Tout est embué dans mon esprit, mes yeux n'arrivent pas à s'ouvrir, ma tête me fais souffrir et mon corps est engourdit.
Malgré mes paupières fermées je peux sentir la puissance surnaturelle des néons au dessus de moi, leur intensité me brûle les yeux et me fous une migraine pas possible,m'empêchant de réfléchir correctement.
Je peux ressentir le mouvement et la vie autour de mon corps qui ne me semble plus m'appartenir, le bruit des personnes allant et venant. Ils parlent fort, mais leur conversation me parais formelle, routinière, aucune chaleur ne se dégage des voix, et maintenant il me semble sentir l'odeur de l'alcool, du désinfectant et je peux entendre le bip lointain d'un électrocardiogramme. Bruit qui m'est si familier depuis plusieurs années désormais.
L'alcool... c'est à cause de lui si je suis dans cet état. Bien sûre, ce n'est pas le seul responsable, combiné aux produits chimiques et au sang, il forme un cocktail molotov dont les personnes qu'il blesse le plus ne sont pas ceux touchés directement par l'explosion
Lorsque je me décide à ouvrir les yeux, la lumière a raison de moi pendant quelques instants, puis je distingue dans ma vision périphérique une petite baie vitrée, sale, et fermée, et une minuscule télévision en haut à gauche du mur en face de moi. Tout à droite se trouve une grande porte ouverte où des gens vêtues de blouses blanches marchent bien trop vite pour que mes yeux puissent les suivre.
Je cherche un quelconque repère qui me semble familier: une veste, un doudou, mon téléphone, une personne qui m'est chère, mais rien dans cette chambre ne m'appartient, si ce n'est mon enveloppe charnelle. Je suis seule avec la mort qui chuchote à mon oreille à quel point je suis misérable. Elle me dis être déçue de moi, je ne comprend pas pourquoi elle dit ça.
Et là, je réalise que je me suis encore loupée. Je n'ai pas su dosé le mélange comme il fallait, il n'a pas fait assez de dégâts.
Je me suis trompée dans les accords. J'avais tous les instruments qu'il me fallait. J'étais à une note de jouer parfaitement la mélodie, ma symphonie...
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La symphonie du désespoir
Short StoryPlusieurs notes forment une mélodie, plusieurs mots forment une pensée, et plusieurs malheurs forment ma vie.
