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Marcel était un garçon comme les autres, à quelques détails près.

Premièrement, il ne portait que du coton car il ne pouvait supporter que ce genre de tissus, les autres le grattaient.

Ainsi, en ce lundi matin, il portait un pyjama 100% coton à rayures bleues et blanches. On aurait dit un enfant de 8 ans alors qu'il en avait 16, mais Marcel, lui s'en fichait. 

Avant de sortir de son lit, il déposa un baiser sur Noah, la peluche dauphin. Son ami de toujours, est l'unique qu'il avait.

Il descendit les escaliers, toujours en jetant un coup d'œil à sa montre, sa vie était chronométrée à la seconde près, il détestait être en retard. 

La cuisine était complètement vide, à cette heure-ci, son frère dormait encore et son père était au travail. A cette pensée, ses yeux s'humidifièrent, il aurait aimé que son père lui laisse un petit mot du genre:  "Bonne rentrée mon fils ! Je t'aime, papa xxx" . Mais son père avait oublié comme toujours. Il se frotta les yeux, et se prépara un thé. Il mangea silencieusement sur l'ilot de la cuisine, les yeux perdus dans le vide.

Exactement, 49 minutes et 16 secondes après, Marcel était prêt. Ses mains tremblaient légèrement, dû à l'anxiété de cette nouvelle année scolaire. Il resserra sa prise autour de son cartable en cuir pour faire cesser ses tremblements.

Il marcha jusqu'à l'arrêt de bus, ses mocassins récemment cirés reflétants le soleil matinal. On aurait pu le prendre pour un riche homme d'affaire, mais nous étions au 21e siècles les grands hommes ne portaient plus de cardigans en laine.

Il attendit 30 minutes que l'autocar jaune montre le bout de son nez. Trente bonnes minutes à fixer bêtement la maison d'en face, sans grand intérêt. Quelques personnes étaient arrivées et avaient jeté des regards curieux en sa direction.

Quand le bus arriva, il laissa les autres monter en premier, à quoi bon se précipiter. Il observa les jeunes se bousculer les uns contre les autres, se donnant des coups d'épaules pour rentrer. Lorsque tout le troupeau fut passé, il gravit les quelques marches, donnant son plus beau sourire au chauffeur et le salua.

 -Bonjour, comment allez-vous ?

 Aucune réponse lui fit écho . Il s'apprêta à monter à sa place habituelle c'est à dire tout devant à côté du chauffeur mais celle-ci était déjà occupée et le collégien rondinet ne semblait pas vouloir lui céder. Il rougit d'embarra et s'enfonça dans le fond. Stupide erreur, un élève le pointa du doigt et ses amis éclatèrent de rire. L'élève en question, lui lança une boule de papier que Marcel reçu en pleine face. Honteux, il ignora les moqueries et baissa les yeux. A son passage, aucune place se libéra. Certains prétextaient, qu'elles étaient déjà occupées ou d'autres  posaient leurs sacs sur la place vide et le défier du regard de vouloir s'y assoir. S'apercevant qu'il n'y avait plus aucune place, il fit demi-tour. Les regards rieurs dans son dos, il descendit du bus. Aussitôt, celui-ci démarra laissant Marcel dans un nuage de fumée.  

***
La matinée ne se passa pas beaucoup mieux pour Louis.

- LOOUUU !

Une petite fripouille sautait sur son lit.

- Julia, tu es déjà réveillée. Quelle heure est-il ?

Ne laissant pas le temps à sa sœur de répondre, il prit son téléphone sur sa table de chevet.

7:30

-Putain de merde

-Putain de merde ?

-Non Julia, faut pas dire ces choses là. Réveille tes sœurs, on est en retard.

Il enfila vite son jean et un t-shirt, il prit sa petite-soeur dans ses bras, pour l'embrasser avant de descendre les escaliers en courant. Arrivé, à la cuisine il prit une poêle et cassa des œufs. Mit la table en vitesse,  dès qu'il déposa la dernière assiette. Les petits monstres arrivèrent tout juste habillés et leurs cheveux complètement en pétard. S'armant d'une brosse, Louis les coiffa une par une pendant que celles-ci mangeaient.

-Allez asseyez-vous, on part dans 10 minutes !

-Hein ? C'est une blague ? Comment veux-tu que mon organisme puisse digérer un repas ingéré en 10 minutes ? C'est impossible, je vais grossir. S'écria Phoebe

-T'inquiète t'es déjà grosse
Répondit Daisy, sa sœur jumelle.

-Louis, dis quelque chose !

Le concerné souffla, exaspéré par sa sœur qui se prenait toujours pour une diva.

-Mange une pomme, comme ça l'affaire est réglée.

-Les pommes sont réputées pour ouvrir l'appétit...

- Ta gueule, Phoebe.
Coupa Félicitée, l'ainée des quatre des sœurs.

-Allez on y va ! Mettez vos chaussures et montez dans la voiture.

- Tu dis rien à Félicitée ? Tu te fous de moi ?!

-Ta gueule, ta gueule, ta gueule

Chantonna Lisa en boucle, ce qui ressout Phoebe à se taire pour de bon. Louis finit de débarrasser la table, mit ses chaussures et monta dans la voiture. Il démarra la voiture, dépassant un peu les limitations de vitesse pour ne pas arriver en retard. Il déposa premièrement Lisa à l'école, les jumelles au collège et se gara sur le parking du lycée.

08:05

Il tourna la tête vers sa sœur, anxieusement, elle se mordait la lèvre inférieur.

- Ça va bien se passer, ne t'inquiète pas.

-Je suis en retard le premier jour de ma première année, Lou...

Il fixa les yeux de sa sœur et déposa sa main sur sa cuisse.

-Je suis sincèrement désolé, Féli

Elle esquissa un petit sourire et sortit de la voiture. Laissant son fraternel seul, rongé par la culpabilité d'être un mauvais frère.

Tourbillons [HS]Where stories live. Discover now