Chapitre 1

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Janvier 2018.


Je suis réveillée brutalement par une douleur lancinante et particulièrement intense. Ma tête me brûle. Littéralement. J'ail'impression qu'elle va me lâcher, que mon cerveau va exploser ou tout simplement s'arrêter de fonctionner, subitement. Je ferme les yeux et je ne sais pas si la douleur est liée à la forte lumière de la pièce dans laquelle je me trouve, mais j'ai l'impression d'être moins étourdie. Je porte ma main à mon front, et remonte le long de mon crâne recouvert d'un tissu que je devine être un pansement. Je continue mon chemin en passant ma main au niveau de ma nuque et de l'arrière de mon crâne. Rasé. J'avais oublié ce détail... Les choses me reviennent petit à petit. Qu'ai-je fait...? Pourquoi ai-je accepté de mettre les pieds dans cette expérience à la croisée des chemins entre la science et le marketing ?

Ma gorge se resserre, les douleurs pulsatiles reviennent. Dans un élan de panique, je me lève précipitamment et observe la pièce. Les murs, recouverts d'un tissu calfeutré. Seul un miroir ovale orne ces murs d'un blanc immaculé. Je m'en approche et découvre une femme qui ne me ressemble pas. Ses yeux clairs, tristes et fatigués, sont cerclés de cernes violacés. Sa peau est d'une blancheur maladive et de fines veines bleues tracent sur ses tempes et son front de petites lignes semblables à une carte routière. Ça ne peut pas être moi. Impossible.


Je veux savoir comment les choses se sont passées et surtout, si elles se sont passées. Envahie par une curiosité presque malsaine, je commence à enlever le pansement. D'abord délicatement par peur de me faire mal, puis avec plus de véhémence par impatience. Je découvre une grande trace rouge sombre qui part du haut de mon crâne et en suit les contours. Je n'en vois pas la fin, mais je suppose qu'elle continue jusqu'en arrière de ma tête. Je suis allée au bout. Ils l'ont fait, finalement.

Du regard, je trouve la porte et me jette dessus sans parvenir à l'ouvrir. Je suis enfermée. Depuis combien de temps suis-je ici ?J'aimerais crier à l'aide, mais aucun son ne sort de ma bouche.Affolée, je tape de toutes mes forces contre les murs, espérant que quelqu'un me vienne en aide. J'ai l'impression que chacun de mes coups est absorbé sans émettre aucun son, quelle que soit la force de mes poings, de mes pieds ou de mon épaule.


C'est à cet instant qu'une voix féminine autoritaire et froide retentit d'un haut-parleur blanc fixé dans un des coins de la pièce :"Calmez-vous mademoiselle Roch, monsieur Pair et le responsable scientifique passeront vous voir dans quelques instants pour s'assurer que vous avez bien réagi à l'intervention."

Conscience implantéeWhere stories live. Discover now