Les premiers rayons de soleil traversent les volets entrouverts et poursuivent leur route sur les murs pâles du bungalow. Dehors le temps est doux, il n'y a pas encore d'agitation à cette heure si matinale. Le bruit des vagues qui s'échouent sur la plage brise le silence du lieu. Une légère brise s'engouffre par la fenêtre et agite les rideaux mauves ainsi que sa frange qui lui chatouille le front quelques secondes. Allongée sur le dos les mains posée derrière la tête, elle a les yeux rivés sur la carte du monde pendu en face d'elle, assez usée et jaunies par le temps.
Elle appartenait à son grand-père, la tradition voudrait que de père en fils, ou fille, ils colorient chaque pays parcouru. Les pays grattés par son père et son grand-père sont majoritairement les pays orientaux et européens à l'exception des pays scandinaves. L'Afrique est le plus rempli, sur les 55 états qui la composent plus de 40 sont coloriés. Ce qui reste à la jeune femme les pays asiatiques et l'Amérique entière. Son périple de l'année précédente lui a permis de pouvoir couvrir de couleur, sur sa carte, la route 66 aux Etats-Unis.
A son retour, elle avait passé quelques temps chez elle avant de s'éclipser à l'est de la France, pour une durée encore indéterminée. Quitter le domicile familial dans un contexte autre que ses périples n'a jamais été réellement dans ses plans. Tout lycéen digne de ce nom attend avec impatience l'obtention de son diplôme avec l'espoir de trouver son indépendance et son émancipation. Cela n'a pas toujours été son cas, bien qu'elle y trouve aujourd'hui un confort solitaire nécessaire à sa santé mentale. Il y a bien des évènements auxquels nous ne sommes pas prêts à affronter, où il faut savoir admettre son impuissance et baisser les armes.
Le divorce de ses parents était prévisible, mais ce n'est pas tant la déchirure du cocon familial qui fait mal, non ce qu'il fait mal, c'est l'affaire judiciaire et financière que représente la progéniture issue d'un amour passé. C'est les disputes, les actions calculées et l'indifférence qui blessent. Les années passèrent sans résultats, malgré les vaines tentatives de la jeune femme de faire prendre consciences aux deux adultes, le poids de leurs actions et de leurs mots. De retour de son périple, elle avait constaté sans grand étonnement que le temps n'était pas suffisant pour apaiser les maux, et la violence conjugale de ses parents.
Un matin, la jeune fille avait laissé un mot sur la table, et une photocopie d'un document officiel prenant en compte l'indépendance financière de leur fille qui, désormais, ne résiderait plus sous le toit de l'un ou de l'autre. Lorsqu'elle était arrivée à la gare, la standardiste, une femme plutôt âgée, toisait la jeune adulte, peu sûre d'avoir réellement saisit le sens à la question : « Pouvez-vous me dire quel est le prochain train pour « n'importe-tout-excepté-cette-ville » s'il vous plait?». Dans la confusion un flottement s'était étendu quelques secondes, puis elle fouilla dans sa tablette à la recherche du prochain départ.
« - Il y a un train dans 10 minutes pour...
- C'est parfait, la jeune femme la coupa déjà très impatiente de monter dans un train qui l'éloignerait de ce bain de sang. »
Une main ferme sur sa valise, elle agrippa le billet de train qui lui était tendu sans regarder la destination, et se dirigea sur le quai que la vieille femme lui avait indiqué quelques secondes plus tôt. Elle s'installe dans un wagon sur la banquette et observe le paysage s'écouler sans se douter que le train dans lequel elle embarquerait, chamboulerait bien plus sa vie qu'une simple adresse postale.
La sonnerie la sort de sa rêvasserie. Le bras tendu nonchalamment vers sa table de nuit, elle déverrouille son téléphone. Son patron, Daniel, décide de lui accorder un jour de congé.
Elle tourne la tête vers le radio-réveil, il est encore très tôt, et même si c'est son jour de repos, elle n'envisage pas de faire la paillasse davantage. Elle se redresse ravit de la nouvelle, jette un dernier coup d'œil à la carte, puis se dirige à l'autre bout du bungalow dans la salle de bain. Sans même regarder son reflet, elle se dévêtit et laisse l'eau froide mordre sa peau. La musique de la radio résonne dans l'habitacle et elle se met à fredonner quelques mélodies.
