-Partie 1-

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Le Sang. Rouge. Teint écarlate de l'âme. Sang et échéance. Sa main dégoulinait de cette substance poisseuse et étrangement chaude. Cela virait tantôt au noir, tantôt au rouge et c'était à soulever le cœur. Du Sang, il en avait répandu, la terre en a abreuvé gaiement. Un holocauste qu'il a du faire pour ériger son nouveau lui. L'agneau immolé n'a été qu'un fils du peuple. Un élément négligeable sur le grand échiquier des hommes cravatés et parlementaires. Il n'a été que le bras de la justice qui purifiait. On lui a fait croire qu'il servait une cause qui allait faire bénéfice à l'humanité. L'humanité d'une minorité. Une humanité qui avait déjà longtemps perdu son statut ethnique. Une cause dont il a été obligé de voir le sang fluide sortir des artères et inonder le sol dans un tableau figé par l'horreur. Le fils régénéré. Par le sang. Il n'en voulait plus en voir sur les murs. Il ne voulait plus en boire de cette âme qui était de trop pour lui. Cette âme qui a rendu indigeste la terre et que celle-ci a vomie par la suite. La mort escortait des démons qui s'échinaient à le poursuivre. Démons du passé, démons vengeurs, démons n'ayant aucune face, démons juges. Il les vit qui escortait la mort. La mort dans ses habits de voyages, noire comme cette sale nuit. Noire comme son âme qui était en train de se putréfier lentement dans la dépouille ambulante qu'était devenu son corps. Elle venait le chercher et lui, il fuyait. Il regrette de les avoir écoutés, il regrette d'avoir été la main du mal. Et puis comment pouvait-il savoir, comment pouvait-il faire le tri quand durant toutes ses nuits, il rêvait de l'or, de l'argent, de la vie insouciante et égoïste des riches ?

Il courait dans la nuit noire, ses guenilles aux vents, son corps lacéré de longues striures rouges, séquelle de griffe des démons lancés à ses trousses. Il courait tellement qu'il volait presque. Il fallait trouver refuge, il fallait se terrer au plus vite. Il sentait déjà leurs regards de feu, il sentait qu'ils le rattrapaient. Puis, dans l'obscurité énervante d'une nuit aveuglante, sans repères, il entendit le cri d'un rapace qui fondit sur sa silhouette. Rapide comme l'éclair. L'instant d'après, une douleur à nulle autre pareille lui zigzaguait le dos en des trainées rouges, flamboyantes. Il trébucha en tombant dans une mare boueuse. Il s'entortilla tellement la sensation de mal était vivace et insoutenable. Il se releva pour faire face entre les deux jarrettes d'un porc qui lui vida au visage le vidange de ses intestins de merde. Ils riaient, ces démons de malheur. La cacophonie de leurs voix sépulcrales lui emplit la tête au point de lui exploser la matière grise. Il se la prit entre les deux mains : «Allez-vous en ! Laissez-moi tranquille. Foutez-moi la paix.». Un mauvais cauchemar, oui, voila ce que c'était, un mauvais cauchemar. Il se dit qu'il allait réveiller et retrouver a ses cotés la douce Vava, son pognon et tous les biens qu'il avait acquis au prix d'un grand sacrifice. Il fallait qu'il la trouve cette putain de refuge. Il dut reprendre sa course, pour mettre plus de distance entre ses poursuivants et lui. Droit devant, c'est l'unique moyen d'échapper a une mort outrageuse. Il avait espoir que le jour ne tardait pas à se lever, la course allait cesser et il allait vivre. Pour une durée de 24 heures.


Et dans sa nuit, en cavale sur le dos de sa seule conscience qui l'empêchait de sombrer sous le joug infernal des Seigneurs de l'impitoyable, il vit s'ouvrir devant lui une barrière en métal rouillé, des lianes vagabondes couraient désordonnément sur toute la surface de ce salut en fer forgé sorti de nulle part, des symboles intrigantes courait sur les poteaux et s'entrelaçaient joyeusement dans une expression muette. Silencieusement, cette porte surgit de la nuit comme un sauveur en lui souhaitant la bienvenue et le refuge dont il quémandait avec insistance. Il entra et fut avalé par la noirceur qui régnait derrière la barrière qui se referma instantanément. Dans sa hâte de se reposer et de tromper la vigilance de la mort, il n'avait pas pris le temps de lire ces lettres statufiées qui donna un nom au lieu dans lequel il pénétra : «CIMETIERE DE PORT-AU-PRINCE »

Il s'appelle Pyram Adhafi et son histoire fut retrouvée au plus dans l'œsophage d'une cave à l'appétit gargantuesque. Son salut avait précipité sa chute et le parcours de sa vie tourmentée commence ici, la ou tout semble être oublie et désolation.


doh-rie
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Aemir_D
Tessy_eva16

Choix... Horreur et Odeur d'ÉgoutStories to obsess over. Discover now