Tout commença comme tout commence, un matin. Un lundi matin. Je crois qu'il n'existe rien de pire qu'un lundi matin. La veille au soir tu faisais la fête, et le matin même tu te remettais d'un fête. Un cercle vicieux. Un BON cercle vicieux. Et puis doucement sans que tu y fasses attention, Paf : lundi. Mais aujourd'hui je sais que ce ne seras pas un lundi comme les autres, aujourd'hui c'est fini. "Aujourd'hui est le début du reste de ma vie."
|Autre chapitre ?|
Aujourd'hui je dis merde. La gentille petite Marjorie vas enfin ouvrir sa gueule. Il peut faire ce qu'il voudra, rien ne m'empêchera de le faire. Sauf une augmentation. Une bonne augmentation avec une prime et un bureau rien que pour moi. Non. Rien ne m'empêchera de le faire. Marre. Marre qu'il me prenne pour une stagiaire. Marre qu'il me demande d'aller chercher son repas tous les midis. Marre de paraître invisible à ses yeux. Je n'ai pas fais cinq ans d'études après le Bac pour ça. Et puis six ans de travail acharné, six ans d'insomnie pour terminer les dossiers de môssieur. Six ans! Tout cela pour n'être réduit qu'en moins que rien. NON! C'est bon, c'est décidé, je démissionne.
Je me regarde dans la glace des toilettes pour femmes. Un petit endroit avec trois cabinets, et seulement deux lavabos. Mais un grand miroir. Je regarde dans le miroir tout les détails de cette petite pièce éclairée par un néon. C'est fou de se dire que l'on ne prend garde aux choses seulement quand on sait que c'est pour la dernière fois. Je me regarde une nouvelle fois dans la glace. Je plonge mon regard dans les yeux vert qui me fixent. Je repense alors à lorsque j'étais petite, dix ans, que je regardait "New York Police judiciaire", Je me disais avocate et je clamais "Objection votre honneur!"; à lorsque plus tard, à 8ans, mon papi m'avais offert son grand livre traitant de lois et de justice, qui me faisais miroiter d'envie. Soudain je me vois replongé dans un souvenir qui me remonta le moral. Un souvenir douloureux que j'essayais de garder enfouis au plus profond de moi, sans pour autant l'oublier.
J'ai 10 ans, on est dimanche. Je sens la main de maman autour de la mienne. Je sens le grand livre de papi dans mon bras serré sur ma poitrine. J'entends le rythme rassurant des pas de papa et de maman. Je les regarde tous les deux. Ils ont l'air sérieux. Néanmoins je distingue une pointe de tristesse dans leurs yeux. Je regarde le plafond, le néon blanc éclaire d'une vive lumière le couloir qui sent fort la javel. Sur les côtés, des fauteuils ou des gens toussent et râlent. Certain, même, parlent tout seul. Trente-un... trente-deux... trente-trois! Ça y est, on es arrivé. Papa pousse la porte bleue après avoir toqué.
Sur un grand lit, je le vois. Entouré de grandes machines qui font du bruits, et avec des tuyaux qui lui rentrent dans le nez et les bras, je le vois. Tout petit dans ce pyjama a pois que lui à enfilé une aide soignante, Je le vois. Tout tassé sur ce grand oreiller, je le vois. Écrasé par cette couverture je le vois. Il tourne la tête ver nous puis nous souris. À son sourire! Je ne l'oublierai jamais, un sourire chaleureux. Avec quelques dents en moins, c'est vrai, mais à ce moment là, il m'as réchauffé le coeur. Il semblait me demander de ne pas m'inquiéter, que même avec toutes ces machines qui semblaient l'aspirer depuis l'intérieur, il se battait. Il me tendis la main et caressa ma joue. À ce moment, je sentis une larme couler. Puis une autre. Creusant toutes deux, des canaux sur mes joues. je retint les suivantes sachant que si je les laissaient sortir, elles me brûleraient la peau et me rongeraient les os.
"Pourquoi pleures-tu?" me demanda une voix rauque qui semblait sortir d'une caverne immense, tant le bruit de sa voix était à peine audible.
"Je ne sais pas papi soleil." lui répondit une voix que je me découvrait.
"Ne pleure pas p'tit bout, tu vas manquer de salive pour défendre tes clients plus tard." me dit-il d'une voix rassurante.
