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Mes baskets tapaient le sol dans un rythme régulier, ma respiration était contrôlée. Le soleil chauffait mon dos qui entre deux foulées était frôlé par mes cheveux. Les narines enivraient par l'air marin, mon âme était calme. J'avais fait le ménage. Paris était loin derrière moi. La ville lumière et ses ombres ne me manquaient pas. Plus.

Mon rythme ralentissait alors que mes chaussures rencontraient les pavés de la cité phocéenne. Le concierge m'accueilli avec un grand sourire, la cage d'escalier puait le cirage. Je montai celui-ci à grande vitesse. Le porte déverrouillée, je m'introduisait dans cet appartement. Un épisode d'American Dad résonnait, il était assis sur le canapé. Un jogging remonté seulement sur un mollet et le sweat de sa marque sur le buste.

"Salut." Nos lèvres se rencontrèrent sans trop de sentiments. "Tu viens de te réveiller ?"

Je connaissais déjà la réponse, ses cheveux décoiffés en était témoin. Il fallait faire la conversation. Toujours poser ces questions auxquelles les réponses étaient inutiles. Il ne prit pas la peine de répondre. Ses yeux sombres capturés par l'écran.

"Tu veux manger quoi ?"

J'enlevai ces chaussures à la virgule tout en ouvrant le frigidaire. Je ne prêtais pas attention à sa réponse la connaissant par cœur. Je sorti les restes de poulet que sa grand-mère nous avait renfilé et des pâtes. C'était ce même refrain, chaque jour avait le sien. Mon âme était calme, vide. Je m'obligeais à tout oublier. Ces personnes, ces rues, ces vices. Je repoussais tout espérant ne pas être rattrapée par toutes ces conneries, tous ces sentiments.

Ils m'avaient enfoncés et avant de me reconstruire, j'étais tombée encore plus bas. J'avais frôlée la fin. Mais aujourd'hui, tout était mieux. J'allais mieux. Tout était différent. La ville, les personnes et ces vices auxquelles je ne touchais plus. Ceux qui m'avaient aidés à frôler la fin. Aujourd'hui, j'avais un job, un appartement et un copain. Aujourd'hui, je parlais à ma mère comme si rien ne s'était passé. Il fallait oublier, tout.

Alors aujourd'hui, tout était stable. Je n'étais plus cet être détestable.

Aimée Where stories live. Discover now