En sortant de la douche, elle enroule une serviette autour de son corps nus, et se place face au miroir. Ses cheveux châtain tombent en cascade jusqu'au dessus de sa poitrine, ses yeux gris clair sont accompagnés de poche de cernes peu marquées. Sa large bouche pulpeuse arbore une couleur naturellement rosée, en harmonie avec sa peau parsemée de toute part par des centaines de taches de rousseur. Sans plus attendre elle applique sa crème hydratante, et se dirige vers sa penderie. Elle opte pour un simple short en jean, avec un dos nu. Pendant qu'elle noue ses lacets, quelqu'un toque à la porte. Elle attrape ses clefs, son téléphone et ouvre la porte. Son ami Enzo, sûrement en congé également, arbore un large sourire.
« - Enzo ? Qu'est ce que tu fabriques ?
- Daniel m'a dit que tu étais en congé aujourd'hui, et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seul, il se trouve que Vivien et Sacha sont aussi de repos. Alors on a préparé nos affaires, on s'en va pour la journée. Et toi ma chère Rachel, tu viens avec nous. Va enfiler un maillot de bain. » Il dit tout cela d'une voix très calme et posé, comme à son habitude.
- Attends ralentis... Si on est tous en congé le même jour qui va assurer nos postes ?
Le jeune homme hausse les épaules, peu soucieux du devenir du centre. Les quatre compagnons travaillent dans un centre de vacances. Ils n'occupent aucun poste spécifique, chaque lundi le tableau d'affichage leur indique quel rôle ils occuperont durant la semaine. La plupart du temps, cela tourne autour de trois activités. Premièrement, standardiser, qui consiste majoritairement à rester à l'accueil pour la distribution des chambres, et l'enregistrement des clients. Deuxièmement, le service au restaurant. Nécessitant tout de même une formation, c'est le poste qui voit le moins souvent de changement de personnelle. Et dernièrement, l'animation, même au sein de ce secteur, il y a plusieurs postes.
- Bon, entre. Je vais chercher mes affaires de plage », joignant le geste à la parole elle s'écarte pour laisser entrer le jeune homme.
Il s'affale sur le sofa pendant que Rachel parcours son dressing à la recherche d'un maillot de bain. Enzo à environ deux ans de plus que la jeune fille, du haut de ses 22 ans, le jeune garçon à endurer une adolescence difficile et tout comme elle, il a trouvé refuge dans ce centre de vacance auprès de ses amis d'enfance. Vivien et Sacha. Il a des cheveux brun très sombre, une peau bronzée signe ses origines italiennes. Dans son cou, plusieurs grains de beauté semble formé une jolie constellation. Ses yeux très sombres comblent son apparence ténébreuse.Bien qu'il soit facile pour Enzo de faire fondre les cœurs des femmes, le sien est aussi dur et précieux qu'un diamant. Il ne ressent pas l'envie de tomber amoureux, et lorsque cela lui arrive, il prend ses jambes à son cou.
Perdu dans ses pensées, l'homme observe le bungalow de son amie, amusé de voir comment celle-ci l'a aménagée. Quand elle est arrivé ici, il y de cela près de 7 mois, seule et sans repère, il a partagé son bungalow avec elle le temps que Daniel installe celui qu'elle habiterait. C'est ainsi qu'elle s'est intégrée à leur groupe, en partageant des nuits entières de discussions aux cotés du feu. Très vite, Enzo s'est épris d'attachement pour la jolie brune, très discrète sur sa vie personnelle, elle est l'incarnation de la joie de vivre et de l'adrénaline. Il est difficile pour les garçons de calmer ses ardeurs, mais lorsqu'elle met son coté fougueux de coté, elle est l'oreille la plus attentive qui soit.
Rachel claque des doigts devant les yeux du brun.
« - Allo la terre ! On se réveille là dedans !
- Oui oui, tu as tout pris ? Même ton hamac ?
- Voyons, tu m'as déjà vu aller quelque part sans ?, elle pose ses mains sur les hanches. Enzo se lève et se dirige vers la porte du bungalow.
- Allez suis moi, on va rejoindre les autres aux 4X4.
- Je peux savoir où l'on va d'ailleurs.
- Il est grand temps que tu fasses le grand saut.
Elle ferme sa porte, et se retourne prête à répliquer vers le garçon déjà en marche, au pas de course elle le rattrape et saute sur son dos. Ils manquent de tomber sur le sol, mais le garçon récupère son équilibre et transporte la belle brune sur son dos. Tout deux rit, et se taquine jusqu'à ce qu'il arrive sur le parking.
C'est une belle journée qui s'annonce.
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Inconnue
Teen FictionFuir. Fuir son ancienne vie et tout reconstruire. Fuir. Fuir cette personne à qui nous avons tant donné. Rencontrer. Rencontrer de nouveaux amis. Rencontrer. Rencontrer de nouvelles difficultés. Et puis soudain, dévoiler ses secrets, sous le poids d...
