Les rayons du soleil et la fraîcheur des matins me réveillent doucement. Chaque matin c'est la même chose et pourtant je n'y ai jamais pris goût. Les vitres brisées du petit appartement que je squatte laissent filer l'air et l'absence de rideaux, en plus de laisser la lumière passer, n'arrange rien à la situation.
Lentement, je me glisse hors des draps et m'avance d'un pas traînant jusqu'à la fenêtre la plus proche. Il a beau être tôt, la ville est déjà en pleine effervescence. Je peux entendre les crissements de pneus et les interminables coup de klaxon porter envers les piétons insouciants. Sur les trottoirs se ruent des centaines des personnes. Peu importe la raison de leur présence chacune presse le pas et affiche un visage dénué d'expression. Mais lorsqu'ils passent près des clochards et autres personnes qui n'ont pas trouvé de place dans la Nouvelle Société, leur visage se déforme sous le dégoût et le mépris. Les ombres des nombreux immeubles plongent les recoins dans l'obscurité créant ainsi des lieux à l'allure sinistre où toute personne saine d'esprit ne mettrai pas les pieds. Cependant certains immeubles délabrés, comme le mien, sont à peine assez hauts pour couvrir la gigantesque avenue de leur ombre.
Je rebrousse chemin jusqu'à mon lit pour enfiler ma veste posée sur la vieille moquette tachée. Puis je descends dans la rue. Je vais toujours au même endroit le matin ; chez mon pote Yacine. Quand je toque à sa fenêtre, il m'ouvre avec une tête de déterré. Il fait ma taille et à le teint métisse. Ses yeux sont presque aussi foncés que les miens. Ses cheveux crépus sont coupées courts très court. Son visage encore enfantin et son corps pas très taillé lui donne un air amical. Je détache mes yeux de mon ami pour me moquer de lui :
- Alors ça va pas ? T'as une sale gueule.
- Nan mais sérieux Emma tu peux pas venir plus tard ? À chaque fois tu me réveille !
- Je te rappelle que je suis pas sensée être ici. Tes parents sont pas au courant que tu me fournis de la bouffe gratis !
- Mouais...
Il ouvre la fenêtre en grand et je l'escalade sans peine. Il la referme sans bruit, puis sort de sa chambre
Quelques minutes plus tard, il revient avec un sac en plastique qu'il me tend en expliquant :
- Y a un paquet de gâteaux et une bouteille d'eau. Ma mère s'est aperçut qu'il manquait des trucs, alors je préfère être discret.
Je hoche la tête, le remercie et repars. C'est pas beaucoup, mais c'est déjà ça. Avant que je ne le rencontre je galérais pour trouver de quoi manger. Maintenant, j'ai au moins le petit déj' de garantit. Je retourne « chez moi » et mange rapidement ce qu'il m'a donné.
Vers 7h je retourne dans la rue. À ce moment de la journée, les gens sont pressés et ne font pas attention. J'en profite pour jouer les pickpockets en marchant au hasard dans les rues. Je repère au loin un homme en costard qui avance d'un pas rapide vers ma direction, un téléphone collé à l'oreille. Je le percute légèrement de l'épaule en jurant et glisse en même temps ma main dans sa poche pour en ressortir son portefeuille sans qu'il le voit. Je l'ouvre et y découvre un peu plus de 50€ et des cartes qui ne sont d'aucunes utilités. Je les jette donc et ne garde que l'argent.
Une autre femme qui à l'air plutôt riche, se dirige vers moi. Je tends la main vers son sac, mais quelqu'un choppe mon bras et le retient. Je me retourne brusquement et me retrouve face à un mec de mon âge. Je le repousse violemment, puis l'évalue rapidement. Il est un peu plus grand que moi. Son physique d'athlète est un peu intimidant ; il est musclé et à les épaules carrées. Ses cheveux noirs sont relevés sur le dessus et contraste avec son teint clair et ses yeux azuls. Je lui demande sur un ton agressif ce qu'il veut. Il esquisse un petit sourire et me répond :
YOU ARE READING
Sérum
Science Fiction"Nous sommes dans une nouvelle aire!" c'est ce que disait mes parents. Un groupe de vingt personnes a pris la tête de l'Europe. Ils se font appelés "Le conseil". Ils sont chacuns à la tête d'un des vingt nouveaux pays. Oui, l'Europe a été redécouper...
