Les yeux cernés, la peau pâle, Jolie pénètre à contre cœur la maison close du coin. Cala fait trois semaines qu'on lui a proposé d'y rentrer. Et trois semaines qu'elle hurle à sa mère qu'elle n'en ferait rien,mais voir sa famille crever de faim l'a persuadé de passer sur le buffet.Car pour Jolie c'était ce que c'était une maison close, un buffet à volonté où des vieux mecs riches en manque d'amour et cherchant des bras venaient chercher des gamines affamés et les prenaient en brochette. Elle était même sûr qu'à l'accueil dans son vieux box flippant à l'odeur oriental la mère Catherine les prostituaient en lot et en formule : « Vous préférez une jeunette à vampiriser ou une femme mûre qui vous rappellera tout les problème que vous cause vot' bonne femme ? » Évidemment ils choisissent tous la jeunettes aux joues roses et à la beauté triste, sinistre. C'est pour ça qu'elle était là, Jolie, parce qu'il y a toujours un moment où les nymphettes lâchent : Enceinte, traumatisée ou vieillissante, elles étaient toute remplacée à un moment. Et à ce moment la mère Catherine recrutait de nouvelles gamines affamées dans un cercles vicieux de la débauche.Elle franchit la porte à pas de loups, comme si être discrète pouvait lui donner la sensation de ne pas être là. D'être encore chez elle, loin, très loin du bazar, loin très loin de la débauche, loin très loin de cette maison de poupée. Ses doigts de porcelaine se balade doucement sur le papier peint, redessinant la courbe des oiseaux bleus et verts. Des échos, des odeurs de parfums poudrée, sucré lui parviennent de l'étage où le rire des filles à l'air d'être encore plus fort que sa peur. Le tic toc régulier de la pendule semble lui dire que son temps est compté. Elle attends, ça semble si long et si cours à la fois. Tic Tac : Tu devrais partir loin et maintenant. Tic tac : Combien de filles passent à la casserole là de suite maintenant ? Tic tac. Tic tac. Tic tac.
"- Jolie c'est bien ça ? Tu es la fille dont Grâce m'a parlé ? Celle de picardie?"Jolie acquisse, pour tout dire elle ne s'attendait pas à ce que la mère Catherine et son ton piquant lui saute dessus comme cela. C'était une grande dame, longue et fine, elle ressembler aux oiseaux bleu et vert sur le papier peint asiatique, une sorte de héron qui gobe des grenouilles, puis là de suite maintenant, Jolie se sentait comme une grenouille.
"- Alors dans mon bureau, Jo-lie"Ce que la fille trouve drôle avec les prénom, c'est que la façon dont les gens le prononce permet parfaitement de se faire une idée sur ce qu'il ressente pour les gens. En l'occurrence, le « Jo-lie » de la vieille femme craché comme une insulte dédaigneuse,autoritire et était resté dans l'air.
L'adolescente pénètre le bureau. C'était une sorte de boudoir, rouge grenat et vert émeraude. Il y avait une table en acajou et une sculpture de dragon asiatique posée sur le bureau. Plusieurs bibelots semblait prouver que la patronne du Velours porte un intérêt certain à la culture asiatique. La vieille s'assit en tortillant sur son siège. Elle joint les mains, pose son menton sévère dessus et plisse ses petits yeux d'oiseaux à l'éclat vifs et piquants:
« -Donc, tu es du même village que notre Grâce ? La petite blonde garde les mains droites, posée sur les genoux et acquiesce.
-Oui madame.
- Et tu viens pour quoi ? Quels sont tes motivations ?
L'enfant laisse un petit rire ironique lui échapper. Sincèrement ? Une enfant de quinze ans se prostituant dans un bazar ne vient pas pour la décoration ou pour compter les fleurs. Et ses motivations ? Ne pas mourir de faim ? Ça compte ?
« - Et bien il me faut vraiment un travail, mon père viens de mourir et j'en ai besoi...La mère Catherine la coupe, d'une voix tranchante comme une lame. Apparemment, le discours de l'enfant mourante elle le connaissait bien.
« -Très bien petite, tu as de l'expérience ? Tu as déjà travaillé dans une maison ? »
Le rouge monte au joues de l'enfant. On pourra sentir la gêne émanant de son petit corps de poupée, mais elle garde ce léger éclat de malice dans les yeux. Elle avait la beauté triste de la femme de soldats et le sourire en coin de la Mona Lisa. « - Je n'ai aucune expérience à proprement parlé..mais j'apprends très vite...et Grâce m'aidera j'en suis sûr, j'en connais beaucoup théoriquement grâce à elle... »
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Jolie
Romance" L'amour né dans les cendre et l'amitié dans les bordels, à moins que ça ne soit l'inverse" Jolie, 14 ans, nymphette au regard magnifiquement triste, est envoyée à Paris à la mort de son père dans le but de rejoindre une maison Close dans laquell...
