Je me demande si écrire sera la solution à tout. Cette solution pourrait prendre deux formes : une punition infâme, cruelle mais sensible, la guillotine de notre siècle : c'est sur la place publique que nos envies ont prit forme, c'est sur cette même place qu'elles périront. Exprimer ses idées, les mettre en ligne, en mot, en phrases, c'est remonter dans ces souvenirs, ou descendre. Marche par marche, à mesure que le noir tache le papier, ou l'embellis. Une descente aux enfers qui peut paraître une illumination, un paradis intemporel. Écrire et descendre, descendre et en même temps monter, triompher, vaincre ses démons, ces Maux, l'un après l'autre, avec méthode. Écrire est descendre. Se descendre, mourir à soi même et renaître, sortir des flammes, avec l'œil triomphant. L'on ne devient pas oiseau sans tout avoir écrasé comme l'éléphant. Tout dévoré, avec rage, comme les loups, sans s'être fait meute, sans soi même avoir dévoré son intérieur. Monter pour créer la joie, s'élever à force d'expériences : rejoindre les hommes supérieurs. Comme une ombre dans la nuit, les ténèbres des ténèbres. L'ombre de ta lumière. Se confronter à sa souffrance, sa souffrance si grande à cause de ses ambitions si grandes. Des sentiments qui vont au-delà de toute personne, de toute existence. Voyager à travers les souvenirs. Notre esprit se fait caravelle, nous voilà partis à la découverte des terres nouvelles. Mais nous n'en trouveront aucune ! Juste des vielles colonies oubliées, abandonnées, désertées. Des anciens pans qui dérivent à l'infini. Nous voilà donc faits Dieux, des Dieux terribles. Le plus grand mal pour le plus grand bien. Ici commence notre création.
