Je m'appelle Juliette, j'ai 14 ans.
Oui oui, Juliette comme Roméo et Juliette.
Je vous assure, ce prénom c'est vraiment l'enfer.
Combien de fois ai-je entendu : ''Eh Juliette il est ton Roméo ?''
Ou quand on joue la pièce de théâtre en question. Qui c'est qui fait Juliette à chaque fois ??
OUI, C'EST MOI !! A l'aide.

La personne que je déteste le plus au monde est mon père.
Je ne l'ai jamais vu.
Cet espèce de lâche à quitté ma mère lorsqu'elle était enceinte de moi.
Depuis, elle l'insulte dès que le mot "papa" jaillit de la bouche de quelqu'un.
Mon frère n'avait même pas trois ans.

Je fais un portrait de moi-même. Donc la question est :

Suis-je obligée de me décrire ?

Bon. Comme je n'ai rien d'autre à faire, je vais me décrire.

Cheveux noirs, légèrement ondulés, très ( trop ) bouffants, arrivant aux épaules, encadrant un visage ovale d'une peau aussi blanche que le cul d'un poulet ( la plupart du temps, quand elle n'est pas rouge tomate après un bon coup de soleil ). Des yeux... noisettes... enfin marron pas très foncé quoi. Des sourcils noirs de chez noirs bien épais, qui dépassent même par endroits. Un front où sont visibles des petits boutons d'acné, des lèvres très fines dont les extrémités descendent légèrement vers le bas, ce qui donne l'impression que je fais tout le temps la gueule.

En fait, de tout mon corps, il n'y a que mes mains que j'aime. J'ai de longs doigts fins, avec de grands ongles lisses.

Que dire, que dire....

Ah oui ! Il y a bien une chose que je voudrais dire...

- Juliette ! Viens maintenant, tu vas être en retard !

Ma mère passe sa tête par l'entrebâillement de la porte de ma chambre.

- Et jette-moi ce vieux cahier de brouillon, tu n'en a plus besoin.

Je baisse les yeux sur ledit cahier sur lequel je suis en train d'écrire pour passer le temps. Il est entièrement rempli et les trois quarts de ses pages sont déchirées. J'avais rédigé mon mini auto-portrait sur la quatrième de couverture, par-dessus les tables de multiplication qui m'ont aidée au cours d'un bon nombre de contrôles de maths.
Je pousse un soupir et me lève pour aller jeter le cahier dans la corbeille près de mon bureau. Je hisse mon sac sur mon épaule droite, laissant pendouiller la lanière gauche.

Une fois dans le salon, je pose mon regard sur mon téléphone, bien en évidence sur le meuble de l'ordinateur. Mais cette vue magnifique est brisée lorsque mon frère, Hugo, passe devant moi avec un sourire moqueur. Je lui répond avec une mimique sarcastique sensée signifier gna gna gna puis vais mettre mes baskets dans l'entrée.
En effet, il y a deux jours, ma mère m'avait confisqué mon téléphone car j'avais soi-disant été "insolente" envers elle lors d'un débat consacré à ma dernière note de Géographie qui s'avérait être un 4.

- Si vous continuez d'aller si lentement, vous allez arriver avec 1 heure de retard !

Mon frère et moi levons les yeux au ciel, sortons de l'appartement et nous mettons en route pour les cours.

Sur le chemin, Hugo n'arrête pas de me narguer en me montrant son téléphone. Comme je ne m'énerve pas et ne fais qu'enchaîner les regards noirs, il décide de changer de stratégie.

- Alors... Quel est le nom de la personne que tu veux sauter ?

Dans la langue de mon frère, "vouloir sauter" veut dire "être amoureux".
Me maudissant moi-même, je sens mes joues chauffer. Un sourire victorieux se dessine sur ses lèvres.

- Salut Hugo ! Salut Juliette !

On se retourne tout deux pour voir la personne qui vient d'interrompre notre duel de regards, mais je sais que, comme moi, il a reconnu la voix en question.
La fille qui nous a interpelés et qui se tient devant nous est Iris, ou plutôt la fille qui fait tourner la tête de mon frère.
Un magnifique inversement de rôles se produit, pour mon plus grand plaisir.
Il vire au rouge pivoine, je souris à pleines dents. Je viens d'avoir une idée magnifique pour me venger de ce crétin.

- Salut Iris ! C'est marrant, on était justement en train de parler de toi !
- C'est vrai ? demande-t-elle, plus curieuse que surprise. A propos de quoi ?

Du coin de l'œil, je vois Hugo, maintenant cramoisi, me faire signe de me taire, mais je l'ignore.

- Oh, je vais laisser Hugo te l'expliquer, c'est plus lui que ça concerne. De toute façon, une amie m'attend devant le collège. A plus !

Et je m'éloigne, contente de mon coup.









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