Chapitre 1

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Camille ! Camille ! Debout on arrive !

Cette voix m'a tirée de mon rêve. J'entrouvre mes yeux bleus que le soleil agresse. Quand je me suis endormie je crois qu'il pleuvait. Un filet de bave avait coulé le long de ma joue gauche. Je peine à trouver le courage de me lever. Je tousse. L'air de la clim m'a donné froid : ces vacances commencent bien. Lorsque quelqu'un ouvre la portière, ma tête bascule et un cri de surprise m'échappe. "Allé la belle aux bois dormants debout ! Aide-nous à sortir les bagages". Je reconnais la voix de mon père. Ma main droite cherche le bouton pour défaire ma ceinture qui part d'un coup et vient me fouetter le visage. Péniblement, je m'en défais et étire mes muscles.

Lorsque j'ouvre mes yeux, je suis submergée par la beauté du lieu. Mes parents ont loué une maison au dessus d'un camping auquel nous avons libre accès. La demeure est entourée de pins des Landes qui filtrent la lumière du soleil de l'après midi. Je sors de la voiture et les doux rayons de lumière me chatouillent le visage et la peau. Malheureusement, la voix pleine de réprimandes de mon paternel me sort de mes pensées : "Camille qu'est ce que tu attends ? Ce n'est pas le moment de rêver. Tu admireras le paysage quand on descendra".

Quand on descendra. C'est vrai qu'aujourd'hui le camping offre un pot d'accueil. Je déteste ce genre d'événements. Mes parents veulent y assister à chaque fois que l'on va dans ce type de lieu de vacances. C'est bon tout le monde sait où se trouvent les chiottes et le bar. Tu feras connaissance avec les autres jeunes, on me répète cela depuis mon enfance. Je n'ai jamais créé de lien avec les autres enfants et aujourd'hui je n'en ai pas l'envie. A quoi bon chercher à devenir amie avec des inconnus pendant deux semaines pour ensuite souffrir de leur absence le jour du départ ? Et puis dans un groupe, il y aura toujours des gens que l'on apprécie pas. Je n'ai ni la foi ni l'envie de faire la faux cul avec 3 personnes pour en fréquenter une.

Je dépose la dernière poche à l'intérieur. J'attrape le harnais et la laisse de mon chien, Eli - ou Elijah selon ma mère, mais pour moi c'est Eli - mon boxer de 6 mois. "Tu prends Elijah ?" me demande ma mère, "Oui je prends ELI. Je n'ai clairement pas l'intention de rester écouter un animateur présenter des activités auxquelles je ne participerai pas" lui répondais-je d'un ton froid. "Camille, sort un peu, sociabilise toi bon sang". Sociabilise toi, sociabilise toi, toujours se sociabiliser !

Énervée, je prends mon chien, mon téléphone et claque la porte. Je n'ai pas pris le "bip" pour le portillon qui nous permet un accès plus rapide. Tant pis, je vais faire le tour...

La vie n'est qu'un jeu ?Stories to obsess over. Discover now