L'air, une utopie

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Elle était là au milieu de cette pièce. Cette pièce dans laquelle elle se trouvait semblait l’étouffer. Elle se demandait ce qu’elle faisait là. Cette pièce si petite, carrée, blanche sans, à première vue, conséquences… Elle était là et ne bougeait pas. Elle contemplait sans savoir pourquoi. Face à elle, elle s’aperçut que la porte de cette pièce était ouverte. D’un seul coup elle se senti respirer. Respirer un air nouveau, un air qu’elle avait souvent du mal à inspirer. Un air qui lui donnait des ailes, un air qui la faisait se sentir grande tel un génie face au monde. Un air qui lui donnait la force de respirer et d’avancer, qui la faisait se sentir forte, belle et puissante. Un air, lorsqu’il arrivait au fond de son cœur repartait aussitôt. Et l’instant d’après elle se sentait à nouveau toute petite, minuscule telle une fleur se fanant jusqu’aux racines, un arbre perdant toutes ses feuilles lors d’une violente tempête, un cœur tombant en milles morceaux force de résister aux chagrins d’amour accumulés…
Elle se décida à sortir par la porte de cette pièce. Dehors il n’y avait rien. Il y avait du bois, encore du bois et d’autres portes. Des portes blanches qui cachaient chacune un mystère. Mais ce n’était pas la vue qu’il fallait utiliser pour percevoir quelque chose. C’était l’ouïe. En tendant l’oreille on entendait des grincements de dents, des mains claquer, des paroles incompréhensibles, des voix hausser le ton pour exprimer leurs énervements et des sons. Des sons venant d’ici, de là. Des sons et des ondes qu’elle n’aimait pas et qui l’agaçait. Cet endroit était pourtant pour elle son refuge, son chez soi, son nid où elle pouvait se réconforter. Mais quand il se passait ce genre de scène, elle n’arrivait pas à s’y sentir bien. Dans ces moments là elle aimerait partir loin, très loin. Dans un pays lointain. Où tout serait beau, vert, rose, bleu et merveilleux. Elle aimerait que par ces portes, derrière se trouve le ciel, l’eau ou le soleil. Ces éléments la faisaient rêver et pour elle, ils étaient le moyen pour chaque Homme de construire leur utopie.

On dit que l'utopie n'existe pas. Certe, car le monde ne peut être parfait. Le monde ni personne. Mais elle aimerait qu'il en soit ainsi. C'était sa vision des choses. La loi n'interdit pas de rêver. Alors pourquoi on ne rêverait pas ? Avec ces règles sociales qui empêche certains d'être eux même, le rêve peut bien exister ! Exister est-ce un mot qui est trop dur à comprendre pour certains ? Qu'ils respirent alors. L'air est ce qui fait vivre, ce qui fait marcher la vie, c'est notre mécanisme de vie. D'un seul coup, la jeune fille se sentit tomber, l'impression qu'elle avait c'était comme dégringoler d'une falaise et qu'il n'y avait pas de fond. Tomber, tomber, tomber. Elle n'avait plus d'air, tout tourbillonait dans sa tête, les murs, la porte, le bois, les claquements, les paroles, les sons...

Le centre du mondeWhere stories live. Discover now