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Noor (نور) : la palestinienne à la voix d'or

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C'est le grand jour pour Noor. Celui de son mariage tant attendu. Mais le sien dénote par rapport aux mariages habituels.

Noor a 24 ans et est originaire d'un village situé en Cisjordanie. Aînée d'une fratrie de 3 enfants, ses parents sont issus de la classe moyenne. Son père est enseignant et sa mère infirmière. Progressistes sur certains points (relative indépendance de la femme, tolérance religieuse et culturelle...), ils sont on peut plus conservateurs quant il s'agit des relations homme-femme. Ainsi, il est inenvisageable pour Noor de quitter le domicile familial sans être mariée, qui plus est avec l'aval des parents quant au choix du potentiel futur époux. 

Toute rencontre officielle, communément appelée la khotba en arabe, entre les deux tourtereaux se fait au domicile des parents de la femme au moment où l'homme vient demander sa main. Ce jour-là est censé être le premier contact entre les deux. En effet, l'homme, après avoir aperçu sa belle dans la rue sous l'effet d'un coup de foudre visuel (en mode remake oriental d'une comédie sentimentale), se démène de chercher son identité afin de pouvoir aller demander sa main et ainsi entrer en contact avec elle (si évidemment elle daigne répondre positivement à sa demande). Car il serait inadmissible qu'il l'aborde dans la rue pour lui demander son numéro. Toute relation amoureuse est donc automatiquement inscrite dans un cadre prénuptial. 

Ça, c'est la théorie arabo-musulmane. De nos jours, personne n'est dupe, y compris les parents, sur le fait que des rencontres officieuses ont précédées la khotba. Bien sûr, cela n'est véridique que pour les relations librement consenties. Pour tout ce qui est mariage arrangé, la khotba équivaut réellement au first date. 

En somme, que ce soit dans le cas d'une amourette ou d'un mariage arrangé, le rôle de la femme est purement passif. Comme à l'instar du rôle que la société lui assigne dans la vie de tous les jours. Ainsi, si la femme aurait le malheur d'avoir un coup de foudre, elle devra se montrer patiente et prier pour que celui qu'elle a remarquée l'ait aussi remarqué en retour à peine de devoir se résigner à passer à autre chose faute d'avoir pu entrer en relation avec l'homme concerné. C'est ce qui est arrivé à Noor. Partiellement. Elle est tombée sous le charme du fils d'une amie proche de la famille, Mme Drissia. Son fils est de 10 ans son aîné, mais Noor n'en a cure. Cet homme est son obsession. Il est certes relativement beau (brun, barbe fournie, yeux couleur noisette, grand et un brin musclé, juste ce qu'il faut)  mais sa situation en aurait rebuté plus d'une. Il a déjà été marié. Malheureusement, sa femme est morte suite à des complications liées à son accouchement. Tel est le destin d'une femme : donner la vie au risque de perdre la sienne. 

Haroun de son prénom est donc veuf et père d'un petit garçon.  


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