Le soleil se levait sur le petit village de St Rémy. Les ruelles étaient désertes, la ville dormait d'un sommeil profond. Pas un passant. Pas un bruit. Seul l'inspecteur François Chambard était éveillé, il marchait d'un pas rapide en direction du commissariat de police et semblait perdu dans ses pensées. Ses traits étaient tirés et creusés par la fatigue, la cause n'était autre qu'il avait, ces derniers temps, été appelé pour de nombreuses affaires. Il arriva bientôt devant le commissariat dont l'architecture imposante plongeait l'espace alentour dans une pénombre presque effrayante. Il entra. Marie, la secrétaire, l'attendait un dossier à la main. Elle avait cet air calme et distant caractéristique des secrétaires d'entreprise. En le voyant entrer elle s'écria : « Ah ! Monsieur Chambard, je vous attendais. Si je vous ai appelé c'est pour une affaire des plus urgentes : on a retrouvé hier un homme mort dans son appartement. Le défunt s'appelait Charles Guimereau, était âgé d'une vingtaine d'années et était libraire. Nous ignorons la nature de sa mort mais nous avons retrouvé sur lui une lettre adressée à un certain « Louis ». « Encore un de ces règlements de compte... » se dit l'inspecteur. Puis son regard fut attiré par l'enveloppe posée sur le bureau. Marie, intriguée par le subit intérêt de l'inspecteur pour cette enveloppe, reprit : « Vous pouvez toujours la lire mais vous n'en tirerez rien : encore un fou qui aurait dû finir dans une maison de santé ! ». L'inspecteur prit quand même la lettre, alla s'asseoir à son bureau et commença sa lecture :
« Cher Louis,
Sûrement à la lecture de cette lettre me croirez-vous fou. Le suis-je ? Je n'en ai pas moi- même la réponse... Mais s'il s'avérait que je ne l'étais pas, je crains que la vérité soit bien triste. Peut-être après cela vous détournerez-vous de moi ou bien refuserez-vous de me revoir, mais peu m'importe car l'heure est grave mon cher ami. Je me suis fourré dans une affaire des plus complexes, compliquée. J'ai peur.
Tout a commencé un soir de novembre. Le ciel était gris, sombre, et sinistre. C'était un de ces jours de pluie, un de ces jours qui emplit tous les esprits d'une vague de tristesse et de mélancolie. Comme chaque soir, je rentrais chez moi, ôtais mon manteau et mon couvre- chef, choisissais un volume dans ma grande bibliothèque et allais m'asseoir au coin du feu pour me réchauffer. Dehors, la pluie tambourinait sur les vitres créant cette atmosphère paisible et mystérieuse que j'appréciais d'habitude. Mais ce soir- là, je n'arrivais pas à me concentrer. Pourquoi ? Je l'ignore. Une sorte d'angoisse me saisit. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'avais peur. Mettant cette sensation sur le compte de la fatigue, je décidai d'aller me coucher de bonne heure. Je mis du temps à m'endormir, mais finalement le sommeil m'emporta et je sombrais dans un rêve comme le font les jeunes enfants. Jamais je n'aurais imaginé que cette nuit allait marquer le début d'une aventure, ou plutôt devrais- je dire d'un cauchemar, aussi effrayant qu'invraisemblable. Le voici :
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Deux en Un (terminée)
Short Story« [...] Il faisait nuit. Je me trouvais dans une forêt. Je m'y étais rendu de nombreuses fois étant enfant. Soudain, je repris mes esprits, que faisais-je ici ? Comment étais-je arrivé là ? Les questions se bousculaient dans ma tête quand une sensat...
