Ivan :
En temps normal, on ne parle pas de ces choses là.
Je sais que ça lui fait du mal. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser je déteste la voir souffrir.
Elle me regarde de ses grands yeux bleu apeurée et elle attend. Je déteste la voir assise immobile devant moi. Je l'aime. C'est évident que je l'aime. Pourtant assise ici à mes pieds sur le carrelage froid de notre petite cuisine je la déteste. Nan je la hais. J'ai raté ma vie, je n'ai jamais rien réussi et elle, elle attend. Je ne sais pas pourquoi mais je l'entend gémir, elle a la joue rouge et un bleu sur la tempe. Je ne réalise même plus que c'est moi qui lui fait mal. Je vois trouble. Et je lui en veux de gémir alors que mon sang résonne dans ma tête. J'ai mal. J'ai envie de pleurer, mais un homme ça ne pleure pas.
C'est mon père dans le temps qui me le disais. Un homme ça ne pleure jamais.
Je me souviens encore du jour ou je l'ai rencontré. Elle était belle, un peu sauvage. Une magnifique brune aux yeux bleu, elle avait une longue robe en fourreau rouge. J'ignore si elle l'a encore car cela fait bien longtemps que je n'ai pas observé ses vêtements mais quand je pense à elle, c'est toujours cette image qui me vient à l'esprit.
Lucia, ma Lucia. Je l'ai voulu des que mon regard est tombé sur elle.
" - Ivan je sors.. J'ai besoin de prendre l'air.. Je reviens dans quelques minutes.. Je.. À tout à l'heure"
Sa voix me ramène dans le présent. Je la vois s'échapper loin de moi dans la nuit. Et je crie pour qu'elle reste, un long cri roque et hargneux. Je l'aime, et s'il lui arrivais un malheur ? Et si quelqu'un l'emmener loin de moi ? Comment vivre loin d'elle.
Je m'assois dans le fauteuil rouge de notre modeste salon et je ferme les yeux.
Tout me reviens en mémoire. Notre dispute, j'avais cru voir cet homme la regarder dans la rue, et ce sourire qu'elle lui avait lancé. Il ne mérite pas son sourire, il ne le méritera jamais. Elle a eu beau me répéter qu'elle n'avait pas sourie je suis presque sure de ce que j'ai vue.
Je me sentais mal et je ne faisais que de penser à cet homme qui avait voulu me voler ma Lucia, alors j'ai bu. Il ne nous restais qu'une bouteille de whisky. Un verre, deux verres, trois, quatre ou plus je n'ai pas vraiment compté.
J'étais en colère. Et.. je ne sais plus. Je crois que je l'ai insulté mais elle sait très bien que je ne le pense pas, je l'aime. Et.. peut être que sans le vouloir je l'ai un peu bousculé, mais je l'aime et je ne voulais pas. J'ai vue un bleu sur sa tempe.. peut être qu'elle se l'étais fait avant. Elle a du se prendre la porte du placard hier ou avant-hier, car je ne lui aurait jamais fais cela. C'est la femme de ma vie.
Peut être que je l'ai blessé moralement, mes mots peuvent être dur parfois.. J'irais lui acheter des roses demain et je lui écrirais une lettre d'excuse elle doit savoir que je l'aime. Parce que sinon elle partira et si elle part je n'ai plus personne.
Lucia :
J'ai froid.
C'est devenu une habitude d'avoir froid chez moi. C'est en moi, un froid constant qui refuse de s'en aller. Comme si un glaçon habitait mon cœur qui était autrefois une boule enflammée.
Je suis assise sur ce banc loin de tout et j'observe les gens défilés, ils ne me voient pas vraiment. Qui observerais cette pauvre femme assise sur un banc ? Personne.
Alors j'attend. Une heure, deux ou peut être trois. Je ne sais pas vraiment. Puis je me lève et je décide de retourner chez moi. Ma maison me manque, mais une part de moi me crie pourtant de retourner me rassoir sur ce banc.
Je me lève et mes pieds avancent mécaniquement jusqu'à notre petit appartement situé au-dessus d'un bar appelé le "Beginning". Je pousse la porte et monte l'escalier comme je l'ai fait des centaines de fois au-paravent. J'ouvre la porte et un lourd et douloureux silence m'attend. Ce n'est qu'alors que ma poitrine se relâche. Ivan dort. Je le sait, Ivan déteste le silence. C'est la chose qui le terrifie sûrement le plus au monde, alors il écoute de la musique plus fort qu'il ne faudrait, il regarde la télé, il chante, il met un des vieux vinyle de son père, ou de temps en temps il cri. Mais lorsque la maison est en silence, et que ce calme que je chérie tant reviens, je sais qu'il dort ou qu'il est parti. J'avance doucement, et je ramasse les éclats de verre qui ornent le sol lié à la chute du cadre que j'avais posé sur le meuble d'entré. Il s'agissait d'un portrait de ma mère, un des seul que je possède. Dessus elle est âgée de quelques années de plus que moi, elle a 26 ans. Ses longues boucles brunes tombent sur ses épaules, elle à les yeux rieurs mais ce qui me marque le plus dans cette photo c'est son sourire. Il rayonne, elle est si belle. Elle m'a raconté lorsque j'étais enfant que lorsque cette photo a été prise c'est mon père qu'elle regardait ainsi, je crois qu'elle l'aimait, qu'elle l'aimait vraiment. Je ne l'ai que très peu connu, il est parti quand j'avais quatre ans, je me rappelle qu'il me faisait peur mais que je l'aimais quand même et que j'ai pleuré le jour de son départ mais que ma mère m'a dit que c'était sans doute mieux comme cela.
J'ai su bien des années plus tard qu'il avait rencontré une autre femme, il lui a dit qu'il m'aimait mais qu'être père lui paraissait au final être un trop grand engagement et qu'il préférait partir. Il est venu me voir les premières années, deux fois par ans, puis une fois, puis un jour il a arrêter de venir. Il a créer sa propre famille quand il s'est senti prêt à être père. De son côté ma mère m'a élevé du mieux qu'elle pouvait. Et le mieux qu'elle pouvait a été la meilleure éducation du monde.
Je m'approche du canapé et j'aperçois Ivan allongé sur un fauteuil, un léger ronflement s'échappe de ses lèvres et il ressemble à un enfant. Je me souvient alors pourquoi je l'aime tant. Ses cheveux blonds cendrés tombent délicatement sur sa nuque et il tient une lettre au creux de sa main. Je ramasse la bouteille de whisky vide, cela me serre le cœur et les larme me monte immédiatement aux yeux. Je vais la jeter et après avoir rangé la maison je saisi du plus délicatement que je peux la lettre, où se trouve une fois de plus des excuses et des déclarations de son amour. Et comme toujours il dit qu'il ne recommencera plus. Je soupire.
Je prend une couverture et recouvre Ivan. J'hésite quelques secondes avant de poser un baiser sur sa tempe.
Ce n'est qu'en passant devant un miroir que le choc apparaît, j'y vois un bleu violacé qui part de la racine de mes cheveux et redescend jusque sur ma joue. Je sais qu'il ne va pas être évident à camouflé, je passe mes doigts gelés dessus et la douleur me fait grimacer. Mais je suis consciente que cette douleur n'est rien, face à celle que je verrais dans ses yeux demain matin.
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Destroy
Romansa"Et.. peut être que sans le vouloir je l'ai un peu bousculé, mais je l'aime et je ne voulais pas. J'ai vue un bleu sur sa tempe.. peut être qu'elle se l'étais fait avant. Elle a du se prendre la porte du placard hier ou avant-hier, car je ne lui aur...
