Alors voilà. Tu étais bien là, je t'ai touchée pour m'en rassurer. Je te racontais toutes les choses qu'on ne saura jamais et toi tu me souriais.
-Tu me promets que ça marchera ? m'as-tu coupée.
-De quoi tu parles, Nell ?
-De tout.
-Les promesses sont tellement stupides... C'est vrai : comment peux-tu te baser sur une promesse ? C'est du vent.
Ton âme était un terrain miné et soudain, tu me regardais avec des yeux craintifs et j'y ai vu que nous n'allions pas nous aimer aujourd'hui.
-Promet-moi qu'il n'y aura pas de promesse, t'ai-je suppliée.
On était belle toutes les deux, immobiles sur la terre qui tournait carré. Tu n'as pas peur de tourner rond, toi ? Parce que moi, si.
-Mon existence n'a pas de sens, m'as-tu murmuré.
-Mais absolument rien n'a de sens, pas même mes sentiments pour toi.
Tu as hoché la tête. Tu es l'ange ennemi de mes cauchemars et ça me hante, l'incertitude me ronge et puis mes mains sont fiévreuses. Je n'ai pas la solution à tout ça alors je prie de toutes mes forces pour que ça soit bien toi en face de moi.
-Ce soir, je ne vais pas dormir parce que je refuse de toucher le cousin de la mort du bout des doigts.
-On le frôle toujours, tu sais, ai-je répondu. Sans arrêt.
-Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu n'y crois pas ?
-En quoi ?
-En tout.
Je n'ai pas relevé parce que rien ne m'atteignait. Moi, je ne te demande jamais pourquoi tu deviens de la soie liquide à chaque fois que tu es seule. Je ne te demande jamais pourquoi la vie est telle qu'elle est et jamais non plus pourquoi tu n'as pas peur de la vie. Je ne te demande jamais pourquoi je suis enfermée ici, à te parler comme si tu étais la dernière personne au monde. Je ne te demande jamais pourquoi pas une seule fois tu n'as pleuré devant moi.
J'étais dans l'euphorie de mon esprit et la réalité m'a agressé le coeur. L'angoisse est un son aiguë, un marteau qui cogne furtivement ce qui ne devrait jamais être cogné.
-Pourquoi tu pleures ?
Tu as émergé de la couette et m'as regardée penser à toi, penser à nous et pas une seconde j'ai senti mes émotions jaillir de moi. Je t'ai prise dans mes bras et t'ai murmuré les paroles de ta chanson préférée au creux de l'oreille, it was never to be cruel to you... Tu t'es alors reculée violemment.
-Pourquoi tu pleures ?
Tu as répété. Au moins quatre fois.
-T'es pas là, t'es pas réelle...
Tu commençais déjà à t'évaporer et peut-être que si j'avais cligné des yeux assez fort, tu serais restée. Ou alors jamais venue.
On aura vécu une vie entière pendant des jours infinis limités, et maintenant que tu es partie, je me rends compte de tout. La vie n'est pas concrète et j'ai l'impression que rien autour de moi n'existe et ça me fait peur. À quoi bon vivre si moi-même je ne suis pas ? Ne me laisse pas devenir comme toi, c'est tout ce que je demande...
ŞİMDİ OKUDUĞUN
La folie des envies (nocif)
ŞiirTu peux multiplier ce jour à l'infini dans le temps et jamais tu t'en souviendras.
