C'est juste une partie de moi, il n'y a rien de romancé, j'ai pas pris garde ni à la tournure des phrases, ni à l'orthographe. J'ai écris comme ça me venait alors il y a probablement des zones troubles, des moments où mes mots et mes phrases ne veulent rien dire, mais écrire ceci, m'ouvrir un peu m'a fait un bien fou. Ça fait plusieurs jours que je suis sur ce "texte", que j'en écris des parcelles, que je les efface, que je les ré-écris et ainsi de suite, non pas pour en faire quelque chose de joli, parce que cette histoire n'a rien de jolie, mais pour en faire quelque chose de ni trop déprimant, ni trop beau. Bref, si après ce petit message tu lis quand même ceci, alors bienvenue dans ce morceau de vie.
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Je suis une jeune femme assez classique, née il y a de cela bientôt 22 ans, en plein milieu de l'été, un samedi, un peu après l'heure du goûter.
J'aime lire, écrire, écouter de la musique, regarder des films et m'intéresser à plein de chose.
Je suis assez solitaire, mais mes rares ami(e)s sont probablement les personnes les plus importantes à mes yeux, je donnerais tout pour leur bonheur, et ce même quand je n'ai plus rien à offrir.
J'ai pas fait beaucoup d'études, j'ai même pas le bac, l'école m'a toujours ennuyé au plus haut point, ma curiosité m'a beaucoup plus appris que le fait de rester assise pendant des heures sur une chaise à écouter un pauvre gars, ou une pauvre nana qui était probablement aussi saoulé que moi d'être là. J'ai été jusqu'en milieu de première (professionnelle) et du jour au lendemain j'ai tout plaqué, avec difficulté parce qu'à l'époque j'avais 17 ans, pas d'indépendance si ce n'est celle que je forçais mes proches à me laisser, mais quitter l'école à 17 ans, il faut quelqu'un pour y autoriser, et ça, c'était loin d'être gagné. Mais j'ai fini par y arriver.
Je quitte le lycée, et je cherche, avec plus ou moins d'application, ce que je veux faire de ma vie, je fini par trouver, je passe les entretiens, je suis acceptée en apprentissage, tout va bien dans le meilleur des mondes. Pourtant je suis forcée de constater aujourd'hui avec le recul, que j'étais dans une profonde dépression. Passe les jours, et les mois, je dois trouver un patron, je m'y met encore une fois avec plus ou moins d'application et de détermination, mais je fini par trouver. Je fête mes 18 ans quelques semaines après avoir trouver mon employeur, et à peine 3 semaines après je commence mon travail, et mes nouvelles études. Je sors peu à peu la tête de l'eau, à cette époque là je vais beaucoup mieux.
Les premiers temps de mon emploi, tout se passe extrêmement bien, j'apprends plein de chose qui me passionne, je rencontre des gens que ce soit au travail, ou à l'école, qui sont devenus des amis. Bref je m'épanouis dans cette "nouvelle vie".
La fatigue s'accumule, j'y fait assez peu attention, à mes yeux c'est normal à ce moment là, je travaille vraiment pour la première fois de ma vie, alors je passe outre.
Jusqu'à un matin où mon corps ne me supporte vraiment plus, je me réveille et suis incapable de me lever. Quand j'arrive enfin à me mettre debout, je chute lourdement, j'essaye de me relever mais j'y arrive pas alors je glisse jusqu'aux escaliers et descend sur les fesses. J'appelle ma grand mère, chez qui je vivais à l'époque, elle m'aide à aller jusqu'à la cuisine, je prends un petit-déjeuner, qui ne passe absolument pas, bref, je n'arrive pas du tout à me mettre en route. J'appelle mon patron, et lui explique la situation, je prends rendez-vous chez le médecin pour l'après-midi même, j'essaye de me reposer toute la matinée mais sans succès, je me rends avec difficulté jusqu'à chez mon médecin qui me demande de passer une série d'examens et me fait un arrêt maladie d'une semaine.
Dès le lendemain, je fais tout mes examens et retourne le voir lorsque j'ai eu mes résultats. Il me redirige en urgence vers "un confrère" à l'hôpital et prolonge mon arrêt maladie de quelques jours. J'ai rendez-vous deux jours après avec ce fameux médecin qui consulte le dossier compilant tous mes résultats et le courrier de mon généraliste, il m'annonce qu'il m'hospitalise quelques jours afin de faire des examens plus poussés.
Après 3 longues journées d'hospitalisation et d'examen, le médecin vient nous voir, ma mère, ma grand-mère et moi, en début d'après-midi, et nous annonce ma maladie, l'absence totale de chance de guérison, les différentes possibilités de soins palliatifs et les deux années maximum qu'il est censé me rester à vivre.
Les deux jours suivants je reste sans aucune réaction, pendant que ma mère et ma grand-mère s'affairent à essayer de prendre des décisions, je reste allongée dans ce lit, dans cette pièce qui ne ressemble à rien de ce que je connais, j'écoute vaguement, d'une oreille distraite ce qu'on me dit.
Le troisième jour, je comprends enfin que je suis la seule décisionnaire, je suis majeure, et la seule à pouvoir prendre une décision. Quand le médecin me rend enfin visite ce jour-là, je lui demande à obtenir un traitement, dans un premier temps il m'explique qu'il n'y a aucune chance qu'un traitement fonctionne étant donné le stade de la maladie. J'insiste malgré tout.
Deux jours après, je commence mon traitement, personne n'a d'espoir hormis moi. Il s'avère qu'il fonctionne finalement très bien et à peine une semaine après je quitte l'hôpital et je reprends le travail.
Aujourd'hui ça fait 3 ans et demi que je vis avec, moi, à qui on avait dit que je ne dépasserais jamais les 20 ans, dans quelques mois j'en aurais 22.
Parfois j'ai eu envie de "profiter" de cette maladie pour me reposer sur mes lauriers, pour ne pas aller travailler, pas aller en cours, mais jamais je ne l'ai fait. Parfois j'ai eu envie de vivre ma vie à fond, sans faire de projet, juste voyager, avant qu'il soit trop tard, mais je ne l'ai jamais fait.
On me demande parfois pourquoi je continue de travailler alors que tout peut s'arrêter demain.
Oui, tout peut s'arrêter demain, oui, ma vie est instable, et impossible à calculer, oui, pendant une période quand je prenais des billets de train, quand je payais des choses en plusieurs fois, je prends les assurances, juste au cas où. Mais vivre une vie de cette manière n'est pas possible. Vivre MA vie de cette manière m'était impossible. Parce que je voulais, parce que je veux vivre. Vraiment.
Alors je continue de faire des projets, il y a quelques mois je me suis lancée dans une formation qui va me coûter 2500€ au total, je travaille même si ça continue de m'épuiser, je prévois des vacances, je prévois d'emménager avec ma meilleure amie, j'écris autant que je peux, je sors, je vis ma vie à 100%.
Je pourrais me laisser aller, ou profiter de ma vie comme si demain était mon dernier jour, mais je refuse que demain soit mon dernier jour. Je veux une vie normale malgré tout.
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Une vie normale
Non-FictionJuste une parcelle de ma vie, juste moi et mes mots luttant pour une vie normale. Une fin ni heureuse, ni malheureuse, parce qu'elle n'a pas de fin.
