Chapitre I - L'envol

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Prologue 

Les montagnes défilaient à toute vitesse.

Leurs cimes fendaient la voie lactée sans remord.

Les pic semblaient être séparés par des rivières et des lacs sur lesquels miroitaient ses majestueuses ailes.

Son regard parsemé d'or survolait les massifs.

Les collines se succédaient, toutes identiques, devant ses grands yeux vifs.

Des vallonnements aux courbes plus douces prirent alors possession du paysage s'étendant à perte de vue.

Puis ses battements d'ailes, puissants et réguliers, le hissèrent rapidement à la lisière d'une forêt.

Un temps passa et il put déjà apercevoir les étendues constantes des plaines couvertes de cultures, entremêlants les nuances de jade, d'ambre et d'or.

Ces terres agricoles étaient la dernière barrière naturelle, le séparant de son but et il en fut aisé.

Ils ne leur restaient plus que quelques précieuses minutes emplies de liberté et de calme, avant de mettre en marche leurs mystérieuses destinées.

Devant le majestueux rapace, deux soleils rougeoyant réchauffaient ses muscles ensevelis sous de délicates plumes engourdies par ce long périple.

Les deux astres déversaient sur la contrée la faible lueur, incertaine et dorée du crépuscule.

Le firmament, parsemé de sombres nuages, annonçait la fin des beaux jours. Il laisserait bientôt la place à une longue période glaciale annonciatrice de mauvais présages.

Ne souhaitant pas y songer, l'être doté d'intelligence savourait précieusement ses dernières minutes de solitude.

Une solitude qui disparue quand les rayons des astres illuminèrent doucement les chaumes de quelques foyers.

Ce petit hameau, isolé de toutes civilisations, était bordé de l'immense forêt des Rêves Blancs et traversé en son sein par le fleuve d'Alphée.

Ralentissant la cadence, le rapace sorti deux immenses serres affûtées et fit en sorte de se poser sur l'une des branches d'un vieux chêne affublé d'un feuillage aux couleurs sanguines.

À quelques feuilles sous l'oiseau éreinté par ce long voyage, une jeune fille s'entraînait au combat.

L'élève essayait de contrôler le moindre de ses gestes et elle les répétait méthodiquement de plus en plus vite jusqu'à leur maîtrise parfaite, sous le regard appréciateur de l'animal.

Sa longue chevelure d'encre flottait autour d'elle, tel un voile de soie lui donnant une prestance surhumaine.

Après de longues minutes de considération, l'aviaire émit un cris d'orfraie pour signaler sa présence. La femme, alertée, leva instinctivement les yeux vers le vieux chêne pour croiser celui de son futur complice.

Cela ne dura qu'un battement de cil. Pourtant ce laps de temps suffit pour que leurs âmes se reconnaissent. Inévitablement leurs fatalités se mirent en marche. Leurs destinées dictées par les dieux se lièrent jusqu'à ce que mort s'ensuive.

L'un, le regard ambre débordant d'intelligence contre un autre couleur d'onyx traversé par la stupéfaction.

Un battement d'aile plus tard le rapace était déjà haut dans le ciel, ne laissant derrière lui qu'une délicate plume blanche ramassé en vol par la jeune femme.

Après plus d'un millénaire, il venait enfin de la trouver.

L'histoire pouvait commencer.

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