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Chapitre 1

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Le matin du 3 avril 1917, alors que le soleil pointait à peine ses couleurs chaudes, le facteur avait commencé sa tournée. En ces temps maussades, les habitants du village de Morlaix n'attendent qu'une seule chose : des nouvelles du front. Pour ma part, elles était rares. Yann avait été réquisitionné quelques mois de cela pour partir sur le champ de bataille mais seulement quelques messages m'étaient parvenus. Mais ce matin du 3 avril 1917, toute ma vie fut chamboulée. Le facteur m'approcha et me tendit une lettre. A son écriture, je reconnu tout de suite mon amant.


« Le 17 mars 1917


Ma très chère femme,

Jet'écris ces mots qui seront probablement mes derniers. J'ai été condamné à mort. Mais j'ai été condamné à tort. Bêtement, j'ai voulu cacher mes premiers signes de vieillesse en m'arrachant un cheveu blanc, mais je n'avais pas fait attention au fusil proche de moi. Il s'est déclenché et j'ai été touché à la main gauche.Mes supérieurs ont tout de suite pensé à une mutilation car ils ont trouvé de la poudre sur mes mains. Je ne voulais pas être mis à mort bêtement. J'aurais voulu mourir dignement, ou ne pas mourir et revenir auprès de toi. J'aurais tellement voulu te revoir encore une fois, belle comme le jour dans ta robe rouge que je t'ai offerte pour ton anniversaire, maquillée avec légèreté pour seulement faire ressortir tes beaux yeux bleus. Je ne pourrais jamais plus te toucher, te sentir comme avant.

Ne dit pas aux enfants que je suis mort de façon indigne. Ou, si tu leur dis, dis leur que c'était pour la France. Je veux que mon fils pense que je suis mort en héros.

Mon camarade a un fils lui aussi, il s'appelle Jean. Il garde un portrait de lui précieusement dans sa poche intérieure. Il l'embrasse tous les soirs avant d'aller dormir. Quant à moi, c'est à toi que je pense tous les soirs. Je rêve que la guerre est finie et que nous allons tous les trois en bord de mer. Malheureusement, ce rêve ne sera jamais réalité.

En ce moment précis où je t'écris, je suis dans une sorte de salle où il n'y a que de quoi écrire et une lampe à huile. On ne m'a donné à manger qu'une tranche de pain rassis et un demi bol de soupe insipide. Après tout, à quoi me sert de manger puisqu'ils vont m'exécuter ?

Et toi,que fais-tu ? Que manges-tu ?

J'aimerais une fois encore prendre une assiette de ton pot-au-feu avec une louche de purée. J'irais ensuite prendre un bon bain chaud et me coucher dans des draps propres, avec ton corps parfumé à mes côtés.Je te serrerais une fois encore dans mes bras et te dirais « jet'aime ».

Je dois te quitter en espérant que tu iras bien quand je ne serai plus de ce monde.

Je t'aime mon amour.

Ton mari, Yann. »


Je suis tombée des nues. Mon mari est mort. Yann n'est plus de ce monde. A cause d'un stupide cheveu blanc. Comment pourrais-je annoncer ça à Loïc, notre fils de seulement sept ans ? Je suis anéantie. Je ne tiens plus sur mes jambes. Madeleine, ma voisine, m'a vu m'effondrer et m'a aidé à rentrer chez moi. J'ai tendue le papier à mon amie en lui disant de la lire.

-Je suis désolée Pauline. Sincèrement. Comment comptes-tu faire maintenant ?

-Merci.Je n'en ai aucune idée. Je vais continuer à vivre je suppose. Nous avions tous conscience des risques de la guerre. Et pour le petit, je vais m'en charger. 

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Voici ma nouvelle histoire,La veuve de Bretagne.

C'est une histoire qui me tient vraiment à coeur alors j'espère qu'elle vous plaira!

La veuve de BretagneStories to obsess over. Discover now