1 - Anna

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Les gens défilaient devant la vitrine du café. Certains couraient, d'autres marchaient, prenaient leur vélo. Les voitures éclaboussaient les passants et jetait de l'eau sur les trottoirs déjà mouillés et tapissés de feuilles mortes. Tant de vies différentes, de buts différents, de raisons différentes de passer par là. Anna restait captivée, envoûtée par ce spectacle. Sans trop savoir pourquoi, l'automne procurait chez elle une forme de plénitude, un apaisement absolu. Elle se rappela soudain qu'elle ne pourrait plus contempler ce boulevard, aillant à déménager dans le Vercors.

Alors, pour la dernière fois, prise d'un élan de nostalgie, elle respira à plein poumons, ouvrit de grands yeux et captura la scène avec la plus grande des concentration. Après quelques secondes, elle referma ses yeux et tenta de se remémorer tout les visages qui venait de passer. Leurs corps, leurs attitudes, leurs regards, leurs vêtements; le moindre détail pouvant être important. Avec toutes ces données emmagasinées, et recréant dans sa tête l'image qu'elle venait de "photographier", elle tenta d'en déduire la vie de chacun. Voilà un exercice qu'elle nomait "mémoire et déduction". Un entrainement complexe combinant mémoire photographique et analyse à froid.

Anna ne pût s'empêcher de laisser paraître un léger rictus, lorsqu'elle devina qu'un des passants était archéologue, qu'il avait l'air intelligent, sympathique, et qu'elle aimerais bien lui parler autour d'un café. Elle balaya rapidement cette idée de sa tête, ouvrit ses paupières, criant intérieurement une dernière fois de la beauté des arbres, de leur rouge et orange si vifs, scintillant comme des feux de signalisation au dessus des voitures et de la tête des passants. Elle ferma son ordinateur, le remis dans sa sacoche, puis pris à la main un épais carnet à anneau duquel dépassait des posthites et toutes sortes de papier pouvant servir de marque page. Elle quitta sans se retourner le café, et commença à marcher à toute vitesse, pour éviter de se retourner.

Ce carnet contenait, sans trop exagérer, deux ans de sa vie. Les deux ans allant de ses 22 à ses 24 ans. Elle était sortit du lycée et n'avais poursuivie aucune étude, ni même commencer de métier. Elle voulait faire ce qu'elle aimait, sans restriction, sans études, sans contrat, pour elle, avec les risques que cela engageait. Anna avait une vision de la justice, la sienne, et donc décida, sachant qu'elle avait les moyens financier pour, d'aider la police, sans pour autant en faire partie. Depuis deux ans, dés qu'une affaire rendue publique l'intéressait, elle enquêtait, se rendait même parfois illégalement dans tel ou tel lieu. Après quoi, elle se faisait passer pour un témoin, ou un informateur anonyme - seul moyen qu'elle avait de contacter la police- pour leur faire part de ce qu'elle avait découvers. En 2 ans, par ce procédé, elle permis l'arrestation de 7 criminels, se réjouissant d'avoir guider ainsi les enquêteurs, et de s'être bien amusée.

Toutes les recherches qu'elle à mener sur les affaires de ses deux dernières années était dans ce carnet. Elle s'était préparée, très tôt, à pouvoir enquêter. Des ces treize ans, elle commença à étudier la criminalité, le déroulement d'une enquête. Elle avait également chercher à affiner ses capacités d'analyse de situation, des émotions humaines et d'une scène de crime. Pour cela, à chaques fois qu'elle se trouvait dans une situation ordinaire, elle se concentrait à retenir un maximum d'informations, essayant de comprendre pourquoi tel ou tel chose arrivait, profitant d'avoir les réponses à porter de main.

Quand les banalités du quotidien devinrent tout à fait clair pour elle, son cerveau ne pouvait plus s'empêcher d'analyser et d'essayer de comprendre chaque situation, même les plus improbable. A chaque fois, dans ces moments là, ces yeux s'ouvraient en grand et semblait pris d'une curiosité, parfois mal placée, scrutant le moindre petit détail d'une scène. Elle en avait aiguiser ses sens. Elle avait une ouïe plus fine, de meilleurs yeux, un meilleur odorat et un touché plus développer qu'auparavant. Comme si, dans ces moments où elle s'isolait du monde pour mieux le comprendre, son esprit s'ouvrait, et son intelligence se décuplait. Tout cela se faisait de plus en plus vite chez elle. 

Elle n'avait désormais plus besoin de se poser tout un tas de question pour comprendre un cas, plusieurs conclusions venait à elle rapidement, automatiquement, naturellement, sans trop d'effort. - Comme lorsqu'elle jouait à "mémoire et déduction" - .

Cependant, cela faisait quatre mois qu'elle ne trouvait plus d'affaire à son goût, de crime qui là ferai frissonné et sautiller d'exaltation. Anna avait donc fait le choix de déménager dans un village qui lui été familier, chargé de souvenir d'enfance. Elle se disait que dans ce genre d'endroit, tout se savait très vite, et que la probabilité qu'elle se fasse arrêter pour enquête illégale était donc décuplé. Ce choix révélait son gout du risque, qui est l'essence même de son "métier" actuel. Bien que le fait de déménager n'allait pas amener à elle de nouvelles affaires, elle espérait au moins que le calme de la montagne là rende plus apte à patienter.

Anna chargea ces dernières affaires, laissa les clefs à son propriétaire et s'assit lourdement devant le volant de sa voiture. Elle démarra le moteur, roula jusqu'au drive du Mcdo pour prendre un café allongé. La première gorgée lui brûla la langue, elle détestait boire les boissons trop chaude. Elle était distraite. Un concentré d'émotion qui n'allait pas spécialement ensemble formait une boule au milieu de son ventre, pour une raison inconnue.

La jeune femme ferma la vitre de sa voiture et après avoir brancher son téléphone en Bluetooth à la radio, partit. Elle se laissa submerger par la musique, se plongeant dans un monde qui était loin d'être réel. C'était un moyen pour elle de se consoler quand elle commettait une erreur qui la faisait se sentir bête ; là, s'était le fait de s'être légèrement brûlée et de ne pas réussir à comprendre ce qu'elle ressentait.

Poussé violemment contre le mur, empoigné par le col, le jeune homme sentit une vive douleur à l'arrière de son crane. Son agresseur se tenait très près de lui, collé, pour ne pas lui laisser la place de s'enfuir. D'un mouvement vif de poignet, il ouvrit le couteau qu'il tenait dans la main. Le jeune homme espérait avoir le temps de lui prendre l'arme, mais son agresseur ne lui laissa pas une seconde de réaction et enfonça immédiatement la lame dans son coup. Du côté gauche. Son regard brillait, il était animé d'une passion, d'une folie splendide. Savourant de sentir le sang lui éclabousser le visage, il lâcha peu à peu sa prise pour laisser tomber le cadavre à genou. Le meurtrier restait collé à la victime, respirant fort, haletant de satisfaction. Un fou rire lui pris et il se baissa pour prendre entre ses mains le visage de sa victime. Iil se mis à l'observer attentivement. « Qu'est-ce qu'il est beau » ce dit il. Il serra fort le torse du jeune homme contre lui, riant de plus belle. Il approcha sa bouche du coup de la victime, du côté opposé à la coupure, et lentement se mit à l'embrasser. Ensuite, après quelques minutes, il s'en alla, laissant le corps sur place.

Bloody SpringTahanan ng mga kuwento. Tumuklas ngayon