Seconde chance

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 La lune semblait presque sourire plus que lui. Louis était là, éclairé par les lueurs lunaires de l'astre brillant dans ce ciel noir, confortablement installé sur le siège arrière de la bécane de son compagnon. Ce dernier, Quentin, allait à tâtons statufier ses mains entre le jean serré et le fin boxer sur les hanches de Louis, dans le seul but de frustrer ce dernier blond. Réaction correctement obtenue, Louis grogna, non-satisfait de ce seul contact. Il approcha alors ses lèvres déformées par un sourire de celles de Quentin et prit d'abord grand soin de passer sa langue rugueuse de la commissure des lèvres de celui-ci. Et ils échangèrent un baiser si humide que la rivière du petit bois qui bordait la ville en était presque jalouse.

Lorsqu'un frisson découpa l'échine du biker, il se demanda si les mains baladeuses de Louis sur ses cuisses en étaient la cause ou si c'était juste le vent frais qui se levait pour faire chantonner les arbres. En sentant son entre-cuisse se presser un peu contre le tissus de son propre boxer, il en conclu que le vent n'était pas assez fort pour caresser ses cuisses, Louis en était donc la cause.

- Ne joues pas avec le feu Lou' ; asséna le roux d'un ton grognon.

Pour réponse, et ce malgré son regard autoritaire, il eut droit à un petit ricanement accompagné de nouvelles caresses frustrantes. Chacun son tour. Quentin tiqua doucement sa langue sur son palais et glissa discrètement ses doigts directement sur la peau des hanches de Louis. Satisfait, le blond esquissa un sourire narquois et se rapprocha, passant ses jambes par dessus celles de Quentin pour plus de contact. Mains dans les cheveux bouclés de celui-ci, Louis embrassa à nouveau Quentin, profitant des derniers instants de contact avant de devoir rentrer chez lui. Et comme si Quentin lisait dans ses pensées, il demanda :

- Tes parents pensent que tu es où cette fois ?

- Chez Émilie. Mais ça va, j'ai encore un peu de temps. De toute façon, ils se fichent que je sois en retard ou pas...

- À quelle heure t'ont-ils demandé de rentrer cette fois ? Demanda le roux avec une méfiance justifiée.

- On s'en tape, profitons, j't'en pr-

- Lou' ; coupa-t-il sèchement. Quelle heure ? S'ils savent que tu es avec moi ton père va-

- Je sais. J'ai déjà une demi-heure de retard, il est minuit trente ; avoua-t-il dans un soupire vaincu.

- On rentre. Je te ramène au coin de la rue. Et... Je ne passerai pas demain, réunion de clan...

- Encore ? se plaignit Louis.

- Oui, désolé. J'peux pas faire autrement, tu l'sais. Allez enfile ton casque. Prions pour ne pas croiser un des membres de la brigade de ton père à une heure pareille...

- La police ne travaille pas de façon très active à cette heure là, voyons.

Sur les rires du plus jeune, le couple démarra et partit au travers des bois. Une fois ces arbres sombres dépassés, ils furent révélés aux lueurs de la ville, un peu ébloui même par tant de vie. Ensemble, ils la traversèrent pour aller jusqu'à l'un des quartiers chics et silencieux de la ville de Boston.

Comme prévu, le criminel s'arrêta au bout de cette rue et laissa le lycéen descendre. Les deux retirèrent leur casque pour s'embrasser à nouveau, manquant encore et toujours de contact. Ce dernier rompu, le blond afficha une petite moue. Le roux le prit directement dans ses bras, pour qu'ils se serrent l'un contre l'autre le plus fort possible. Une promesse silencieuse, un amour interdit mais si infini.

- J'ai peur pour toi, Quentin.

- Je sais. Je te promets que je m'en sortirai.

- J'aimerai te promettre d'empêcher mon père de t'arrêter. Mais je ne peux pas.

- Je devrais répondre de mes erreurs un jour ou l'autre. Putain, Lou', j'ai tué une femme et-

- C'était il y a huit ans, tu n'avais que dix-sept ans. C'était un accident, on le sait.

Silence. Encore deux années et les poursuites en justice seraient impossibles. Mais Quentin, motard de naissance, avait toujours fuit la justice. Et comme si le karma s'acharnait, le capitaine chargé de l'enquête était le père de celui qu'il aimait. Sur cette pensée le roux embrassa encore un peu le blond, rangea un casque, mit l'autre et repartit après un chaste « Bonne nuit ».

Louis, dix-sept ans, regarda la vieille bécane s'éloigner et rentra en soupirant. Un jour ils pourront s'aimer, Tout le monde a droit à une seconde chance et à une vraie justice.

OneshotsWhere stories live. Discover now