Quel plaisir a-t-on de planer dans un monde irréel où douleur et vérité n'existent pas ? Quel foutu plaisir cela fait ?
Quelque chose comme le vide d'émotions. Quelque chose comme une piqûre qui vous envoie valdinguer à des milliers d'années lumières, loin, très loin de tout. Quelque chose comme un venin dans vos veines, qui porte le masque d'une douceur à arrière goût d'auto-destruction.
Quelque chose comme le regard inquiet et déçu de ceux qui tiennent à vous.
Je suis si faible.
La seringue gisait au sol à l'allure d'une arme à conviction, vide, près du corps sans énergie de l'homme. A ses côtés, le morceau de papier, où était gravé ces faibles mots.
Joan Watson s'était jetée sur lui, un regard paniqué, et prenant son pouls. Faible, comme l'homme qu'il était. Pourtant, malgré l'inquiétude que son visage exprimait, il y avait un semblant de colère. Elle l'avait deviné, elle l'avait senti. Cependant, le fait qu'il ai échoué la mettait hors d'elle. Pour des raisons qu'elle ignorait, malgré elle.
Ses doigts à lui semblaient glisser sur la peau insaisissable de l'Autre. L'Autre, ou encore LA femme. Bien qu'il ne comprenait pas bien les mécanismes de l'Amour, ceux du Désir ne lui étaient cependant pas inconnus. Il détailla chaque vertèbre, chaque cicatrice, chaque particularité de la muqueuse, sans pour autant se lasser de la découverte. C'était comme frôler une œuvre d'Art qu'on ne voulait abîmer. Comme frôler un rêve oublié.
Un souvenir frappant comme la pointe d'un couteau rouillé, au creux de la poitrine. Plus il planait, moins son pouls témoignait de vie. Et plus il planait, plus il souhaitait rester blotti au creux de l'imagination et de la mémoire.
Les yeux de la jeune femme qui semblaient brumeux l'observaient avec malice, le détaillant délicieusement. Elle souriait, puis, de son majeur et de son index, imita la forme d'un revolver qu'elle colla contre sa tempe. Le sourire qu'elle affiche restait, inchangé, tandis que Sherlock l'observait avec intrigue et étonnement. Jamie colla ses lèvres contre son oreille, lui susurrant des mots qui résonnèrent en échos dans son crâne.
« Tes faiblesses te tueront. »
Tandis que ces mots résonnaient, la forme de la femme nue disparut, et l'homme avait désormais entre ses bras un chien noir immense, au regard vert de mort et aux crocs ensanglantés. Le chien avait fondu sur lui dans des aboiements déchirant les tympans et sans qu'il ne possédât le temps de réagir, la passivité fut alors sa seule réponse face à une telle agressivité.
Puis ce fut blanc.
Lumineux.
Trop aveuglant.
Sherlock ouvrit les yeux, encore l'esprit embrumé, et les sens broyés par la drogue. Son état physique était proche d'un légume, et son état mental écrasé par l'écho du rêve et des questionnements.
Ses yeux vides s'étaient un instant attardés sur le distributeur de morphine ; l'espoir de planer encore un peu pour oublier réalité et cauchemar l'avait séduit, mais il pouvait à peine bouger le bras, ne serait-ce que pour ça.
Lorsque l'ombre de Joan apparut au-dessus de lui, la forme d'une baffe se fit rapidement sentir, lui décollant la moitié du visage.
« Vous êtes un idiot. »
Sa voix était pleine de reproches et de déception.
Ce qu'il nota ne fut pas les reproches, mais la déception. Bien que les sentiments des autres ne le touchaient généralement pas, celui de son amie, si. Si il devait bien faire quelque chose en remerciement pour tout le reste, c'était bien ressentir de l'empathie pour elle. Et peut-être d'essayer de changer, juste pour l'effet d'illusion. Comme un magicien devant une enfant.
« On est quel jour ? »
Ce fut les seuls mots qu'il lui adressa. Pas une excuse. Pas un désolé. Non. Ça... il avait beau essayer, il ne savait pas faire. C'était un langage encore trop lointain pour son cas.
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The Game of the Hound
FanfictionDes Chiens. Immenses. Noirs. Aux regards verts de mort et luisant de malice. Il pensait voir les métaphores de son ennemi rodées autour de son crâne, insatiables, insomniaques, invincibles. La boucle infinie de ses peurs ne cessent, et celle des rep...
