Part 1

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- A demain Liam !

- Salut Harry, ne passe pas toute la nuit au lit avec ton copain !

Le dénommé Liam accompagna sa remarque d'un clin d'œil moqueur, auquel Harry de contenta, d'une manière très mature, de lui tirer la langue. Souriant, Liam prit le chemin de chez lui à pas tranquilles, son esprit repassant par habitude sa journée. Une journée banale, tout ce qu'il y avait de plus normal. Ennuyeuse, en somme. Comme tous les jours, il s'était levé tôt pour aller travailler et, comme à chaque fois, il avait retrouvé Harry dans le métro qu'il prenait chaque matin pour se rendre au centre d'entraînement des forces spéciales, où il dispensait des cours magistraux sur la psychologie des tueurs en séries. Harry, le jeune homme aux cheveux courts et bouclé, avec ses grands yeux verts et son sourire qui faisait craquer les filles, se chargeait de l'enseignement du combat au corps à corps. Le caractère confidentiel de leur emploi les avait rapprochés, et ils étaient les seuls à qui ils pouvaient raconter leur journée en détails.

Après sa matinée au centre, il se dirigeait toujours vers le point des médecins sans frontière locaux. En effet, grâce à sa formation en psychologie, il y allait afin d'écouter les gens qui n'avaient pas forcément les moyens de se payer des séances de thérapies avec un psychologue dans un cabinet. Alors il le faisait bénévolement. Il partait du principe que, si personne ne le faisait, alors quelqu'un d'autre devait s'en charger.

Enfin, après cinq heures du soir, il retrouvait Harry dans le même métro et empruntait la même rue qu'à sept heures. Mais, ce qu'il ne savait pas, c'était que sa journée allait être nettement plus mouvementée qu'à l'ordinaire.

Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, il courait au rythme de la musique, profitant de l'air frais du crépuscule. Même s'il n'était qu'un psychologue et un professeur théorique à présent, il mettait un point d'honneur à conserver la forme physique qu'il avait acquise durant ses années pour devenir profiler. Vous savez, ces gens qui prédisent le comportement des tueurs en séries afin de les arrêter avant qu'il n'y ait une autre victime. Âgé désormais de vingt-neuf ans, il avait décidé de devenir celui qui enseignait, lassé de courir après les méchants, et surtout pour pouvoir aider bénévolement.

Ainsi donc, il courait. Mais, chose inattendue, il entrevit une ombre sur son parcours, recroquevillée sur elle-même. Il ralentit à son niveau pour distinguer la silhouette d'un jeune homme. Liam retira ses écouteurs et s'approcha.

- Hey quelque chose ne va pas ?

Une masse blonde remua et deux yeux bleus se plongèrent dans ceux chocolat de Liam. Deux yeux perçants, et méfiants à l'extrême. Il faillit reculer devant leur intensité mais se rapprocha davantage, jusqu'à poser sa main sur l'épaule du jeune homme qui lui faisait face. Rien ne l'avait préparé à ce qui lui arriva. Malgré son état de faiblesse évident, l'homme lui saisit le poignet avec une force incroyable et le tordit de toutes ses forces. Un craquement se fit entendre et Liam réprima un gémissement de douleur. Ses actions avec les MSF lui avaient donné quelques notions de médecine, assez pour savoir qu'il ne s'agissait que d'une foulure, mais cela faisait quand même un mal de chien.

Le temps qu'il reprenne ses esprits, la silhouette s'était redressée en s'appuyant sur le lampadaire derrière elle. En pleine lumière, Liam put désormais l'observer et remarqua la posture défensive dans laquelle il se tenait. Il n'avait manifestement pas l'intention de lui faire du mal, mais il était tellement méfiant qu'il ne savait pas trop quoi en penser.

Liam leva les mains en un geste universel de paix et d'apaisement. Dans un coin de son esprit, il nota ses cheveux blonds et sa peau pâle, ainsi que son accoutrement pour le moins étrange : une chemise et un pantalon de toile blanche, des bottes en cuir clair, un carquois presque vide sur le dos et deux protège-poignet en métal argenté. Il reprit la parole d'une voix calme et posée.

- Doucement. Je ne suis pas là pour vous blesser.

Le regard ne changea pas d'intensité et Liam continua, essaya d'engager la conversation. Je dois le mettre à l'aise, afin qu'il s'ouvre et que je puisse l'aider. Car oui, Liam était un incorrigible bon samaritain et il ne pouvait s'empêcher d'aider tous ceux qu'il pouvait.

- Je m'appelle Liam et je ne vous veux aucun mal. Vous êtes visiblement blessé, laissez-moi vous aider, au moins vous emmener à l'hôpital.

- Je n'ai pas besoin de votre aide, laissez-moi...

La voix sifflante de son interlocuteur ne le trompa pas, et le tressaillement de ses muscles trahit sa douleur.

- S'il vous plait, je suis sûr que vous avez au moins une ou deux côtés cassées. Puis-je au moins savoir votre nom ?

- ... ni.. Neill.

Pas dupe pour un sou, Liam devine sans peine qu'il ne s'agissait pas de son vrai prénom. Et il ne comprenait pas pourquoi ce Neill faisait tant de mystère. Toutefois, il se réjouissait d'avoir fait un pas en avant, métaphoriquement parlant. Celui qu'il tenta fut interrompu d'un cinglant « N'approchez pas ! ». La lumière déclinait dans le ciel et la teinte rougeoyante du crépuscule laissait lentement la place à la noirceur de la nuit.

- Écoutez, Neill, vous ne voulez peut-être pas de mon aide, mais la nuit tombe et les rues ne sont pas des plus fréquentables. Sans vouloir vous offenser, vous n'avez pas l'air en état de vous défendre alors faites votre choix. Ou vous me suivez, avec la perspective d'un lit chaud et de soins appropriés, ou vous restez faire connaissance avec la faune qui peuple ces rues à la faveur de l'obscurité.

Puis, Liam se détourna. En fin psychologue, il savait parfaitement l'effet que ses mots avaient produit sur Neill. Un... Deux... Tr...

- Pas d'hôpital.

- Pardon ? Demanda-t-il en se retournant, camouflant son sourire triomphant.

- Je viens avec vous, seulement si vous me promettez de ne pas m'emmener à l'hôpital.

Intrigué, Liam plongea son regard dans celui du blond. En plus de la méfiance, et de la souffrance, il y détecte une pointe d'angoisse. Il hocha simplement la tête et Neill se dirigea vers lui d'une démarche hésitante, se servant d'un... arc ? – Comment était-il en possession d'un arc ? – comme d'un appui. Liam l'attendit, puis le guide jusqu'à son appartement ou il pourrait lui administrer les premiers soins.

Angels are not what they seem to beStories to obsess over. Discover now