Ceci n'est pas un roman mais un recueil de fiches de lecture. Ces fiches concerneront des essais philosophiques, des traités politiques ou des romans appartenant à la "littérature classique".
Au menu, que des fibres cellulosiques végétales (à vos s...
Descartes, Machiavel, Rousseau, Bazin, Balzac, Flaubert, je connais ces auteurs de nom sans toutefois connaître leurs œuvres. Ainsi, quand leurs noms et leurs idées sont évoqués au détour d'une conversation, je ne peux qu'écouter et croire mon interlocuteur, sans être certain qu'il me raconte pas des salades.
Bon, j'ai rien contre les salades. J'en mange d'ailleurs pas mal en ce moment - nous sommes en été à l'heure où j'écris ces lignes. Mais j'en mange déjà assez.
J'ai donc décidé de me faire mon propre avis sur ces auteurs et leurs oeuvres plutôt que de me contenter de celui des autres. Le soucis, c'est que je suis incapable de faire quelque chose de correct quand j'en suis le seul bénéficiaire. À quoi bon lire si c'est juste pour me sentir un peu moins ignorant ?
J'ai donc décidé -et sans vous demander votre accord, cela va de soit ! - que vous seriez de l'aventure ! Vous et moi, nous allons lire et analyser ces textes. Enfin, vous... Je ne vous oblige à rien. Mais si à travers mes fiches de lecture, je parviens à éveiller chez vous l'envie de vous faire votre propre avis, ce sera une belle victoire pour le camp des lettrés.
Peut-être même êtes-vous déjà familier avec tous les auteurs que je vais lire. Si c'est le cas, je serais plus que ravi d'entendre votre avis dans les commentaires. J'en prends la responsabilité mais je risque de dire des bêtises et je serais ravi d'être corrigé. Si j'entreprends cette aventure, ce n'est pas pour épater la galerie mais pour avoir la tête plus remplie !
La méthode
Alors cela va vous sembler très étonnant mais pour étudier et analyser tous ces livres, je vais commencer par les lire. Puis, je vais essayer de les comprendre. Pourquoi est-ce que je distingue ces deux actions ? Prenons un exemple :
Il était bientôt midi et le cours touchait à sa fin. Les élèves avaient les mains fébriles et attendaient la permission du professeur pour commencer à ranger leurs affaires.
Voici deux phrases tirées de Loup-garou malgré lui, une fiction plutôt simple et sans prétention, écrite par un type plutôt complexe et trop prétentieux. Ici, lire et comprendre ont presque le même sens, il ne faut pas avoir été à l'école pour comprendre que les élèves sont pressés de partir mais respectent toutefois leur professeur, malgré le fait que le cours touche à sa fin.
Maintenant, prenons les deux premières phrases du Discours de la méthode :
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens, ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses.
Alors, je vais être totalement honnête avec vous. En lisant très attentivement ces deux phrases à voix haute, j'ai presque l'impression de comprendre leur sens. Je comprends, grosso modo, que ce que j'appelle (à tort, peut-être) "l'esprit critique" est appelé ici "bon sens, raison ou encore puissance de bien juger" et est considéré comme étant réparti équitablement entre les hommes. D'après Descartes, tout le monde serait persuadé en avoir et même les éternels insatisfaits ne chercheraient pas à en avoir davantage.
Du coup, lorsqu'un débat a lieu, il n'y a pas différentes opinions parce que certains ont beaucoup de bon sens et d'autres beaucoup moins, mais juste parce que la manière de penser est différente d'un individu à l'autre. Elle donne ainsi des résultats différents (puisqu'on ne regarde pas toujours les choses sous le même angle).
Un idiot qui déciderait de se balader nu dehors en plein hiver ne le ferait pas parce qu'il est moins raisonnable qu'un sage, mais parce qu'il ne craint pas d'attraper froid, ou parce qu'il souhaite absolument être vu nu par la femme du voisin, afin qu'elle soit impressionnée par la taille de son engin (désolé pour les enfants qui me liraient). De son point de vue à lui, épater la dame serait bien plus valorisant qu'éviter d'attraper un rhume. Le sage et l'idiot auraient donc tous deux du bon sens, mais une échelle de valeurs totalement différente.
Je ne parviens pas à trouver d'exemples qui puissent contredire ce propos. Si vous en trouvez un, n'hésitez pas à vous manifester en commentaire !
En tout cas, ceux qui lisent Descartes aux toilettes, qui le torchent en deux heures car il ne fait que 75 pages (le bouquin, pas leur derrière) et qui déclarent savoir ce qu'est le cartésianisme sont soit des génies, soit des crâneurs.
Alors qu'en pensez-vous ? Peut-on lire ces phrases (et Descartes en général) sans rien y comprendre ?
Je suis persuadé que la réponse est oui. Et c'est pour cette raison que je vais lire puis m'efforcer de comprendre ce que Descartes a voulu dire avant d'essayer d'en faire une synthèse et de la poster dans ce recueil. Pour éviter que ce ne soit trop conséquent, je séparerais probablement chaque analyse / fiche de lecture en plusieurs chapitres Wattpad, afin de ne pas excéder 1500 mots par chapitre.
Dans un premier temps, l'analyse que je vous livrerai sera purement personnelle. Je me contenterai de ma lecture attentive des différents livres et j'espère commettre le moins d'erreurs d'interprétation possible. Je n'utiliserai aucune documentation, juste l'ouvrage original.
Dans un second temps, je chercherai sur Internet des analyses, des critiques, des synthèses et des interprétations faites par des professeurs ou des spécialistes afin de rédiger une seconde synthèse. Une sorte d'avant/après, mais sans le besoin de prendre des pilules bizarres à commander sur un site américain qui promet des résultats rapides sous 48h.
Bien entendu, lors de cette seconde phase, je citerais toutes les sources utilisées afin de ne plagier personne et de faciliter vos recherches si le sujet vous intéresse.
Et peut-être que quand je me serais lassé de tous ces auteurs au phrasé complexe et obscur, je ferais des analyses d'oeuvres de science-fiction ou de fantasy, dans l'objectif de montrer que les littératures de l'imaginaire peuvent également être porteurs d'enseignement, pour les adultes tout comme pour les enfants.
Note de l'auteur : Projet en pause afin de me consacrer à l'écriture de Loup-garou malgré lui.
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