Chaptire 1

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Bordel de merde.
-"Tu vas où ?" me demanda le chauffeur de taxi.
Je soupirai. Une question pour changer! Je sortis mon adresse notée sur un postit jaune fluo et lui montrait. Il ne la vit pas car il faisait nuit.
" Gamin, t'es bourré ?" interpréta-t-il de mon silence.
J'avais le point fermé. J'avais beau avoir 22ans, les personnes me considéraient toujours comme un adolescent. Mon physique n'aidait pas. Je fis non de le tête. Il comprit que je l'étais.
"Je prend pas les bourrés. Dehors."
J'hésiterais, il n'y avait aucun taxi aux alentours.
"DÉGAGEZ !"
Il sortit de sa voiture, jeta ma valise dehors et me tira dehors. J'allais commencer à parler mais il partit. Bien... moi, Nathan Perrin, seul au milieu de Nantes, avec tous ce qui m'appartenaient dans cette valise, à 2:00 du matin... Je devais aller à Pornic car je venais de trouver un appart sympa. J'étais muté dans cette ville. Je travaillais comme laborantin, c'était un job où il ne fallait pas trop parler...le rêve pour moi.
Seulement, Pornic était loin de Nantes et la prochaine correspondance était à 7:32. J'étais épuisé. Je n'avais pas le choix, je devais appeler un taxi. Car j'avais été banni de l'application Uber... j'avais eu pas mal de signalement auprès des conducteurs qui avaient flippé que je sois un psychopathe à cause de mon silence absolu. J'en étais obligé à appeler le taxi au téléphone. Je serais des dents: Pourquoi on ne pouvait pas envoyer des simples SMS ?!? Je levais le yeux au ciel. On ne voyait que la lune qui brillait. Je ne l'enviais pas.
Je m'assis et je sortis mon téléphone de ma poche. J'inspirais à fond. Prendre son temps, c'était le plus important. Je composais le numéro. Je l'entendais sonner une, deux, trois, quatre, cinq...
-"Taxispeeder de Nantes, j'écoute ?"
J'ouvris la bouche pour parler.
-"Ou...ou...oui...b...bon...j...jou...jou...r."
J'étais épuisé. Cela était plus intense. La standardiste toussa, agacée.
"C...C'est...Mon...sieur Per..rin..."
-"Vous voulez aller où M.Perrin ?"
Aller à l'essentiel.
-"P...p...p...or...or...nic."
-"Ah. C'est loin. Attendez je vais voir."
Elle laissa un silence. Silence où je me concentrais à plisser des yeux pour ne pas faire sortir de l'eau de mes yeux. Je m'étais ridiculisé pour un appel peut-être inutile.
"Vous êtes là ?"
-"Mmm...mmm..." hochai-je de la tête.
-"J'ai une voiture qui est d'accord. À condition que ce soit 363€"
J'avais 500€ pour la fin du mois. Bon...Je décidais de manger des pâtes pour le restant de celui-ci.
-"O..ok...kay."
-"Avec plaisir au revoir !"dit-elle pressée.
-"Au...re..."
Elle raccrocha.
Je ne lui reprochais même pas. J'aurais fait pareil à sa place. J'aurais balayé ce foutu bégaiement qui me rendait con. Mais il me collait à la peau.
Depuis des années. Il m'avait pourri la vie au collège, puis au lycée. Il avait rendu mal à l'aise les filles qui avaient eu la gentillesse de me trouver mignon ou avec qui j'avais eu le courage de les aborder. J'avais quand même réussi à avoir une ou deux copines à des stages en laboratoire. Mais il avait réussi à les lasser et elles étaient toutes parties. À cause de lui, mes seules amis que j'avais étaient mes collègues sur Facebook. Les gens n'avaient pas la patience pour un bègue. Cela les déconcentrait trop pour s'attacher... Alors je devais user de plein d'astuce pour le cacher. Mais il était toujours trop voyant à mon goût. Il m'avait suivis pendant des années que je ne pouvais pas l'ignorer. Il était arrivé à mes 12 ans...1 ans après ÇA.
Je me frappais au visage. Non...pas ces flash back. Chute...Chute...
Des bois...son visage...de l'eau...beaucoup d'eau...des cris...
Pardon...PARDON !!!!
-"Fiston ! tu vas bien ?" demanda un SDF qui m'aida à revenir à la réalité. "Putain ! Encore un drogué !"
-"C...C'est o...ooo...k."
