Je veux partir. M'en aller. M'échapper. J'aimerais pouvoir ouvrir mes yeux, regarder, pleurer, regretter ce que j'ai fait. J'aimerais pouvoir hurler ma peur, mes erreurs, ma douleur. Mais je ne peux pas. Le murmure assourdissant dans mon esprit m'en empêche. Me crie de ne pas ouvrir mes yeux. De ne pas hurler. De ne pas retourner en arrière.
Je ne voyais rien. Mes autres sens étaient à l'affût. Je sentais un liquide fluide et léger couler sur tout le long de mon bras. On aurait dit de l'eau. Je sentais ma vie s'écouler peu à peu, elle me fuyait, elle ne voulait plus de moi, ou c'est moi qui ne voulait plus d'elle, je ne sais pas. J'entendais le clapotis des gouttes de sang sur le carrelage de la salle de bain. Elles se réunissaient en dehors de mon corps. Elles s'échappaient de cette prison, retenues depuis bien trop longtemps.
Je n'avais pas mal. Je ne souffrais pas. Je n'étais pas inquiète, c'était pour moi un instant de plaisir, de réconfort, de gratitude. J'ouvris les yeux avec effort. Je vis devant moi mon reflet sourire. Il était enfin heureux. Je poussai un soupir léger. Je levai la tête et eu l'impression que le plafond était étoilé. C'était un univers nouveau, la porte du nouveau monde, le paradis caché. Je voyageais dans cette galaxie, et je devenais petit à petit une étoile. L'étoile qu'on regardera pendant la nuit, celle qu'on admirera tout en faisant un vœu, celle qu'on prendra en photo.
Je regardai ma porte. Je ne voulais que personne ne rentre, mais paradoxalement je souhaitais au plus profond de moi-même que quelqu'un vienne me voir, que quelqu'un m'aide. Mais je savais pertinemment que personne n'allait venir. Je me rendis compte que je n'étais pas une étoile, mais que poussière. Au moment où on regarde l'étoile dans le ciel, elle a déjà disparue en temps réel. Même en étant étoile, je ne brillerais pas. Et personne ne me regardera. Quand bien même, aucune larme ne se fit un chemin sur mes joues. Aucune goutte salée ne se fraya une sortie d'entre mes cils pour rejoindre celles de sang. Elles restaient avec moi, enfermées dans mon cœur meurtri.
Ma tête commença à tourner. Je refermai les yeux. Je ne voulais pas m'imaginer la suite, ni me souvenir du passé. Je fermais mon esprit, ne laissant rien entrer, ni peine ni regret, ni pardon ni rédemption. Il était trop tard, mais à la fois trop tôt pour tout quitter. Tout était noir. Je sentais de l'ombre sur mon corps, le soleil était caché derrière un nuage, ne souhaitant pas voir la fin du film. Soudain, une image se forma dans mes pensées.
C'était elle.
Du moins, c'était nous.
Je n'étais plus seule.
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Dealing with life
General FictionMargaux n'est plus que peine, destruction, haine et souffrance. Alors qu'elle avait perdu tout espoir dans la vie et dans la mort, elle fit la rencontre de Louise, une jeune fille dont la fraîcheur de vivre et son dynamisme allaient bouleverser la v...
