Je m'appelle Viltañ.
Je marche seul. J'ai atrocement mal, partout. Tout mon corps, que dis-je tout mon être, me hurle de marrêter, de me laisser tomber au sol à moitié mourant et agonisant en silence. Mais je ne peux pas. Je suis encore trop près de la lisière de la forêt. Il faut que je méloigne, toujours plus loin, toujours plus profondément dans l'immensité de cette prison sauvage qui ne se soumet à aucune loi.
C'est mon nom. Mon identité.
Je suis à bout de souffle et de force. La nuit a été interminable et atroce.
On me la dit. Ultya me la dit.
Je marche et je sens chacun de mes os brisés en de multiples morceaux, se reformer lentement. Je sens chacun de mes muscles, que je croyais paralysés, disparus, sans vie, se tendre et détendre au rythme de mes mouvements. Je sens chacun de mes membres endoloris, comme détacher du reste de mon corps, se recoller à ce dernier épuisé dans une douleur presque insoutenable.
J'ai un nom et une identité. Je suis quelqu'un.
J'essaye tant bien que mal, d'éviter les branches, racines et autres végétaux qui m'empêche de passer ou me demande, à moi et à mon corps, un effort hors de ma portée dans mon état.
Je marche et j'aperçois enfin le grand arbre. Il surplombe toute la forêt avec tellement plus de splendeur, tellement plus de magnificence, que cela invite au respect.
Je fais les quelques pas, ou devrai-je dire les quelques mouvements marrachant des gémissements de douleur, qui me séparai de ce grand seigneur silencieux veillant sur son vaste royaume endormi.
Je m'appuies dos à son large tronc âpre et me laisse glisser le long de sa vielle écorce rugueuse, pour finir assis contre lui et entre ses vastes racines. Ses longues branches s'étendent en silence au-dessus de ma tête, laissant leurs feuilles, vacillantes quand le vent leurs rend visite, me cacher le soleil et le ciel, me coupant ainsi du monde extérieur et me laissant respirer et vivre dans ce royaume calme et intemporel.
Le sol, humide et moelleux, est recouvert d'une multitude de fougères et de mousse verdoyantes, tel un lit de verdure, invitant à si allonger.
Je contemple calmement, dans ce silence naturel, ce monde qui m'a vu grandir et m'épanouir, dans son sommeil imperturbable.
Je le contemple et je me souviens :
« Le vent souffle et ébouriffe les cheveux châtains d'un enfant, courant à travers les troncs et les racines de la forêt. Il découvre et il rit à gorge déployé :
-Ultya ! Ultya ! Regarde, j'arrive à faire du feu tout seul maintenant.
Et comme pour prouver ses dires, il fit s'embraser l'un de ses doigts, tel une allumette à la flamme petite et chancelante, qui s'éteignit en quelques secondes.
Une longue silhouette apparut en face du petit-homme. Une immense dragonne, aux écailles flamboyantes, se dressa sur ses larges membres et le fixa de ses yeux brulants, vifs et calmes. Elle s'avança vers l'enfant est lui ébouriffa ses cheveux, déjà emmêlés de son museau.
-C'est bien, Viltañs.
Le garçon s'allongea à l'ombre du Grand-Arbre, à côté de l'endroit où la tête d'Ultya s'était posée quelques temps plus tôt après s'être couché, entourant de son corps massif le Grand-Arbre et l'enfant.
Ils restèrent là, à contempler le ciel s'assombrissant au fil des heures qui passait.
-Ultya, pourquoi on ne sort pas de la forêt ?
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Viltañs | L'Homme Dragon
FantasyDans le monde de Gardympemyrs, un terrible évènement ébranle le du royaume de Neuhfà. La mort prématuré du roi Celhidos, laisse le trône vaquant et fragilise l'équilibre du pays. Les habitants se referment sur eux-mêmes, les guerres s'enchaînent e...
