Comment est-ce que j'en suis arrivé là ?
Me retrouver à genoux sur le sol glacé, les mains contre mon cœur qui saignait.
Un bourdonnement incessant me sciait le crâne, j'avais l'impression de le sentir pulser contre ma boite crânienne. Mon corps n'était plus sous mon contrôle, passant du chaud au froid, glaçant mon sang et brûlant ma tête furieusement. Ouvrir les yeux était un supplice, une torture que je voulais éviter. Mais j'entendais ma conscience me répéter comme une litanie : « Ouvre les yeux, regarde comment tu es, à quoi tu ressembles. Regarde ce que tu as fait. Tu le savais pourtant, tu savais que ça allait se finir comme ça. Tu aurais dû m'écouter, tu aurais dû les écouter eux aussi. Regarde ce que tu es devenu. Cette souffrance, tu l'as mérité. »
Pris d'une toux incontrôlable, je peinais à reprendre mon souffle.Je me noyais dans les larmes et dans le chagrin. J'ouvris les yeux et les sentis me brûler jusqu'au plus profond de mon crâne. Mon regard parcourut la pièce sombre et froide. Pourquoi me sentais-je emprisonner ? Je la connaissais pourtant, c'était mon refuge,mon sanctuaire. Et pourtant, ce soir là elle m'oppressait. Je voyais toutes ces choses, tous ces objets qui étaient marqués par la joie,par le bonheur, par l'amour de mes souvenirs. « J'étais heureux à l'époque. » me dis-je. Et cette simple pensée intensifia la douleur qui me transperçait l'âme.
J'étais misérable, seul, pitoyable. J'étais destiné à souffrir, je voulais que ça s'arrête, que quelqu'un m'achève. Et pendant mon calvaire j'entendais encore ma conscience qui m'empoisonnait :« Avant tu étais heureux, avant tout ça tu vivais. Maintenant tu n'es qu'un faible, et tu le mérites. ».
Non. Je n'étais pas faible, je ne voulais pas être faible. J'essayais de me reprendre et de me relever, la main toujours sur le cœur comme s'il allait sortir hors de ma poitrine. Mes longues jambes tremblèrent refusant de coopérer tandis que ma tête tournait à m'en donner le vertige.
J'étais debout au milieu de la pièce lorsque mon regard s'accrocha à une peluche, cachée sous un meuble. Soudainement, au fond de mon esprit le souvenir d'un rire se fit entendre. Le rire d'une femme, un son heureux, joyeux qui répandait de la chaleur autour de lui. Ce souvenir me frappa en pleine poitrine, plus violent qu'une arme à feu. Il me paralysa et pendant un moment je suffoquais. Ma vue se brouilla comme plongée dans un brouillard opaque alors que je restais muet.
Mon corps se laissa tomber sur le lit qui reposait contre le mur, abattant ma tête contre le matelas.
Et dans le silence, je perdis connaissance.
Elle marchait dans le couloir, se retournant vers moi pour vérifier si je la suivais toujours. Un sourire radieux était accroché à ses lèvres rouges et ses yeux pétillaient, propageant une lueur d'or dans ses pupilles. Ses talons claquaient sur le carrelage, ses cheveux longs balançaient sur ses épaules au rythme de ses pas. Elle était magnifique. Elle était à moi. Tout ce que je voulais c'était la prendre dans mes bras et ne plus jamais la lâcher, l'embrasser à en perdre le souffle, lui répéter incessamment que je l'aimais. Elle rayonnait de bonheur et m'aimait du plus profond de son cœur.
Quand je lui demandais comment elle était tombée amoureuse de moi, elle plongeait toujours son regard dans le mien, me laissant voir tout l'amour qu'elle éprouvait pour moi, avant de me répondre : « J'ai eu le coup de foudre. D'un coup, sans m'y attendre, sans le vouloir, il m'a frappé et je suis tombée follement amoureuse de toi. »
Chaque fois qu'elle me le disait je fonçais sur ses lèvres, lui partageant mes sentiments avec force et passion. C'est comme ça que l'on s'aimait, passionnément, durement, intensivement. Tout ce que nous ressentions était décuplé. Impossible de rester loin de l'autre, de s'empêcher de s'embrasser du regard. Nous n'étions qu'un, une seule personne, une seule âme, un seul être. Il nous suffisait un regard pour se comprendre, un contact pour nous calmer, un baiser pour nous lier.
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Bad Choice
Short Story"Les souvenirs me hantent alors que mes choix ont brûlé le bonheur" On a tous subit la souffrance de perdre quelqu'un, on a tous connu ces souvenirs qui nous pourrissent l'existence. Et si l'ordre des choses était changé? Et si au final c'était le...
