3 ans

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Que faire ? Ou aller ? Je ne savais pas. On était le jeudi 19 septembre 2020, j'ai eu officiellement 18 ans il y a 4 heures et 37 minutes, et le premier truc que j'ai fait, c'est de rassembler mes affaires, tout mettre dans le coffre de mon Land et partir, loin. Loin de cette famille, vous savez, je n'ai jamais été un fils modèle, je fume, sors, et n'avais que des résultats passable au Lycée. De plus j'ai toujours préférés mes amis à cette famille. Mais ça y'est, je suis enfin parti de cette famille, enfin, peut on appeler une famille des gens qui vous force à rentrer dans des cases quand vous voulez de la place, des gens qui vous font comprendre que vous avez la "belle vie" et que vous êtes faible quand vous déprimez. Mais d'ailleurs parlons en de cette belle vie. Qu'appelez vous une belle vie ? Parce qu'apparemment, pour cette "Famille", il suffit d'être autorisé à sortir une ou deux fois par mois, pour que cela soit une "Belle Vie".

Alors, oui, je n'en pouvais plus. J'ai jeté mon téléphone, chargé mes affaires, et je suis parti, je ne les reverrai jamais. Mon coffre est chargé de vêtements, d'instruments et de beaucoup d'autres chose. Mais il y a une chose que je n'aurais jamais pu oublier, un drapeau, un drapeau LGBT, on m'avait offert ce drapeau, c'était il y a trois ans, j'y tiens plus qu'a tout ce que mon coffre contient. Ça y est, tout est chargé. Je fais le tour de ma chambre qui me parait bien vide sans la batterie et tous les instruments. J'enfile ma veste à patch, récupère des CD de Saez, Mrs Yéyé, AC/DC, Alestorm et bien d'autres, les enfouit dans mon sac, et le mets sur mon épaules. Je laisse un post-it sur mon ancien bureau : "Bruno, ne les déçois pas comme je l'ai fait, et je te laisse ma chambre, de toutes façons, j'en ai plus l'utilité. Adieu". J'attrape mon paquet de cigarettes et sort de ma chambre, une fois devant la porte, je chausse mes rangers et ouvre la porte, d'abord discrètement, et puis merde, de toutes façons c'est terminé, ils ne pourront plus m'engueuler, il ne pourront plus faire pression sur moi, il ne pourront plus me frapper. Je claque la porte et sors en courant. Je monte dans mon 4x4 et claque la porte, je démarre et sors de la cour. Un fois sur la route je lance mon CD de Saez, il me rends triste, il me rappelle quelqu'un, qui me manque.

Ça fais maintenant deux heures que je roule, mais je sais toujours pas ou aller. Je m'arrête dans un hôtel pour la fin de la nuit. Demain, j'irais racheter un téléphone, j'ai gardé quelque numéros important. Y compris le sien. Je rentre dans la chambre, me jette sur le lit et m'endors.

Je me réveille et regarde l'horloge en face du lit, 7 heures 56, wow, je me suis jamais levé aussi tôt sans obligation. Je descends, déjeune, paye et remonte dans ma voiture. Je continue à rouler, un panneaux sur l'autoroute indique Paris dans 187 kilomètres. JE sais pas trop quoi faire, c'est pas que ça me fait chier mais il habitait à Paris, et puis merde, rien à perdre, je vais à la Capitale.

Je m'arrête dans une ville à 80 kilomètres de ma destination. Je mange dans un mac do un peu pérave, et m'achète un nouveau téléphone, je rentre une carte sim et récupère tout les numéros. Quand arrive le sien, est ce que je dois le remettre ou pas ? Et pis merde, vous savez quoi ? J'ai toujours son adresse, je vais y aller directement et on verra sa réaction.

Je suis enfin à Paris. Je rentre son adresse dans mon GPS, et m'y dirige. Une fois devant la porte j'ai peur, mais une peur atroce, ma respiration se saccade et des larmes coulent sur mes joues, je pleure ça y'est évoquer son existence me fait chialer. Je prends une clope ça va me déstresser, je remonte dans le Land histoire qu'il ne voit pas. Mais au final savez vous de qui je parle ? Non ? Alors, il, c'est Mathieu, je l'avais rencontré sur Wattpad, on était sorti ensemble et j'avais même fini par le voir en vrai, et puis un jour, il m'as quitté et à totalement cessé de me parler. Ça fais un peu moins de trois ans maintenant.

Je jette ma clope et me décide à frapper à la porte. Celle-ci s'ouvre et je l'aperçoit, Mathieu, il me regarde pendant quelques secondes avant que je me reçoive la plus énorme claque que j'ai jamais prise.

- Connard ! Hurle t'il. T'es vraiment le pire des connards, pas un seul message en trois ans ! Trois ans putain ! Je pensais que t'était mort ! J'ai chialé tout les soirs, a cause de toi !

- Moi aussi je suis content de te revoir, dis-je.

Je me reprends une claque.

-T'es vraiment un enculé, je devrais te dégager mais bordel ! Tu m'as manqué ! Je m'en suis tellement voulu !

Il a dépassé les bornes, je me suis fais larguer et je me fais engueuler.

- Eh, gueulais-je, qui ? Qui m'as largué ? Qui ne m'as pas renvoyé de message ? Qui ? Alors peut-être que tu t'es inquiété, mais merde moi je voulais juste pas te déranger dans ta petite vie ! Tu veux savoir, j'ai eu le courage de prendre toutes mes affaires et de me barrer de chez moi. J'ai plus aucun point d'ancrage ! C'est bon je pensais que je serais en terre de paix mais apparemment non, c'est bon je me casse !

Je me retourne et commence à sortir, j'entends la porte claquer, je ne me retourne même pas, j'ai vraiment mal. Je monte dans ma voiture et pose ma tête contre le volant, la porte du côté passager s'ouvre et je vois Mathieu balancer un sac dans le coffre, rentrer sa basse et monter.

- Qu'est ce que tu fous la ? Demandais-je sur un ton un peu plus haineux que je ne l'aurai voulu.

- Je viens avec toi, on se casse ! Me dit il.

- C'est mort descends, dis-je.

- Pourquoi ?

- Tu l'as dis toi même non ? Je suis un connard, pas un message en 3 ans ! Alors descends, me répétais-je.

- Ben, justement, on à 3 ans à rattraper donc démarre j'en peux plus de cette ville.

Je le regardais pour voir si il était sérieux, quand il saisit mon visage et m'embrassa. C'est sur cette action que je démarrai.

- On va ou ? Demanda t'il

- A Rennes, c'est pas parce que je me suis cassé que je renonce à devenir Prof de musique. J'ai déjà un appart' à moi la bas et personne n'est au courant. Expliquai-je

- Alors roule ! Me dit il.

Nouvelles - Défouloir de mon esprit maladeHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora