Assis sur le rebord de la terrasse, je pouvais distinctement voir la femme entrain de voler sa quatrième bourse de la journée. Il fallait peut-être prévenir les gardes, non ? Je préférais les laisser face à leur imbécillité, au moins les failles du système profiteront à quelqu'un.
Une odeur de brûlé apparut soudainement dans l'air : un petit garçon avait ouvert les fenêtres du troisième étage, il avait sûrement mal surveillé sa cuisson. Comme j'étais au même niveau que lui, j'aperçus parfaitement le bonhomme enlever le plat noir de la cheminée. Celui-ci était tellement cramé qu'on ne pouvait savoir s'il s'agissait d'un poulet ou d'un gâteau. Le garçon s'approcha de la fenêtre et jetai la nourriture par dessus. Plus bas, quelques secondes après, un jeune homme reçu ce qui semblait être une bouse de vache sur la tête. Le choc du poids le fît s'effondrer. L'enfant, trop petit pour se pencher à la fenêtre, ne saura certainement jamais ce qui vient de se passer. Un amas de gens se rassemblai autour de l'homme. Il était entrain de se relever difficilement lorsqu'une porte se fermai derrière moi.
Je me retournai et vis un homme chauve baraqué marcher en direction des escaliers. Il ne m'aperçus qu'à la dernière seconde.
-Ah Antone.
Il rebroussai chemin.
-Je dois aller rechercher la pelle que j'ai emprunté à Germain, ça ne me prendra que trois heures, le temps que je le supplie d'arrêter de parler. Ta mère à besoin d'aide pour quelque chose mais je ne me souviens plus trop de quoi, il faut aller lui demander.
Il repartit ainsi en direction des trois étages de marches qui l'attendait. Après avoir constaté que les personnes en contre bas inspectaient attentivement le ciel, je me dirigeai vers l'arrière du bâtiment en passant sur son côté. Je n'allais dans la maison que pendant la nuit, il ne servait à rien d'y rester plus.
J'arrivai dans la partie "verte" de la propriété, où de la terre y a été implémentée. Les mauvaises herbes n'avaient pas le temps de sortir à la surface, ma mère ne passant que ses journées à observer ses plants. Quand elle était obligée de partir, c'est moi qui avait la responsabilité de les surveiller. Comme je n'avais de toute façon rien à faire, j'en profitais pour m'occuper comme je pouvais.
Ma mère semblait encore très jeune, elle passait presque pour ma grande sœur. On aurait dit qu'elle avait arrêté de vieillir à ses 20 ans. Dans la ville, on la surnommait "Boucle d'Or". Oui, ce n'était pas très original car beaucoup pouvait obtenir ce surnom, mais la ressemblance avec la jeune femme des légendes était frappant. C'est simple : cette femme avait un don pour faire pousser les fleurs les plus belles du royaume. Ici, la seule différence était que c'était les plus beaux légumes de la région, on s'en contentait.
Elle portait des vêtements trois fois trop grand pour elle, mais ce n'était pas gênant. Aella, c'était le nom que lui avait donné mes grands-parents, se relevai parmi ses tomates.
-Tu viens m'aider ?
Je n'aimais pas le jardinage, mais ce n'était pas pour ça que je refusais de donner un coup de main. Même si c'était plutôt pour délivrer mon père d'une tâche qu'il aurait dû faire plus tard.
-En quelque sorte. Papa m'a dit que t'avais besoin de quelque chose mais il ne se souvenait plus de quoi.
Elle haussai les sourcils. À mon avis, elle était lassée des trous de mémoire de mon père. Il n'était pas alcoolique, mais on savait que chez Germain il n'y avait pas que du lait.
-Au moins il sait que je l'ai ennuyé avec mes requêtes. J'ai juste besoin un panier de pommes, je compte faire une tarte pour l'arrivée d'Alexis demain.
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Perdu dans le temps
FantasyPendant qu'Antone se découvre des talents temporels, un plan qui vise à l'emmener loin de sa ville natal se prépare non loin de là. Mais une seule chose est sur toutes les lèvres : l'annihilation d'une race entière. Alors que celle-ci se réfugie dan...