-"T'es en plein tripe ? Tu frôle l'overdose !"
-"J..je m..e dro..oogue p...pas."
-"Ah."
Il partit, déçu. Je me relevais agacé. J'avais une tête de drogué moi ?! Puis je pris ma valise car le taxi se parquait.
-"Vous êtes M.Perrin ?"
Je hochais de la tête.
"Montez."
Ce que je fis. Je lui donnais les sous.
"Vous avez intérêt à être bavard. La route est longue."
Mes épaules s'écroulèrent. J'expliquais.
-"C'e...C'est...co...co...co...co..."
Je bloquais sur le co.
-"Compliqué ?"m'aida le chauffeur.
-"Mmm...mmm..."
-"Bon. On va mettre de la musique alors."
Je serrais des points. Putain... il avait l'air sympa ce mec. J'aurais aimé apprendre à la connaître davantage.
Et je sais ce que vous vous dites, "Mais quand un bègue chante, ça passe !" JE N'ÉTAIS PAS UNE PRINCESSE DISNEY QUI CHANTE DÈS QU'ELLE OUVRAIT LA BOUCHE !!! Imaginez: Vous croisez un garçon qui se met à chanter pour vous dire bonjour... Ridicule.
"Vous voulez quand même parler ou non ?" me proposa le type.
-"J...J'ai...j'aime...p...pas."
-"Je comprend."
Je soupirais. Non, il n'avait jamais été bègue, il ne pouvait pas comprendre.
-"M...M...mais...m...m...merci...p...pour...pour...l...le...tra...tra..."
-"Pour le trajet ?" finit le taximan ma phrase à ma place."C'est moi qui devrait vous remercier ! Vous me payez le double de mes nuits !"
-"Ah...c...cool."
Il comprit que parler me demandait beaucoup d'effort. Il laissa la musique animer à ma place et il me déposa au pied de mon immeuble.
-"Bonne soirée M.Perrin."
-"Mmm...mmm"
La voiture disparu au bout de la ruelle.
Je n'avais pas remarqué lorsque j'observais dépité l'engin me fuir, qu'un gamin d'une dizaine d'année était en train de me poser une question de manière insistante.
-"M'sieur ! C'est où l'arrêt de bus ?"
Mais qu'est-ce que je m'en foutais merde !
-"Dé-ga-ge." transformai-je alors mon bégaiement en effet de style. Le gamin, un petit gars roux avec des yeux bleux, resta sur place, suppliant, comme s'il voulait que je l'accompagne. Agacé par cette foutue soirée, je le tirais par le col pour l'amener de l'autre côté de la route.
"DE-GA-GE !" répétai-je. Je pris mes affaires, trop frustré et en colère contre moi même pour apercevoir les larmes du petit.
Non, je souriais. J'étais chez moi. J'entrais au rez-de-chaussée. J'appuyais sur le bouton de l'ascenseur. Mon appart était au troisième étage. C'était une location de deux pièces meublée, avec une décoration des années 50. C'était amplement suffisant pour moi tout seul. Et puis, j'avais pas les moyens pour me payer un château au bord de la plage ! Mais j'avais un balcon sympa avec une table pour manger en été.
J'inspirai fortement, j'expirais en plein bonheur. J'étais vraiment chez moi. Je posais ma valise et tel un automatisme, je tombai dans le lit double de ma chambre et je m'endormit.
Je me réveillais en surprise. La sonnette dont je ne m'étais pas habitué sonna plusieurs fois. Je regardais l'heure, inquiet que mon réveil de mon portable se soit aussi endormi, mais lorsque je vis qu'il était une heure trop tôt, je me levais et m'habillai rapidement en râlant. La sonnette s'accompagnait de coup sur la porte. C'était urgent apparemment. Qui que ce soit que ce type était, il allait devoir accepter que je l'accueille avec un café. Lorsqu'il fut prêt, je pris ma tasse et m'avançais vers la porte.
Je l'ouvrai.
-"Police nationale. Monsieur Perrin ?"
-"Ou...ou...oui ?"
-"Je peux entrer ?"
-"Il...se...p...pa...asse...qu...oi ?"
Il entra, et me pointa un 9mm sur moi.
-"À terre salaud !"
Je reculais instinctivement. Il avança arme pointée sur moi.
"Nolan Perrin, je vous arrête pour l'enlèvement de vingts enfants !"

Répète après moiMga kuwentong kahuhumalingan mo. Tumuklas ngayon