voyant complètement shootée ou bourrée, ou les deux à la fois. Jamais je n'arrivais à répondre à ma sœur quand elle me demandait où étaient nos parents. Et en même temps quelle réponse pouvais-je lui donner ? Je ne l'avais pas moi-même. Cette situation dura presque trois ans, pendant tout ce temps j'avais appris à m'occuper d'Emma et de ma personne, le plus gros problème restant le manque de nourriture et d'argent pour en acheter. Un jour, alors que j'allais sur mes 15 ans je fus prise en train de voler de la nourriture, la police vint et leurs questions trouvant rapidement des réponses, les services sociaux ne tardèrent pas à s'en mêler. Se basant sur mon témoignage et l'absence de ma mère nous fûmes confiées à une famille d'accueil pendant un an, suite à quoi j'ai demandé à être émancipée et à avoir la garde de ma sœur, ce qui me fut accepté. Donc nous voilà aujourd'hui, j'ai 17 ans et Emma en a 9. Je ne dis pas que c'est simple tous les jours mais tant que nous serons là l'une pour l'autre tout se passera bien. Je suis boxeuse en club et je fais des combats les samedis et dimanches qui payent les factures, la nourriture, les vêtements... tout quoi ! A chacune de mes victoires je gagne deux tiers des profits du combat, l'autre tiers revient au club: ça paye mes entraînements, les heures passées à la salle et tout ce qui va avec. Vous pensez peut-être que j'ai arrêté mes études mais non ! Un arrangement a été passé : le lundi, mardi matin et jeudi je vais en cours; le mardi après-midi, le mercredi et le vendredi je vais à la salle; tandis que le samedi et le dimanche je fais des combats. J'ai commencé à me battre quand j'ai dû me débrouiller toute seule, j'apprenais de mes erreurs et plus le temps passait, plus je progressais; une fois en famille d'accueil j'en ai profité pour m'inscrire en club et ce sport m'est devenu indispensable. On pourrait croire que l'école m'indiffère, mais ce n'est pas le cas. Je suis une vraie littéraire dans l'âme, mes cours étant réduit de moitié je ne suis que les cours de lettres, de philosophie et de littérature étrangère. Seuls la boxe et les livres me permettent de m'évader.
Il y a deux ans, le jour où on m'a offert la majorité, je me suis fait une promesse; celle de toujours faire mon maximum, toujours faire de mon mieux. Pas pour moi, non; mais pour Emma; je le lui doit. Je respecte ma promesse mais malgré tout le rouge se fait toujours voir sur mes relevés bancaires. J'ai tout essayé mais je ne vois plus d'issues, je vais en parler à Émilie, une de mes -rares- amies; elle aussi elle connaît ma galère, elle aura peut-être une solution à me proposer.

~Émilie ~

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~Émilie ~

Au fait, moi c'est Sara Smith.

Au fait, moi c'est Sara Smith

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~Moi, Sara Smith~

Fight me until love me 💫Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora