La ville de New York se réveillait dans un silence total qui lui était habituel. Les lumières s'allumaient alors que les habitants de la ville se levaient après une nuit à télécharger les nouveaux programmes. Les voitures affluaient vers les bureaux du centre, où les ingénieurs humains se rendaient pour perfectionner chaque robot qui constituait ce monde.
J'étais en retard et je devais me dépêcher de les rejoindre si je ne voulais pas être exécuté. J'arrivai à cinq heure une. Cette unique minute de retard me permit de garder la tête sur les épaules. Ils avaient besoin de moi et c'était la seule raison de ma survie temporaire.
Un jeune apprenti m'avait un jour demandé pourquoi les machines ne nous avaient pas encore éliminés. La réponse était simple, ils étaient bien trop rationnels pour avoir la capacité d'imagination qui leur permettrait de se mettre à jour en continu. Cela était, sans doute, le seul défaut que l'on puisse trouver chez ce peuple parfait. Et cette idée me plaisait, car elle me permettait de continuer à mener ma pauvre existence. Dans quel but? Je n'en savais encore rien... Mais n'est-ce pas le propre de l'Homme que de lutter pour vivre.
Mes journées de travail se ressemblaient; enregistrer les nouvelles découvertes, créer le programme à partir du travail de nos ingénieurs et l'envoyer vers chaque borne de chaque maison de chaque ville de chaque pays de chaque continent de la planète. Notre tâche était essentielle car nous étions la seule base encore active, et nous n'étions plus que 189 pour accomplir cela. La rébellion de 2100 avait provoqué la fermeture de toutes les autres plate-formes de mise à jour et entraîné l'exécution de tous les employés. Celle de New York était restée active tout ce temps, car nous connaissions tous les conséquences d'un quelconque acte de rébellion; la mort... Peut-être aurions nous dû lutter avec les autres, je le sais aujourd'hui, ils n'auraient jamais laissé notre espèce s'éteindre car nous étions leur seul espoir d'évolution.
Je suis l'humain numéro 1522 aujourd'hui âgé de 49 ans et je suis l'un des rares adolescents qui aient survécu au coup d'état robotique de 2070. J'ai eu la chance d'être l'un des 1654 humains survivant, sur les 7,5 milliards qui peuplaient auparavant la Terre. Nous sommes par la suite retombés a 832, toute personne inutile au nouveau fonctionnement ayant été exécutée. Au bout de douze ans, la population est finalement arrivée à un total de 563 humains, c'est à ce moment là que les machines nous ont forcés à la reproduction. Désormais chaque année nous devons fournir 75 enfants de trois ans qui seront élevés par les robots dans le but de devenir d'excellents ingénieurs qui prendront notre suite. Les tueries ont malgré tout continué et les enfants ne sont pas encore devenus assez vieux pour nous aider.
Les semaines passaient, et chaque jour je m'efforçais d'arriver à l'heure. Jusqu'à ce matin de novembre où j'ai trouvé une feuille sous mon matelas, dans le dortoir numéro quatre. Je l'ai lu et relu :
L'idée des machines était au départ une merveilleuse invention de l'homme, dont le progrès n'était qu'admirable. N'étant à la base que de simples ordinateurs, les machines sont vite devenues des robots dont l'intelligence dépasse celle de l'être humain. Ils étaient parfaits, bien loin de notre espèce, rendue imparfaite par les émotions humaines qui lui sont propres. Certains d'eux nous disent encore aujourd'hui que les machines ont été conçues par l'homme pour lui obéir. Mais l'homme a conçut ces machines dans un soucis d'idéalisme qu'il n'aurait jamais trouvé sans fabriquer quelque chose qui ne lui soit supérieur...
AKAI48, premier robot scientifique entièrement autonome a mis au point un sérum qui atténuera les émotions humaine à leur maximum afin de permettre un contrôle total sur l'humanité entière. Notre liberté est menacée.
Il ne me reste que peu de temps et cette note sera sûrement la dernière...
Kate Birmingham, 17 Septembre 2067
YOU ARE READING
Le dernier programme
Short StoryDans un monde post-apocalyptique où les robots ont pris le pouvoir, les Hommes sont voués à une vie de soumission contre laquelle personne n'ose se rebeller. Mais même les êtres les plus avancés oublient parfois qu'on ne peut pas tout contrôler.
