Est-ce que je peux lui faire confiance ? On ne confie pas un meurtre au premier tueur à gage qui se présente...
« Étienne ? Étienne ? Étienne ! »
Je mets du temps à comprendre que c'est moi que l'on appel. Mon vrai nom n'est pas Étienne. Ça c'est juste une couverture. Mon vrai nom c'est Will. Diminutif de William. William Loderok.
« Oui quoi ? »
Je répond de manière agacée.
« Et bien vous allez le faire oui ou non ?»
La jeune femme qui me pause cette question me tend un dossier comportant toutes les informations utiles à propos de la victime. C'est un homme banal, au nom banal, habillé de manière banale. Seul son chapeau haut de forme lui donne un air moins quelconque. Il a un âge banal, 43 ans. Pas de famille, à part un beau frère. Sa sœur et ses parents son mort. C'est mieux comme ça. Je n'aime pas tuer les pères ou mères de famille. Une classe sociale banale, qui tire vers la richesse. Il s'appelle Emmanuel Scarpo. Si j'accepte ce boulot, il n'aura pas une mort banale. Balle de petit calibre dans le crâne. Je peux lui faire le cadeau d'une mort qui sort de la banalité . Ce qui m'inquiète c'est cette femme, Louise. Peut-être qu'elle est de la police. Ça ne serait pas la première fois qu'on essayerai de m'avoir.
« Pourquoi voulez-vous que je tue cet homme, madame ?
- Ça ne vous regarde pas !
- Écoutez moi j'ai une façon de travailler et je ne...
- Travailler ??? Vous appelez ça un travail ? »
Elle m'a coupé la parole, ça a le don de m'énerver...
« Appelez ça comme vous le voulez. Je disais je ne tue pas sans raison. J'ai des principes.
- Ah. Vous des principes ? Laissez moi rire. »
Voyant mon regard sérieux elle se reprend. Elle m'agace sérieusement à se moquer de moi...
« Voila qui est vraiment étonnant. Et bien si vous insistez, cet homme m'a subtilisé la place de directrice de mon entreprise. Et je souhaite la reprendre. De plus il s'ai montré très grossier avec moi et on ne manque pas de respect à une Loiria ! »
Louise Loiria, c'est donc son nom.
« Bien madame j'accepte. »
J'aurais refusé en temps normal. Ce motif n'est pas... Enfin... Suffisant pour ôter la vie de quelqu'un mais cette Louise m'a promit une somme assez conséquente. On ne peut pas dire que je croule sous les demandes en se moment.
« Enfin ! Il sera présent à la conférence de journalisme dans deux jours, donc jeudi soir à 19h00. Il a toujours son chapeau sur lui, vous le verrez de loin. J'y serai aussi ainsi que pleins d'invités donc veillez à en finir discrètement.
- Bien entendu.
- Vous serez payé jeudi à 22h00 devant les toilettes de la salle de conférence.
- Je prend 50% maintenant. »
Elle lève les yeux au ciel.
« Très bien, tenez.
- Merci »
Je prend l'argent.
Cette femme ne peut pas être de la police, elle est bien trop chiante...
Mon arme est un petit calibre. Discret, je peux facilement le cacher. C'est une pièce rare dont je suis plutôt fier, un trombone à silex. Je lui est ajouté un mécanisme pour qu'aucun son ne soit produit lors du tire. Malheureusement, je n'ai le droit qu'a une seule chance car seulement la première balle sera silencieuse.
Jeudi, 19h, j'y suis. Louise m'avait fourni une sorte de carte pour que je puisse entrer. C'est une conférence plutôt luxuriante. Des verres de vin sont offerts aux invités.
Parfait.
Technique classique mais indémodable. Elle fonctionne à chaque fois.
21h51, la conférence est terminé. Je m'approche de Mr Scarpo que j'avais déjà repéré au préalable. Je renverse mon verre de vin sur sa veste et sa chemise blanche.
« Oh ! Milles excuses ! »
Mon jeu d'acteur mérite d'être amélioré mais suffit à berner les personnes insouciantes.
« Je vais vous nettoyer ma bêtise, veuillez me suivre au toilette. »
Jusque là, tout vas bien.
Au toilette, il n'y a personne. C'est la fin, les gens partent. Je risque moins de me faire déranger.
Toilette avec pleins de lavabos et un grand miroir avec ces derniers.
Tandis qu'il met de l'eau sur sa veste, qu'il regarde, je sort mon pistolet. Je pose l'extrémité sur sa tête.
Il se fige.
Il regarde dans le miroir.
Il croise mon regard.
Une seconde, expression de surprise.
Deux seconde, sa respiration s'accélère.
Trois seconde, je tire.
Le sang gicle, son corps bascule, je le rattrape et ralentit sa chute. Il n'y a eu aucun bruit, à part celui du sang et des os du crâne qui ont craqués avec la balle. Je n'aime pas ce bruit. Mais je sais qu'une balle dans le crâne est moins douloureuse pour la victime.
Je me lave les mains. Le corps est à mes pieds. Une larme coule sur ma joue. Je ne le connaissait même pas. Ce que je peut être pathétique.
La porte des toilettes s'ouvre avec fracas. Louise est là, un fusil de chasse pointé vers moi.
J'ai des bons réflexes. C'est au moins une autre chose dont je peux être fier en plus de mon arme. Et qui m'a sauvé la vie. J'ai tiré le premier. Mais bien entendu. Un seul coup est silencieux. Pas le deuxième. De plus, le corps de Louise s'effondre avec bruit. Ok.
Jusque là , tout vas mal...
