Depuis mon enfance, on me raconte que les souvenirs sont ce qu'il y a de plus important au monde. Au début... je ne comprenais pas pourquoi. Mais après cette aventure, je me dis qu'ils avaient raison...
***
18h30. Le bus n'allait pas tarder à arriver. Je regardais les gratte-ciels immenses et faits entièrement en verre. Les autoroutes volantes, ou les "routes du ciel" comme j'aimais les appeler, zigzaguaient entre les gratte-ciels. Des voitures volantes circulaient sur les routes, créant parfois des bouchons, surtout pendant des heures comme celle-ci. La nuit était déjà tombée, et la première Lune gibbeuse éclairait peu comparé aux néons de la ville. Oui, telle était Jaly, la ville qui faisait même pâlir la douce lueur lunaire.
Le bus arriva enfin et je montai dedans, l'air sûre de moi. Ces temps-ci, des créatures appelées "Oblivions" s'en prenaient aux habitants sans aucun scrupule. Nous étions peu nombreux à pouvoir nous en débarrasser, mais nous étions trop forts pour eux; ils ne représentaient pas une réelle menace. Enfin, pour nous; pour les civils, c'était une autre histoire.
Des témoignages récents affirmaient que les Oblivions naissent de "faux souvenirs" qui se seraient incrustés dans la mémoire des gens. J'avouai avoir eu du mal à y croire, mais lorsque j'ai vu un homme se tenir la tête et hurler: "Mes souvenirs... ils ne m'appartiennent plus !", puis s'effondrer pour faire apparaître un Oblivion, mes doutes s'étaient immédiatement envolés.
J'ai appris à reconnaître les symptômes classiques des faux souvenirs: des tremblements constants, le regard flou, l'impression de ne plus savoir où on est. Et justement, une femme démontrant ces mêmes symptômes était assise à l'arrière du bus; j'avais trouvé ma cible. Je me positionnai au milieu du bus, debout, prête à agir. Je m'étais tournée vers la porte de sortie pour mieux voir les personnes présentes: il y avait une femme et sa fille, aussi brune que sa mère, me regardait comme si j'étais une sorte de phénomène de foire. Je fis un sourire à l'enfant, qui me le rendit aussitôt.
À part elles et la femme tremblotante, il y avait un adolescent avec ses écouteurs enfoncés dans ses oreilles; je trouvai la musique un peu trop forte, car elle était audible dans tout le bus. Il descendit au prochain arrêt, et le bus repartit sitôt qu'il était descendu; visiblement, la musique avait dû agacer le conducteur, et je le comprenais.
Je décidai d'attendre que la victime descende du bus pour m'occuper d'elle, en espérant que l'Oblivion ne se manifeste pas avant. Soudain, la fillette se mit à parler avec sa mère, de cette voix indiscrète que seuls les enfants n'arrivaient pas à réprimer.
- Dis, maman: pourquoi la dame porte des flèches ?
La femme à l'arrière du bus se tourna pour me regarder. Lorsqu'elle les vit, elle se tourna à vive allure, visiblement effrayée. L'Oblivion en elle était-il au courant de ma présence ? La mère semblait gênée de la question de sa fille. Elle ne lui répondit pas, mais cette dernière la pressait de questions. Je m'avançai alors vers elles pour lui murmurer:
- Ce ne sont pas des flèches, ce sont des lances.
- Mais des lances, c'est plus grand, non ?
- Oui, mais c'est pour les cacher, tu vois. Comme ça, les Oblivions ne remarquent pas tout de suite l'étendue de leurs pouvoirs.
- Tu es une Mémoriale ? demanda la fille d'une voix aïgue et impressionnée.
Je regardai derrière moi pour voir si la femme victime de l'Oblivion l'avait entendue, mais elle ne semblait pas s'être souciée de sa question. La mère de la fille avait l'air de plus en plus mal à l'aise à cause de ces questions. Elle devait être comme les autres, pensai-je, à penser que nous, les Mémorials, nous portions malheur.
- Oui, j'en suis une, répondis-je à la fillette. De classe or.
Ce n'était pas bien compliqué de deviner ma classe, étant donné que les carquois que je portais à mes flancs étaient en or. Et oui: c'étaient bien des carquois, car même mes supérieurs pensaient que je me battais avec un arc et des flèches, mais ils se trompaient: je n'avais rien d'une archère, je n'avais même jamais tenu d'arc de ma vie !
Un jeune homme était monté et s'était installé à l'avant du bus. Il avait des cheveux bruns d'une couleur taupe qui allait bien avec son teint pâle. Je ressentis une étrange impression en le voyant, mais je n'étais pas la seule: la femme le regardait bizarrement, l'air intriguée. Soudain, elle cria.
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Gardens of Memories
FantasíaEn 2419, le monde est menacé par les Oblivions, des monstres naissant de faux souvenirs. Une organisation a été créée pour leur faire face: Mémorial. Milly, l'une de ses membres, est envoyée en mission et rencontre un garçon mystérieux. Sans le savo...
