10h00 PM
Il avait décidé que c'était ce soir.
«L'hiver est trop rude, il me dit difficilement, en cette soirée d'été.
-Le printemps pourtant, il t'attend, il suffit simplement que tu laisses ton mal dans les mains du temps, il s'en occupera.»
Mais Vincent, il ne changeait que rarement d'idée et quelque part, je pense qu'il l'aimait bien cet hiver; ça lui donnait une raison d'avoir des bleus lorsqu'il tombait sur la patinoire de ses pensées.
La saison préférée de Vincent devait être l'hiver.
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10h30 PM
Vincent, il avait l'esprit suicidé qui se reflétait dans le clair de ses yeux bruns.
C'était à la fois tragique et magnifique. Un portrait à briser le coeur et à briser des coeurs.
Il était beau Vincent, là, sous la douceurs des étoiles qui dansait dans le firmament. Ses traits habituellement peu harmonieux semblaient se perfectionner sous cet éclairage, ou bien était-ce simplement les coeurs dans mes yeux qui l'embellissait. Pour moi, il sera toujours beau. Évaporé, vague, brute, mais beau.
Il regardait les étoiles, assied sur sa glissoire, moi étant assis sur l'autre à ses côtés. Il était visible de la façon dont il essayait d'éviter mon regard, essayant un peu trop de le faire paraître décontracté, par hasard pour que ce soit crédible. Néanmoins je n'en pris pas offense, ce devait être difficile pour lui aussi; pourtant pas autant que ce l'était pour moi.
Sa main traînait entre nous, alors je la pris et essaya de la réchauffer, a l'aide de doux baisers aux lèvres gercées, pendant que lui fumait sa cigarette, s'empoisonnant pour une dernière fois les poumons.
Je ne pleurerais pas.
«Quand je partirai, et que le manque te sera insupportable; ferme tes jolis yeux et je serai à tes cotés, comme à chaque soirée, à regarder les étoiles s'aligner et briller juste pour te faire sourire, murmura Vincent, le mal dans l'âme, la voix faible et le regret flottant dans ses yeux.
-J'y arriverai pas, sans toi.»
Une larme coula sur sa joue. Je vins l'embrasser du bout de mes lèvres, laissant mon souffle caresser sa peau. Vincent avait une odeur de mort qui lui collait à la peau; un mélange de cigarettes et de pluie, avec peut-être un peu de vodka; mais se cachant avec subtilité, il y avait cette odeur de lavande qui me donnait l'espoir que peut-être le printemps arriverais enfin après le rude hivers de son esprit que Vincent s'efforçait à survivre.
Il n'y survivra pas; cet soirée en est la preuve. Pourtant il m'a fait promettre de l'attendre, moi, ce printemps.
Et en le contemplant de plus belle, je me surprennai à lui en vouloir. Une douce haine vint se loger dans le coin maintenant vide de mon coeur que Vincent a laissé. Le contraire de l'amour n'est pas la haine, c'est l'indifférence. Et voilà pourquoi je me surprends à le détester, mon amour, c'est qu'il souhaite que j'en sois indifférent de son départ. Il souhaite que je l'oublie.
Néanmoins ça m'est impossible. Car en vérité, oui on peut oublier une personne; mais jamais l'intensité d'un sentiment qu'il nous à procuré. Alors je préfère de loin me souvenir du visage sur mon sentiment, que d'oublier son visage et de pleurer mes sentiments.
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Comme on attend le printemps
Short StoryC'est le rude hiver dans nos âmes de verre qui nous amène à attendre le printemps, un brin impatient. Néanmoins il y a des gens, qui pour une raison, ont comme préférence,, L'hiver comme saison. [c'est triste je vous dis]
