Chaque matin il est là, debout, le regard fixe. Ses écouteurs dans ses oreilles semblent le plonger dans un autre univers. Leïa ne peut s'empêcher de l'observer d'une manière qu'elle qualifie de discrète mais qui est de toute évidence tout le contraire. Il est blond aux yeux clairs, elle ne sait pas exactement s'ils sont bleus, verts ou même gris, mais elle est certaine qu'ils sont à tomber par terre. Elle le trouve plutôt attirant, assez mignon même. Il dégage quelque chose de fort, sa présence en impose. Alors la demoiselle ne sait pas trop ce qu'elle est censée faire. Il est peut-être en réalité une personne de la pire espèce ? Après tout, elle tombe toujours sur des cas, entre les mauvais garçons qui lui brisent le cœur et ceux qui ont déjà une petite amie, on peut dire qu'en terme de relation amoureuse elle n'est pas gâtée. Alors elle se dit que peut-être elle le trouve très plaisant tout simplement parce qu'elle est en grand manque d'amour ?
Elle aimerait vraiment avoir un petit ami, cela fait quelques mois que niveau amour, c'est le vide intersidéral. Les je t'aime lui manquent, les petites affections aussi. Elle n'est pas spécialement tactile, mais dans l'état actuel des choses, elle donnerait tout pour qu'on la câline, qu'on l'embrasse, qu'on la chouchoute et qu'elle meurt d'amour. Elle veut un copain à qui elle tiendrait la main pour se rendre au cinéma, une main dans laquelle elle pourrait se réchauffer en hiver. Une main qui la retiendrait chaque fois qu'elle est sur le point de tomber, qu'elle pourrait tenir pour le simple plaisir d'enlacer ses doigts... Elle rêve de sentir sur ses lèvres un doux baiser. Un tendre baiser pour lui montrer à quel point elle est aimée, un bisou pour la faire taire lorsqu'elle réfléchit plus que nécessaire. Plus que tout elle aimerait avoir un petit ami qui lui ferait ressentir des papillons dans le ventre, un copain avec qui elle pourrait rester des heures sans rien dire. En attendant, elle est seule et par moment elle se sent triste. Cette solitude lui pèse sur les épaules plus qu'elle ne le croit. Jusqu'à présent c'est la routine qu'elle mène.
Quoiqu'il en soit, chaque jour Leïa se contente d'observer son bel inconnu blond. Chaque jour elle se retrouve plus proche de lui. Puis, il y a eu ce jour-là. Le train est bondé, un mélange de plusieurs parfums désagréables dans l'air et lui. Elle ne le sait pas, mais il l'observe aussi. Il a remarqué les coups d'œil de la demoiselle, elle est toujours très calme, souriante. Hayden la voit chaque matin au même arrêt, il fait facilement une ou deux têtes de plus qu'elle. Il la trouve mignonne, assez belle, attirante même, mais rapidement il se gifle mentalement. Il ne devrait pas avoir ce genre de pensées. Et si lui de son côté a remarqué qu'elle pose constamment son beau regard émeraude sur lui, elle ne semble pas du tout voir ses iris bleutées se poser sur elle.
Il existe donc sur terre de très belles filles discrètes? La question qu'il se pose alors est, pourquoi n'en a-t-il jamais croisé? Pourquoi finit-il toujours avec des demoiselles, certes très belles mais si bruyantes, ayant si peu confiance en lui? Dans un soupir il secoue la tête.
Le jeune homme a bien retenu l'heure à laquelle Leïa (ou la belle brune comme il l'appelle) arrive, c'est-à-dire à peu près cinq minutes avant l'arrivée du train. Il sait aussi où elle descend, il remarque même la difficulté qu'elle a, à s'extirper du moyen de transport. Puis il y a eu ce matin où, le chauffeur a freiné sec suite à des portes qui ne se sont pas fermées (ou plutôt qui se sont rouvertes). Si Hayden n'a pas bougé d'un centimètre, il a bien senti des mains se poser sur son torse. Sans le vouloir un frisson a parcouru tout son corps alors que, ses yeux se sont baissés sur le visage écarlate de la belle brune de son arrêt.
- Pardon ! Je suis vraiment désolée ! S'excuse-t-elle rapidement. Il décèle dans sa voix une gêne extrême. Elle se dépêche d'ailleurs de retirer ses mains du torse du jeune homme.
Par tous les saints, si quelques jours plus tôt elle n'a fait que se contenter d'imaginer la fine musculature sculptée sous ce t-shirt tantôt blanc, tantôt noir, pas une seule fois elle n'a pensé qu'il était aussi bien bâti que ça ! Et puis, il y a ce parfum qui se dégage de lui et vient titiller son nez. Il sent bon, si bon qu'elle en oublie l'odeur de cigarette et de transpiration lorsqu'elle se tourne.
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Routine
RomanceChaque jour le même scénario. Le train arrive, les passagers montent. Puis il y a cette fois...
