Je courais, je courais le plus rapidement possible, depuis des heures. Mon coeur cognait contre ma poitrine ou il ne battait plus.
La peur me forçait à dépasser mes limites, à fuir. Je sentais son ombre derrière moi,se rapprocher, il courait, vite, trop vite... Il me rattraperait. Ma fin était proche... Ou le début de ma fin ...
Je ne contrôlais plus rien, je ne sentais plus rien, des larmes coulaient le long de mes joues rougies par le froid et le vent, mes muscles étaient frigorifiés, j'avais les pieds écorchés par le goudron. Mon pyjama était en lambeaux.
Il ne m'avait pas laissé le temps de m'habiller.
Mes poumons s'embrasaient à chacune de mes respirations, mon sang frappait dans mes oreilles. L'air ne passait plus, mes jambes allaient plier sous mon poids. J'allais mourir.
Pour la première fois, je me rapprochais de la mort, elle allait m'emporter. Je priais pour mourir de froid et de douleur ...que tuée de ses propres mains.
Je souffrais, mes plaies étaient de plus en plus profondes. Mon sang coulait ... Beaucoup... Trop...
Je tournai à la première ruelle, n'importe où, tant qu'il ne me rattraperait pas, du moins pas tout de suite, j'espérais avoir le temps de mourir. La mort était ma seule issue. Ma seule issue pour lui échapper . Enfin .
Je reprenais difficilement mon souffle, je regardai autour de moi, j'étais terrorisée.
Rue Pavée, à Paris, passage sombre, étroit, désert. Il y régnait un silence morbide. Le Destin la désignait à être la rue, la rue de tous les crimes. Il était 3h du matin, la Lune se cachait derrière les nuages, un hiboux hulula. Je sursautai... J'avais peur que ce soit lui. Qu'il m'ait retrouvée. C'était un signe, le signe que c'était cette nuit là.
Dans Le noir, on entendait ma respiration saccadée...j'allais me faire
repérer... Je me retournai... C'était une impasse ! Angoissée, les larmes aux yeux, je rampai difficilement les quelques mètres qui me séparaient d'une poubelle, je me cachai derrière. L'odeur me répugnait, mais celle de la mort encore plus. Je me recroquevillai et plongeai ma tête dans mes genoux.
Je commençai à partir, le monde autour de moi tournait dans tous les sens, je tremblais. Mais je ne devais pas dormir, il me retrouverait, je me forçais à rester éveillée, je me pinçais même, mais la douleur était infime comparé à ce qu'il m'avait infligé.
Mon immense fatigue et mon chagrin eurent raison de moi, je m'endormis profondément, profitant du répit que m'apportait cette nuit d'horreur.
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Mon secret
Mystery / ThrillerÀ vous d'imaginer la description. Chacun son ressenti.