Je l'appelais papi soleil car il souriait dans toutes les situations. Papi souriait. La seule fois où je ne l'ai pas vus sourire, c'était à l'enterrement de mamie prune (qui adorait faire et manger de la confiture de prune). Ce jour là il me prit dans ses bras en me disant "p'tit bout, il y a des fois où tu as le droit de ne pas sourire. Et mon sourire d'aujourd'hui est parti avec ta mamie". Papi adorait m'appeler p'tit bout. Une fois je lui ai demandé pourquoi; ce à quoi il me répondit simplement avec son sourire des meilleurs jours, celui dont je me souviendrais toujours, que j'étais un p'tit bout de soleil dans sa vie et que j'aurais toujours un p'tit bout de place dans son coeur.
"D'ailleurs p'tit bout, promet moi que tu seras une bonne avocate qui ne te feras pas marcher sur les pieds par tes adversaires!" me demanda-t-il dans un souffle, avec une voix un peux plus forte et assurée.
"Je te le promet papi soleil" lui répondis-je en séchant mes larmes.
Papa entra dans la chambre, coupant court à la discussion, il me dit d'une voix tendre:
"Riri, vas voir maman s'il te plaît, je vais parler a papi"
Il mit sa grande main dans la grande poche de son grand manteau, et pendant que je me dirigeais vers la porte il me dit:
"Tien Riri, prends ça et va t'acheter des bonbons aux distributeur."
Il me tendit sa main où je vis deux pièce de deux euros, je les prix en lâchant un merci papa, puis je regardai papi soleil:
"À tout à l'heure papi soleil!" lui fis-je avec mon plus beau sourire.
"À tout à l'heure p'tit bout" me répondit-il avec un sourire plus chaleureux que jamais.
Puis je sortis de la chambre.
Je sortis de ce souvenir avec une larme à l'il. Dans un geste rapide, je ramène mes cheveux châtains en une queue de cheval, m'essuie la larme au coin de mon oeil et sors des toilettes, plus déterminée que jamais. J'avais promis à mon papi que je ne me laisserais pas marcher sur les pieds, je tiendrais cette promesse.
Je suis devant la grande porte en bois, je toque, et j'entends un Entrez d'une voix de crécelle désagréablement familière. Je pousse la porte et le fauteuil de cuir se retourne, découvrant un petit homme qui semble être aspiré dans la démesure de son siège. Un crane dégarni de tout cheveux, dans un costard cravate à rayure verticale bleue et blanche (tentative désespérée de paraître grand), avec un sourire malsain au coin des lèvres m'observe.
"Oui? C'est pour un stage?" demande-t-il.
J'eus un moment de non-réaction puis me repris habituée.
"Non Victor, je travaille ici depuis six ans!"
Ma voix n'était pas trop sûre d'elle mais néanmoins poignante.
"Qui vous permet de me tutoyer. Passons, il me semble me souvenir de vous, Sylvie c'est ça?" m'interroge-t-il d'une voix colérique.
Là se fut la goutte d'eau qui fit déborder l'océan.
"Non! Comme je vous le répète trente fois par jour, c'est MARJORIE!"
Ma voix était devenue assuré. Je criais.
"Et puis merde. Je travaille ici depuis six ans et tu me trouve bonne qu'à chercher ton repas le midi? Je boucle tous les dossiers que tu as la flemme de terminer et je ne fais aucun procès! Et je me permets de te tutoyer car je démissionne, tu trouveras ma lettre sur mon bureau, du moins si tu te souviens où il est... Et arrête les rayures et les talonnettes, tout le monde sait, voit et n'ose pas te dire que tu es petit!"
Je sors en claquant la porte de son bureau, puis passe devant tout mes collègues en les snobant. Les lèches-bottes me regardent avec du mépris dans les yeux, mais certains, dans ma situation, me sourient discrètement. Je passe devant mon bureau que j'avais vidé vendredi. Je sors du bâtiment la tête haute. Je m'engage sur le passage la tête haute également.
Tellement haute que je ne vois pas la voiture qui fonce à toute allure vers moi. J'entends un bruit de klaxon, je tourne la tête en voyant la voiture a quelques mètres de moi. Je suis figée par la peur. Soudain mes réflexes reviennent, je tends ma jambe pour partir, trop tard.
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Rappelle moi...
RandomTout commença comme tout commence, un matin. Un lundi matin. Je crois qu'il n'existe rien de pire qu'un lundi matin. La veille au soir tu faisait la fête, et le matin même tu te remettait d'un fête ou encore le matin tu te remettait d'une fête. Un c...
