Unique Chapitre

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Leurs corps s'entrechoquent. Le dos de Paloma heurte le plan de travail épais en chêne sur lequel Elio la hisse en poussant un râle. Leurs bouches se lient à nouveau, dents cognées, doigts pressants dans le cou, les cheveux. Une jambe autour de l'assaillant, Paloma se stabilise et agrippe de ses doigts aux ongles rongés la mâchoire d'Elio.

« Elio. »

Il tient ses hanches comme si sa vie en dépendait.

Ne t'éloigne pas. C'est si bon, j'attends ca depuis si longtemps. Reste. Un gémissement. On peut presque apercevoir les nuages que créent leurs souffles dans cette cuisine encombrée malgré la température élevée de l'appartement. Tu sens l'alcool Paloma. Tu es belle Paloma, si belle. Ta peau est douce et des baisers si violents. C'est saisissant.

Il attaque son cou, elle recule son dos, les mains étendue derrière elle, prévenir une chute qui arriverait avec la fin de ce moment. Ses longs cheveux trempent dans une flaque d'eau, vestige de la vaisselle qu'il a faite il y a vingt minutes, avant que les invités n'arrivent. Aide-moi Paloma. Fait moi arrêter. Repousse-moi. Aimons nous mieux. Tu mérites mieux que les odeurs de pizzas congelées et les effluves de muffins. Tu mérites un moment rien qu'à nous Paloma. Paloma si désirable, Paloma à l'odeur d'abricot, tes cheveux dans l'eau de vaisselle c'est un blasphème.

La peau dorée brille à la lumière des luminaires sur le balcon. Le pendentif émeraude est humide et le cou de Paloma est délaissé : rien de vaut ses lèvres.

« Paloma. »

Les dents se cognent encore. Le dos cambré fait souffrir, les cheveux bouclés, ébouriffés lui tombent dans les yeux. Le baiser est foiré et pourtant tellement parfait.

Ne t'arrête pas Elio. Continue à m'embrasser. Passe ta main dans mon dos, la sensation de tes doigts froids me plait.

Elle le sent se dérober, elle sent qu'il va arrêter alors elle passe ses bras autour de son cou. Elle enroule sa deuxième jambe. Il s'appuie sur le plan de travail et l'emporte. Au milieu de la petite cuisine, pendue à son cou, les mains d'Elio maintenant sur ses cuisses, ils entament une sorte de danse, une transe.

« Continue. »

-« ELIO ! » hurle une voix depuis le salon.

C'est fini. Elle a à nouveau les pieds sur terre, il est adossé au plan de travail. Les bouches et les joues sont rougies, il croise les bras, fuit son regard. Pour lui, ce baiser est teinté de culpabilité. Elle, si hypnotique, si radieuse, comme à son habitude joue au soleil et sourit, mutine, relève son visage. Elle semble lui dire que ce n'est pas grave et de ne pas regretter. Son baiser promet une suite. Et elle a l'air de s'en ficher. Ca arrive Elio.

Son short et ses longues jambes s'échappent  par la baie vitrée. Il entend son rire, tonitruant, emplir l'espace. On n'entend que lui, on ne voit qu'elle.

Il plonge les mains dans l'évier, savonne une assiette. La pose. Asperge son visage d'eau savonneuse. Il n'a pas rêvé. Deux ans qu'il attend ce baiser. Il refuse de laisser passer. Un coup de torchon sur le visage, une dose de courage, attrape les cacahuètes Elio, c'est ton anniversaire il faut contenter les convives. Baie vitrée. Le salon est bondé. Si peu de place pour tant de gens. Tous tournés vers elle. Elle raconte une histoire et ses mains de pianiste virevoltent devant les yeux de ses amis. Est-ce qu'elle joue une partition ? Il pourrait presque en entendre la musique. Comment des yeux peuvent ils être aussi expressifs ? Comment une bouche peut-elle être si attirante. Négligemment posé sur l'angle de la baie, dans une attitude qu'il veut mystérieuse, il sort une clope de sa poche et observe un sourcil froncé du côté de la vraie star de la soirée.

ElioWhere stories live. Discover now