Hann

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Les gens n'ont pas pu me comprendre. Et moi non plus, d'ailleurs, parce que je n'avais pas d'explications.

Tout ce que je savais, ce qu'elle était là, qu'elle m'envahissait, qu'elle s'imisait en moi, dans chacun des membres de mon corps, puis qu'elle progressait jusqu'à mon cœur, à mon cerveau. Elle me rongeait, me dévorait de l'intérieur. Elle remplissait mes yeux de larmes qui, en s'écrasant contre ma peau, étaient semblables à une multitude piqûres. Elle m'oppressait, me hâtait. Elle me hâtait de me donner la mort en envoyant mon esprit et mon âme vers le bas, vers les ténèbres.

Je mourrais à petit feu. Seule. Avec ma tristesse, ma peine... La dépression avait raison de moi.

"On n'a pas besoin de mourir pour perdre la vie."

Je me demande si, maintenant, les gens comprennent à quel point j'étais mal. Non, ils ne comprennent pas, ils ne peuvent pas me comprendre. Parce que des 《Je comprends ce que tu vis et ce que tu ressens, mais il faut s'accrocher.》, j'en ai entendu des dizaines, mais au fond, ils ne savaient pas de quoi ils parlaient. Ils ne savaient pas ce que je vivais en ce moment, et ne le vivraient pas avant très longtemps, sans doute.

Je me suis tournée donc vers cette lame, luisant sous le clair de lune qui filtrait à travers mes rideaux, qui semblait même m'appeler. Je ne sais même plus si, pendant ces moments, je ressentais une quelconque douleur, oui bien celle qu'aurait dû ressentir quelqu'un de normal. Un filet écarlate suintait de la coupure. Le sang gouttait sur mon bureau. Une goutte attérissait, puis une deuxième, suivie d'une troisième, pour, au final, n'en former qu'une seule. Le bruit qu'elles faisaient me rappelait la pluie. Puis j'ai laissé mes yeux fixer mon oeuvre en me demandant 《Pourquoi j'ai fais ça ?》, sans pour autant penser à ne plus le faire.

J'ai perdu le goût de vivre. Je n'étais plus qu'une coquille vide, sans personnalité. J'étais lasse. Lasse de la vie.

"Le 《Oui, ça va.》 qui cache 1000 douleurs."

Je ne pensais plus qu'à une seule chose : le sommeil éternel.

J'ai d'abord planifié de m'ouvir les veines en rentrant du lycée et de me laisser me vider de mon sang, mais, le soir, quand j'étais rentrée, c'était comme qu'ils m'appelaient. Trônant en évidence sur la table de la cuisine, n'attendant plus que je passe à l'acte. Leur appel fut plus fort que moi.

"Quand tu penses à la mort, la mort pense à toi."

J'ai alors vidé leur contenu sur la table et les ai tous avalé un à un, sans m'arrêter. Mes mouvements étaient machinaux. Je ne pouvais plus m'arrêter. J'ai entendu le cri de ma mère derrière moi, mais mon corps ne m'obéissait plus. C'est sûrement quand elle m'a agrippé le bras et m'a tiré en arrière que j'ai pris conscience de ce que je faisais. Mais c'était déjà trop tard.

Maintenant, je suis allongée sur un lit d'hôpital, et ce sont des machines qui me tiennent en vie. Mais moi je n'attends qu'une seule chose ! Je souhaite partir. Partir loin d'ici. Cependant, je ne suis plus maîtresse de ma destinée. Ce n'est pas moi qui vais pouvoir décider de mon avenir, désormais.

Finalement, mon prénom me va plutôt bien. Hann, qui signifie "Seule" en coréen... Parce que oui, j'ai commencé et je terminerai, sans doute, ma vie seule.

《Hann》Où les histoires vivent. Découvrez maintenant