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Qui étais-je? Pour vous répondre, il était important que je vous informe de certains détails. J'avais recueilli des témoignages de personnes de mon entourage et j'avais fait quelques recoupements. Mon discours, seul, était incomplet. Et pour comprendre le dénouement, il était nécessaire de remonter à l'année de mes quinze ans et de vous donner des indices sur mes parents avant de divulguer la jeune-femme que j'étais devenue.
J'étais issue d'une famille aisée et cultivée. Mes parents, tolérants, prenaient soin de m'inculquer les bonnes manières, des valeurs et surtout, ils insistaient sur toutes les façons possibles pour développer mon esprit critique. Cela me permit d'acquérir une maturité et le sens des responsabilités assez jeune. J'évitais de juger les autres avant de récolter toutes les informations nécessaires pour émettre un avis. J'écoutais chaque version d'une histoire. Mes amis se confiaient aisément à moi puisqu'ils connaissaient ma discrétion. Je faisais preuve de diplomatie pour les réconcilier. Je tirais cette grande sagesse de mon père, Pierre Moreau, qui avait fui la misère et la faim, dans sa jeunesse, à Hispaniola, encore plus connue sous le nom d'Haïti.
Il avait été recueilli par un couple européen qui l'avait prit sous son aile et l'avait aidé à concrétiser son rêve, « faire des études de médecine ». La condition humaine l'intéressait fortement et il soulageait les peines et les souffrances des gens. A ma manière, j'apaisais les maux de mes amis grâce à mon écoute et mes discours bienveillants. Monsieur Moreau était un homme grand, élancé avec un corps musclé et sec. Adepte de la méditation et de la gymnastique douce, il nous prêchait, à ses proches et à moi, le dialogue et la non-violence. Helna, ma mère, forte de constater la sûreté de mon jugement, elle me laissait souvent seule à la maison en raison de son travail. Mon père, devenu médecin sans frontière, s'absentait souvent, du fait qu'il avait été régulièrement envoyé en mission en Inde. Il savait profiter des instants passés en ma compagnie. Je connaissais sa voix par cœur suite aux nombreux coups de fil. Chacune de ses visites était un moment précieux que je rangeais dans ma mémoire. Je voyageais, dans ma tête, avec lui. Je suivais ses nombreuses escapades à travers des cartes, des atlas qu'il m'offrait entre deux avions.
Ma mère, très charismatique, était chirurgienne à l'hôpital de Saint Brieuc. C'était une femme blonde, les cheveux coupés au carré, de taille moyenne et très mince. Son esprit indépendant et son dynamisme lui permettaient de supporter l'éloignement de son mari. Leurs retrouvailles étaient toujours une fête, pleine d'émotion comme une première rencontre. Malgré la distance qui les séparait, ils étaient très soudés. Plus d'une personne cancanait soit sur la solidité du couple ou sur l'histoire atypique du bel homme noir et de la femme blanche. Ils firent taire quelques ragots à mon arrivée dans leur foyer mais ce fut de courte durée.
Un jour, je me souvins, le ciel était très sombre, le tonnerre grondait, un coup de fil résonna dans la maison. Ma mère décrocha et s'effondra quelques minutes après. Je compris, tout de suite, que la voix de mon père s'était éteinte pour toujours. Je ressentis une douleur violente et imprévisible. J'étais dans un état de sidération et d'incompréhension. Mon esprit était embrumé, mes membres paralysés. Combien de temps étais-je restée planter dans ma chambre avant de pouvoir rejoindre ma mère ? Mon impuissance s'imposait à moi sans y être préparée. Nous pleurâmes ensemble et ce furent mes derniers sanglots que je montrais à Helna. Les jours précédents la cérémonie d'enterrement, je me sentais perdue, ignorant comment agir, comment épauler ma mère. Beaucoup d'adolescentes de quinze ans s'apitoieraient sur leur sort, s'écrouleraient face à la mort de leur père, mais pas moi. Je me ressaisissais rapidement. Pourquoi ? Peut-être, que ses absences répétées ainsi que ses recommandations, pour éviter de laisser transparaître mes émotions, portèrent ses fruits. Alors, à son enterrement, je fus très forte. J'avais l'impression de voir une autre personne dans le cercueil. C'était insoutenable que ce soit mon père. Ma mère m'avait beaucoup déçue, s'effondrer, devant tout le monde, comme elle l'avait fait, c'était indigne de lui. Je souffrais de son absence et quelque part je lui en voulais. Il venait très souvent m'embrasser pendant mon sommeil. J'aurais aimé qu'il me réveille pour profiter de quelques minutes supplémentaires auprès de lui. Ses missions semblaient avoir plus d'importance que ma mère et moi, car il y consacrait plus de temps. Mais je l'aimais, c'était mon père et il était impossible de changer çà.
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Litha (Tome 1)
ParanormalCe roman est un thriller fantastique. Il relate la quête d'une jeune-femme sur ses origines qui va se dérouler à la suite d'un drame familial. Des événements étranges vont surgir et nous allons découvrir ses péripéties mêlées de légendes et de magie...
