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Prologue

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Nda : Le prologue est assez sombre -voire, je le confesse, un peu macabre - mais rassurez-vous la suite est nettement moins dans le style accablant.

Un bang sonore précéda le bruit de verrerie qui éclate. Un hurlement puis ce fut le silence. Une paix silencieuse occupait les lieux. L'odeur d'hémoglobine embaumait la pièce. La mort grignotait du terrain de seconde en seconde. Au sol gisait un corps, immobile, les cheveux en bataille et souillés de rouge. La passivité de l'enveloppe charnelle faisait illusion un instant mais vite il était compréhensible que la chiffe molle par terre fût consciente.

Et la voix s'élève, violant le silence sacré qui s'est établi. Le chant est faible mais les mots résonnaient le vide sonore de ce qui devient peu à peu son tombeau. Les paroles sont rares mais leur choix semble mûrement réfléchi. « Sanctus Espiritus, redeem us from our solemn hour. Sanctus Espiritus, insanity is all around us. » Une supplique. Un rappel d'une promesse.

Dehors l'orage gronde à présent.

Depuis combien de temps combat-elle la mort ? Le désespoir rôde tel un vautour sur sa proie. Il a l'air affamé, prêt à bondir. Son cou nu et fripé s'allonge pour mieux observer. Immobile mais combative. Sa proie n'en sera que plus que délectable. Il se sent la dernière heure arrivée et frissonne d'anticipation.

Déni. Colère. Rage. Désespoir. Le froid envahit peu à peu ses veines. La gorge s'assèche et le coeur s'emballe, décidé à répandre rapidement les derniers morceaux de vie rémanent dans ce corps déchirant les ultimes résistances de sa victime. Dans un macabre sursaut d'orgueil la voix reprit : « Si Deus me relinquit. Ego deum relinquo ». Une menace. Sa promesse. Un éclair fulgurant s'abattit sur le sol, illuminant les cieux alors que le corps expirait sa dernière parcelle d'humanité. C'était fini. Nulles larmes. Nulles plaintes. Le silence a repris ses droits. Le désespoir exulte en admirant les trait du mort.

Sa sculpture était presque parfaite.

Le silence. Partout. L'obscurité. Le chaud dans les airs. Les froids à ses pieds. Une forme indéterminée se trouvait devant deux immenses portes. L'ombre floue hésita une fraction de seconde avant de s'approcher des énormes entrées. Une vive lumière s'échappait de la porte droite si bien que l'esprit en fut ébloui. Comme un papillon attiré par le doux rayonnement d'une flamme, le poltergeist se hâta vers la droite. Cependant, à mi-chemin vers son but, un froid glacial se fit sentir. Sournoisement, il s'insinua jusqu'au plus profond de ses os.

Combattant cette force qui semblait vouloir la statufier, la forme continua son avancée vers la porte lumineuse. Un tel sentiment de paix émanait des lieux derrière cette porte. L'âme eut envie de se fondre dans la porte, de communier avec elle. Elle s'apprêtait à pousser les battants lorsqu'une force inconnue la retient. La curiosité, froide et sournoise, s'insinua jusqu'au plus profond de l'esprit de l'ombre désincarnée et elle se détourna. D'un pas sûr, elle se dirigea vers la gauche et sans hésiter une seule seconde posa sa main désincarnée sur l'étendue noirâtre en face d'elle. Immédiatement, un frisson glacé lui parcouru l'échine et l'esprit s'éloigna de la porte comme s'il s'était brûlé. Le poltergeist se laissa choir au sol en tentant d'absorber ce qu'elle avait ressenti. Un désespoir sans nom jusqu'à s'en oublier, une tristesse sans fond jusqu'à s'y perdre. La forme trembla et il semblait que des sanglots étouffés s'échappaient d'elle. Elle avait si mal pourtant la douleur l'avait fait réalisée une chose.

« Je ne veux pas », dit la voix une nouvelle fois.

Lentement l'ombre se redressa, vacillante. Elle agissait en tout point comme si elle avait un corps physique. Elle ne voulait pas de cela : de ce bonheur omniprésent jusqu'à en oublier presque le nom ou de la noirceur totale. L'un n'allait pas sans l'autre. Il suffisait de trouver le juste équilibre. Les deux. L'âme voulait les deux. En une fraction de seconde, les deux portes devinrent floues avant de se fondre l'une dans l'autre pour fusionner totalement. La forme resta, un instant, estomaquée. Ils avaient suivi son désir. Animé d'une impulsion soudaine, l'être poussa les battants avec le plat de ses paumes. Il était déterminé et décidé qu'importe ce qu'il y ait derrière ces portes.

Une lueur aveuglante enveloppa le poltergeist. Il fit soudain froid.

Celestial Attraction : MessangeDes histoires addictives. Découvrez maintenant